
le candidat insoumis lance un recours contre la réélection du maire RN Louis Aliot à Perpignan
19 mars 2026
Municipales à Nîmes : quand les personnalités, associations ou syndicats prennent position pour le second tour
19 mars 2026les produits alimentaires flambent dans les pays du Golfe, qui déploient des flots de camions pour continuer à se ravitailler
Les pays du Golfe ne peuvent plus être ravitaillés par bateaux via le détroit d’Ormuz, ni par les airs à cause des bombes, alors ils tentent d’accélérer les livraisons de produits alimentaires par voies terrestres.
Dans un supermarché à Bahreïn, Mahmoud Ali remplit son chariot comme à son habitude. Les rayons restent garnis malgré la guerre, mais le blocage des principales voies d’entrée des marchandises dans le Golfe se fait désormais sentir en caisse.
« Il n’y a pas de pénurie », constate ce père de quatre enfants. Mais depuis quelques jours « il y a une hausse notable des prix de certains produits alimentaires ». La viande, notamment, « a presque doublé ».
Comme la plupart de ses voisins de cette région aride, la petite monarchie du Golfe dépend fortement des importations, surtout pour son alimentation. Or la guerre, déclenchée le 28 février par l’offensive israélo-américaine sur l’Iran, a gravement perturbé l’acheminement des marchandises via le très stratégique détroit d’Ormuz, aujourd’hui quasiment fermé.
« La plupart des ports des Emirats arabes unis, du Qatar, du Koweït et de Bahreïn ont suspendu ou fortement réduit » leur activité, souligne l’économiste Frédéric Schneider, du Middle East Council on Global Affairs. Le transport aérien, autre pilier logistique de la région, tourne également au ralenti en raison des attaques quotidiennes de drones et de missiles iraniens, ajoute-t-il.
Les principales portes d’entrée du Golfe – le port de Jebel Ali à Dubaï, le port d’Abou Dhabi et celui de Dammam dans l’est de l’Arabie saoudite – étant quasiment inaccessibles, les navires se tournent vers ceux situés au sud du détroit, à Oman et aux Emirats.
Un flot de poids lourds
L’Arabie saoudite s’est positionnée comme un carrefour d’approvisionnement clé au coeur de la région du Golfe alors que son espace aérien reste ouvert et que le trafic maritime à destination de ses ports de la mer Rouge se poursuit.
Pour faire face à l’interruption du trafic dans les ports de la côte du Golfe, le royaume a lancé une nouvelle initiative visant à renforcer ses réseaux de transport, avec notamment des axes logistiques pour accueillir les conteneurs et les cargaisons détournés des ports orientaux du pays, selon des responsables du secteur des transports.
Lors d’un récent déplacement à la frontière avec le Qatar, des journalistes de l’AFP ont vu un flot de poids lourds franchir la frontière.
D’autres alternatives terrestres existent – des routes reliant la Méditerranée à travers la Syrie ou la Jordanie. Mais ces voies terrestres sont saturées, plus coûteuses et insuffisantes pour compenser la paralysie des voies traditionnelles, souligne M. Schneider. Les produits frais, importés en grande partie d’Asie et impossibles à stocker longtemps, sont les premiers touchés.
Face à cette situation, les Etats du Golfe ne sont pas égaux. L’Arabie saoudite dispose d’un accès direct à la mer Rouge. Les Emirats arabes unis affirment disposer de quatre à six mois de stock. Le Qatar a massivement investi dans ses réserves stratégiques, après le blocus de trois ans imposé par ses voisins en 2017.
« Un risque réel de flambée des prix des produits importés »
Bahreïn et le Koweït, en revanche, voient déjà les consommateurs payer le prix du conflit. Après une ruée sur les supermarchés aux premiers jours de la guerre, les autorités koweïtiennes ont gelé les tarifs de certains produits de base et soutenu les importations de viande.
« Dans l’ensemble, les prix sont restés stables », a indiqué à l’AFP un responsable du ministère koweïtien du Commerce, sous couvert d’anonymat. « Mais une hausse de plus de 30% a été enregistrée pour la viande et le poisson », affecté par la suspension de la pêche dans le Golfe et l’arrêt des importations depuis l’Iran, l’Inde et le Pakistan, admet-il.
Le secteur privé tente aussi de contenir les effets du blocage. La chaîne de distribution Lulu, qui compte 280 supermarchés dans la région, affirme maintenir quatre à six mois de stocks pour les produits non périssables et dit avoir affrété des vols spéciaux pour transporter fruits, légumes, viande, produits de la mer et volaille.
A ce jour, 37 vols ont permis d’importer 6.000 tonnes de produits, a affirmé à l’AFP son directeur de la communication V. Nandakumar, en assurant que ces surcoûts « ne sont pas répercutés sur les consommateurs pour l’instant ».
Mais l’équation risque d’être difficile à tenir. « Il y a un certain niveau de préparation et les prix, bien qu’élevés, restent sous contrôle pour le moment », souligne Frédéric Schneider. Mais « étant donné que la guerre ne semble pas près de prendre fin, il existe un risque réel de flambée des prix des produits importés, en particulier des denrées alimentaires », prévient-il.
Source : www.bfmtv.com

9999999
