
le leader du mouvement anti-vie chère condamné à 10 mois de prison ferme aménageable
22 mars 2026
Benjamin Netanyahu promet de « viser personnellement » chaque dirigeant iranien, après les frappes de missiles en Israël
22 mars 2026Analyse : Notre rédaction met en avant les points essentiels à retenir.
Notre rédaction partage quelques remarques sur « Pendant que la Russie façonne son offensive d’été, l’armée ukrainienne reprend du terrain ».
Points importants
La guerre contre l’Iran a officiellement mis en pause les discussions pour une fin de conflit négociée entre l’Ukraine et la Russie. En un an, celles-ci n’avaient de toute façon abouti à aucun résultat concret, si ce n’est l’intensification des attaques russes contre les civil·es ukrainien·nes.
Le Kremlin assume : il dit vouloir poursuivre sa guerre d’agression, car ses objectifs n’ont « pas été pleinement atteints ». L’avenir de l’Ukraine se joue donc, pour l’heure, sur le champ de bataille et dépendra de sa capacité à continuer de résister aux tentatives d’invasion russes.
Si la situation reste très sombre pour les Ukrainien·nes, qui subissent depuis quatre ans une guerre qu’ils n’ont pas voulue, ces dernières semaines leur ont toutefois donné quelques nouvelles moins mauvaises que d’ordinaire. Les forces armées ukrainiennes ont regagné, selon Kyiv, environ 400 kilomètres carrés (km2) depuis début février grâce à une série de contre-attaques victorieuses sur certaines portions du front.
Ces victoires tactiques ont peu de chances de se transformer en percée, mais elles ont d’ores et déjà perturbé les préparatifs de l’offensive que prévoyait la Russie pour le printemps et l’été, assurent plusieurs analystes.
Effet cumulatif
Ces progressions ukrainiennes ont eu lieu au sud de la ville de Zaporijjia, autour des localités d’Orikhiv et de Houliaïpole. Cette dernière, ville de naissance du célèbre anarchiste ukrainien Nestor Makhno (1888-1934), qui s’est battu à la fois contre les tsaristes et l’Armée rouge, et dans laquelle Mediapart avait pu se rendre au printemps 2023, est désormais largement contrôlée par l’armée russe.
Dans ce coin de campagne couvert de champs de blé, de seigle et de villages aujourd’hui quasiment rasés par les bombes russes, les forces de Kyiv ont donc repris en quelques semaines de larges portions de territoire qui avaient été conquises par Moscou durant l’hiver. Le chiffre de 400 km2 regagnés, avancé par l’état-major ukrainien, n’est pas vérifiable de manière indépendante. Mais des analystes militaires et des groupes d’osinteurs confirment des progressions significatives.
L’Institute for the Study of War, un think tank conservateur états-unien, décomptait le 10 mars « 279 km2 » reconquis dans la zone – une estimation basse, précisaient ses chercheurs. « Pour la première fois depuis 2023, nos données montrent que la Russie a perdu en un mois plus de territoire ukrainien qu’elle n’en a gagné », précisait le 3 mars Emil Kastehelmi, cofondateur du groupe de recherches en sources ouvertes finlandais Black Bird, qui met quotidiennement à jour sa carte de la guerre en Ukraine.
La dynamique se poursuit depuis. « Les contre-attaques continuent et produisent un effet cumulatif », observe Viktor Kevlyuk, colonel de réserve de l’armée ukrainienne et analyste au sein d’un think tank basé à Kyiv, le Centre pour les stratégies de défense. Il assure, à la suite de plusieurs commandants ukrainiens, que l’armée a avancé « de 10 à 12 kilomètres » dans certaines directions, avec pour effet de « chasser presque entièrement les troupes russes de l’oblast de Dnipropetrovsk », où elles étaient entrées à l’été 2025.
Dans la région voisine de Zaporijjia, les attaques russes, qui permettent aux militaires russes de grignoter petit à petit le Sud et l’Est ukrainien, auraient été largement ralenties, voire stoppées à certains endroits.
L’effet Starlink
Les militaires ukrainiens ont réussi à profiter de l’alignement de deux étoiles : d’abord, des conditions météo particulièrement favorables. Courant février, une combinaison de brouillard et de forts vents a cloué les drones russes au sol, permettant à des soldats ukrainiens de progresser sans risquer d’être repérés, a ainsi révélé dans la presse ukrainienne le commandant du 1er régiment d’assaut (« Da Vinci »), Dmytro Filatov.
Une deuxième étoile s’est alignée, qui a permis aux militaires ukrainiens d’exploiter leur avantage : le cafouillage dans les communications russes lié à la coupure des terminaux Starlink qui les reliaient à Internet. Début février, en effet, l’entreprise SpaceX, détenue par Elon Musk, a désactivé tous les terminaux Starlink utilisés frauduleusement par la Russie pour coordonner ses opérations et orienter ses frappes.
Signe de la fébrilité qui a saisi certaines unités russes à la suite de cette coupure : des familles de prisonniers de guerre ukrainiens ont rapporté des tentatives de chantage de la part de leurs geôliers afin de les forcer à enregistrer de nouveaux terminaux à leur nom.
Ces avancées ukrainiennes ont toutefois peu de chances de déboucher sur une grande percée. Ce n’est, semble-t-il, même pas leur objectif : plusieurs commandants connus pour leur parole assez libre, parmi lesquels Dmytro Filatov, ont expliqué que le but pour les Ukrainiens était de se donner un peu d’air afin de mieux préparer leur défense, et non de lancer de grandes manœuvres qui risqueraient d’être très meurtrières pour leurs soldat·es.
« Ce n’est pas une grande contre-offensive, comme tout le monde l’assure bruyamment », a-t-il averti début mars, devant le début d’euphorie qui commençait à gagner les réseaux sociaux ukrainiens.
« Il s’agissait d’une “défense active” classique, assortie de contre-attaques tactiques : une stratégie très efficace à l’échelle locale, mais qui ne pouvait pas être étendue au-delà, abonde Viktor Kevlyuk, interrogé par Mediapart le 18 mars. Il n’y avait aucune chance réaliste d’en faire un succès opérationnel, c’est-à-dire de percer la ligne de défense principale, de pénétrer dans la profondeur opérationnelle ou de menacer les principaux centres logistiques russes. »
L’armée ukrainienne n’en a, à ce stade, tout simplement pas les moyens : elle dispose d’un nombre limité de soldat·es (que, contrairement à la Russie, elle semble essayer de préserver et de ne pas exposer à une mort certaine) et de capacités de frappe dans la profondeur insuffisantes pour désorganiser le commandement russe.
Répit
Ces succès ponctuels ukrainiens ont sans doute permis, en revanche, de gêner les préparatifs de l’armée russe pour son offensive d’été. Car, si le froid et les ciels couverts d’hiver, puis la boue collante des neiges fondues du début du printemps empêchent les vastes mouvements de troupes, la fin du printemps et l’été sont, depuis trois ans, la période considérée comme propice par Moscou pour lancer ses plus grandes offensives.
Il n’y a pas de raison que cette nouvelle année y échappe. Mais l’état-major russe va devoir stopper les progressions ukrainiennes et stabiliser le front dans la région de Zaporijjia avant de pouvoir la lancer.
En plus de ses gains territoriaux, qui sont un indicateur visible mais très imparfait de l’état des forces sur le terrain, l’Ukraine a également intensifié ces derniers jours une autre campagne : des frappes à courte et moyenne portée contre la logistique et le matériel militaire russes, notamment ses lance-roquettes multiples. Cela devrait « entraver la capacité de la Russie à mener des opérations de préparation d’artillerie en vue de l’offensive prévue pour le printemps-été 2026 », note l’Institute for the Study of War.
« Les actions menées par l’Ukraine en février et mars ont considérablement compliqué et perturbé les plans russes, les obligeant à s’adapter et à prendre du retard », juge également Viktor Kevlyuk. « Mais la guerre se poursuit, et l’ennemi s’adapte », conclut-il, sans illusions.
Personne, en Ukraine, ne crie victoire. Le pays est toujours occupé et sous les bombes ; dans les couloirs des ministères, on confie qu’on n’entrevoit pas de fin à la guerre avant la fin de l’année 2027 ; et les 200 000 personnes qui habitent la partie non occupée de l’oblast de Donetsk entendent les détonations qui se rapprochent de jour en jour. Mais peut-être ont-ils et elles, au moins, gagné quelques semaines de répit.
Source : www.mediapart.fr
Conclusion : Les prochaines informations compléteront notre analyse.

9999999
