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22 mars 2026En Italie, Giorgia Meloni a beaucoup à perdre avec ce référendum sur son projet de réforme judiciaire
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Analyse rapide
SAMEER AL-DOUMY / AFP
En Italie, Giorgia Meloni a beaucoup à perdre avec ce référendum sur son projet de réforme judiciaire. (image d’illustration)
L’extrême droite italienne est aux abois. Les Italiens se rendent aux urnes le dimanche 22 et le lundi 23 mars pour un référendum sur une réforme judiciaire voulue par la Première ministre Giorgia Meloni, que ses opposants dénoncent comme portant atteinte à l’indépendance du pouvoir judiciaire. Ce scrutin, pour lequel il n’y a pas de quorum, risque de se transformer en un référendum sur la dirigeante d’extrême droite, à l’approche des élections législatives de 2027.
Le gouvernement d’extrême droite de Giorgia Meloni juge cette réforme constitutionnelle indispensable pour garantir l’impartialité du système judiciaire. Dans un message vidéo publié cette semaine, la Première ministre l’a qualifiée d’« occasion historique de rendre le système judiciaire plus méritocratique, plus responsable, plus efficace ». L’opposition y voit une tentative de mainmise du pouvoir sur les magistrats.
Elle critique aussi le occurrence que la réforme ne s’attaque pas aux problèmes de fond, comme les procès trop longs ou les prisons surpeuplées. Elly Schlein, présidente du Parti démocrate (centre-gauche), a dénoncé un projet de loi mal rédigé et qui « affaiblit l’indépendance du pouvoir judiciaire ». Par le passé, Giorgia Meloni a déjà critiqué la façon dont la justice a géré des affaires la concernant – notamment en janvier 2025 quand elle était visée par une enquête après l’exfiltration d’un responsable libyen recherché par la CPI.
Un échec du référendum serait un coup dur pour Meloni
La réforme entend séparer les carrières des juges et des procureurs et modifie le fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), l’organe qui supervise tous les magistrats et est en charge des affectations, mutations et promotions. Un échec du référendum serait un coup dur pour Giorgia Meloni, qui dirige depuis octobre 2022 un gouvernement de coalition d’une stabilité inhabituelle. Elle a toutefois exclu catégoriquement l’idée de démissionner en cas de défaite.
Les bureaux de vote fermeront lundi à 15 heures (heure de Rome) et les résultats sont attendus le jour même. Les derniers sondages indiquent que les deux camps sont au coude à coude. L’ex-Premier ministre conservateur Silvio Berlusconi était connu pour ses démêlés avec la justice, qu’il accusait d’être de gauche, mais Giorgia Meloni et ses ministres ont également critiqué à plusieurs reprises des décisions qu’ils jugent trop clémentes, notamment en matière d’immigration.
Opposés à cette réforme, plus de 80 % des membres de l’Association nationale des magistrats italiens (ANM) ont participé à une grève d’une journée en février 2025. Lors d’un débat public le mois dernier, le ministre de la Justice Carlo Nordio – qui avait qualifié les critiques des juges de « litanies capricieuses » – a déclaré que la réforme permettrait de mettre fin à un « mécanisme para-mafieux » au sein du système judiciaire.
Sa cheffe de cabinet, Giusi Bartolozzi, a suscité de vives critiques en déclarant que la réforme permettrait de « se débarrasser » des magistrats qui agissent comme des « pelotons d’exécution ».
Une réforme controversée du Conseil supérieur de la magistrature
Le volet le plus controversé de la réforme concerne les modifications apportées au CSM, dont les membres étaient jusqu’à présent élus par leurs pairs et par le Parlement. La réforme diviserait le CSM en deux conseils distincts : l’un pour les juges, l’autre pour les procureurs, et une nouvelle cour disciplinaire composée de 15 membres serait créée.
Trois membres seraient nommés par le président de la République, trois autres seraient tirés au sort provenant d’une liste établie par le Parlement et neuf seraient tirés au sort parmi les juges et procureurs. Pour l’avocat pénaliste Franco Moretti, qui dirige la campagne du « non », la nouvelle cour disciplinaire risque de devenir « potentiellement le bras armé de la politique ». « En cas de besoin, elle pourrait être utilisée pour régler les comptes, pour ainsi dire, avec cette partie du pouvoir judiciaire qui a osé la toucher », a-t-il déclaré récemment.
Le deuxième volet consiste à empêcher les juges ou les procureurs de passer d’une fonction à l’autre, même si seule une infime minorité le incident. Depuis 2022, ils ne sont autorisés à changer de poste qu’une seule fois au cours des dix premières années de leur carrière. Ce système est considéré par de nombreux magistrats comme un rempart contre les ingérences politiques, mais les partisans de la réforme affirment que des relations trop étroites entre procureurs et juges portent préjudice aux accusés.
La réforme soumise au vote est d’une grande complexité, et certains électeurs ont admis avoir été davantage influencés par les enjeux politiques. « Je vote “non” parce que je n’aime pas ceux qui soutiennent le “oui” », a déclaré à l’AFP en début de semaine Mario Alessi, un directeur commercial de 60 ans originaire de Rome. Giorgia Meloni a tenu à souligner que ce référendum porte sur « la justice ». « Les Italiens qui veulent nous renvoyer chez nous peuvent facilement le faire dans un an », a-t-elle ajouté.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Les développements à venir permettront de compléter notre point de vue.

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