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Un emploi sur six est menacé par l’intelligence artificielle. C’est la conclusion d’une nouvelle étude de la Compagnie d’assurance et de crédit et de l’Observatoire des emplois menacés et émergents. Des emplois qui risquent de disparaître d’ici 2 à 5 ans, en particulier les plus rémunérés. Certains secteurs sont en première ligne comme l’architecture, l’ingénierie ou encore l’informatique.
L’IA va-t-elle vraiment créer un choc sur le marché du travail? Un emploi sur six (16.3%) serait menacé, d’ici 2 à 5 ans, à cause de l’intelligence artificielle, selon une nouvelle étude de la Coface (Compagnie d’assurance de crédit) et de l’Observatoire des emplois menacés et émergents. L’étude a été révélée par Le Monde, mercredi 18 mars, et doit paraître officiellement le 1er avril prochain.
Concrètement, un peu moins de 5 millions d’emplois pourraient être concernés selon les calculs de l’étude. Les métiers les plus rémunérés sont particulièrement visés et certains secteurs d’activités précis: dans l’architecture, l’ingénierie et surtout l’informatique, près d’un emploi sur trois pourraient être détruits.
Pour Axelle Arquié, économiste et cofondatrice de l’Observatoire des emplois menacés et émergents, « il faut commencer à s’inquiéter ».
« Et ce serait bien que les responsables politiques y pensent aussi, et que ce ne soit pas uniquement les gens qui s’inquiètent », clame-t-elle sur RMC dans 5/7 Le Morning.
Selon elle, il faudrait ainsi commencer à réfléchir à des politiques qui puissent gérer le « choc qui est susceptible d’arriver ».
Quels métiers doivent s’inquièter?
Car en effet, de nombreuses fillières sont concernés, et inquiètes d’être tout simplement remplacés par la force de frappe de l’IA.
« Ce sont tous les métiers qui ont une composante cognitive et intellectuelle. C’est-à-dire les métiers qui se font dans les bureaux, les métiers des cols blancs », précise l’économiste Axelle Arquié.
« Avant, on a automatisé des tâches qui sont assez répétitives et maintenant l’innovation de l’IA, c’est qu’elle est capable de s’adapter et d’improviser dans une certaine mesure. Et surtout qu’elle s’est emparée, on l’a bien vu, du langage”, prévient-elle.
Définir les nouveaux standards de productivité des salariés aidés par l’IA: nouvel enjeu
Mais pour Xavier, consultant en IA, tout n’est pas négatif dans le développement de l’IA. “L’intelligence artificielle est aussi une chance parce qu’elle permet des gains de productivité gigantesques. La France est un pays qui croule sous l’administration. Dans nos hôpitaux il y a la moitié des emplois qui sont de l’administratif pour gérer la complexité administrative française. L’IA fait très bien l’administratif. Donc si on investissait massivement dans l’IA dans les hôpitaux on aurait des gains de productivité, moins d’administratif, et plus de médecins et d’infirmiers », argumente-t-il.
Dans l’informatique, l’arrivée de l’IA a déjà révolutionné le fonctionnement des entreprises, qui n’ont plus forcément besoin de recruter de manière conséquente. Et Sindbad, développeur, reconnaît qu’il ne pourrait pas faire son métier, consistant à produire des dizaines de lignes de code informatique, sans l’IA: « Sur la ligne de code très technique, l’IA sera meilleure », concède-t-il. Ce qui lui permet d’être beaucoup plus productif. « Sur le nombre de tâches sur un mois, je multiplie par deux ou trois”, indique-t-il.
“En fait ça nous a permis de faire ce qu’on faisait avant, mais juste plus vite”, ajoute Pierre Vigand, le directeur des opérations chez Stockly.
Au point de changer la politique de recrutement des entreprises? « On essaye de mesurer où est le nouveau standard de productivité avant de prendre de nouvelles décisions de recrutement. Si tout le monde se servait de l’IA à 100% où est-ce qu’on en serait et quels seraient nos besoins de recrutement dans ce cas-là? Et ajuster nos besoins en fonction”, poursuit-il.
L’inquiétude des jeunes du secteur informatique
Dans l’informatique, certaines entreprises se posent notamment la question de l’intérêt d’avoir des stagiaires, des petites mains que l’IA peut déjà remplacer. Cela pourrait compliquer l’arrivée sur le marché du travail de Biela, étudiante en informatique.
“On voit déjà que le marché de l’emploi au niveau des alternances et des stages est assez bouché. Et en même temps demain quand les personnes qui sont en poste actuellement ne seront plus disponibles, qui va les remplacer?”, interroge-t-elle.
Cette étudiante est tout de même rassurée par sa formation qui fait la part belle, désormais, à l’utilisation de l’intelligence artificielle dans son futur métier.
Vers un « choc » similaire à la désindustrialisation liée à la robotisation des usines?
Pour Axelle Arquié, la démocratisation de l’IA sera bien un « choc » dans certains secteurs. « Lors de la désindustrialisation, on a vu les usines se vider en France. Là, on pourrait avoir un choc de la même ampleur, c’est-à-dire des emplois qui vont être menacés, qui vont disparaître. Donc la question va être: est-ce qu’en face on va avoir suffisamment d’emplois qui vont émerger?
« Même dans un scénario optimiste où en face, on a des nouveaux emplois qui émergent, vous avez quand même des gens qui sont laissés sur le carreau, ce qu’on a déjà vu pendant la désindustrialisation », appuie-t-elle.
Elle estime donc que les politiques doivent vite s’emparer de la question afin d’anticiper. Car dans certaines branches l’impact de l’IA est déjà bien visible. En décembre dernier, Emmanuelle, qui créait des supports de communication pour les entreprises confiait sur RMC avoir perdu ses clients.
“Je n’ai pas vu la chose arriver, c’est en 2023 que tout s’est arrêté. Une cliente m’a clairement dit ‘moi j’utilise ChatGPT, parce que ça va plus vite », racontait-elle.
Source : rmc.bfmtv.com

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