
Avion de combat européen: Emmanuel Macron annonce une "mission de rapprochement" entre Airbus et Dassault
19 mars 2026Comment l’agriculture a conquis les Andes
19 mars 2026Une jeune fille dénonce un viol dans les toilettes de son lycée et écope d’un rappel à la loi : la France condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme
La justice européenne sanctionne la France pour violation du droit à un procès équitable. La CEDH estime que la parole d’une victime de viol présumée n’a pas été suffisamment prise en compte par les autorités nationales.
La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a condamné, ce jeudi 19 mars, la France dans l’affaire d’une mineure qui a écopé d’un rappel à la loi pour dénonciation calomnieuse envers celui qu’elle accusait de viol.
La France est condamnée à verser 7 500 euros de dommages à cette femme née en 2000, la cour de Strasbourg estimant que son droit à un procès équitable n’a pas été respecté.
Une plainte pour viol classée sans suite
Résidant à Nieul, en périphérie de Limoges, l’adolescente avait affirmé en juin 2016 avoir été forcée à faire une fellation à un jeune homme de 17 ans dans les toilettes de leur lycée, celui-ci l’ayant menacé de révéler leur relation à un ami commun.
Sa plainte pour viol a été classée sans suite en octobre par le parquet, pour infraction insuffisamment caractérisée, les enquêteurs notant qu’elle n’avait ni crié, ni ne s’était débattue, ni n’avait verbalisé son refus de l’acte.
Entre-temps, la mère du mis en cause a porté plainte pour dénonciation calomnieuse à son encontre, affirmant qu’elle avait porté plainte pour se venger de son fils.
Quelques mois plus tard, l’adolescente a écopé d’un rappel à la loi inscrit à son casier judiciaire, malgré ses protestations et celles de ses parents, qui ont souligné qu’elle maintenait sa version des faits.
Or, les faits n’ont jamais fait l’objet d’un débat, relèvent les juges de la CEDH. Et le rappel à la loi doit s’appliquer uniquement lorsque les faits sont « simples, élucidés, reconnus ou […] non sérieusement contestables ».
La parole de la victime « pas prise en considération »
« Le ministère public a considéré sans motivation, et sur la base des deux versions des faits inconciliables […], que la requérante, qui ne reconnaissait pas l’infraction reprochée, avait menti à ce sujet alors qu’elle avait toujours affirmé le contraire », tranchent-ils.
« Les autorités nationales n’ont pas accordé une considération équivalente aux déclarations respectives de la requérante et (du jeune homme) sans donner les raisons pour lesquelles les premières apparaissaient dépourvues de toute crédibilité tandis que celles (du jeune homme) suffisaient, sans autres motifs, à justifier la mesure de rappel à la loi à l’encontre de la requérante », ajoute la Cour.
Les conclusions des policiers, puis du parquet, évoquées pour justifier le classement sans suite de la plainte de l’adolescente révèlent en outre « des stéréotypes qui ont pu conduire en la matière à ce que la parole de la victime ne soit pas prise en considération », notent les juges.
Source : www.lindependant.fr

9999999
