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23 mars 2026Les 35 heures de Lionel Jospin ont 25 ans et elles sont toujours aussi critiquées (mais personne n’ose les abroger)
Analyse : Voici une vue d’ensemble des faits selon notre équipe.
Voici l'avis général de nos rédacteurs sur « Les 35 heures de Lionel Jospin ont 25 ans et elles sont toujours aussi critiquées (mais personne n’ose les abroger) ».
Résumé à retenir
FRANCOIS GUILLOT / AFP
Martine Aubry et Lionel Jospin, ici en octobre 2000, à l’Assemblée nationale.
Si Martine Aubry est aujourd’hui encore considérée comme la Dame des 35 heures, c’est bien Lionel Jospin qui a porté la mesure durant la campagne des élections législatives de 1997. Cette réforme économique et sociale majeure est l’un des principaux legs de l’ancien Premier ministre, décédé ce dimanche 22 mars à l’âge de 88 ans.
À la tête d’un gouvernement de gauche plurielle (avec les socialistes, les écologistes et les communistes), Lionel Jospin abaisse en effet de 39 à 35 heures la durée légale du travail en France tout en annualisant le temps de travail et en diminuant les cotisations sociales pour les entreprises. Objectif de cette mesure entrée en vigueur le 1er janvier 2000 : mieux partager le travail pour créer de l’emploi et améliorer les conditions de vie des salariés en augmentant leur temps libre.
Un quart de siècle plus tard, la durée légale est toujours celle-ci mais la réforme a été plusieurs fois assouplie et elle reste dans le viseur de la droite. Celle-ci s’est pourtant refusée à l’enterrer définitivement, notamment lors du quinquennat de Nicolas Sarkozy. C’est que 25 ans après son entrée en vigueur, explorer les retombées économiques, sociales et sociétales reste très difficile à faire et un consensus impossible à construire.
Des emplois mais moins que prévu
Côté emploi, les études menées par l’Insee et la Dares (le service statistique du ministère du Travail) évoquent un gain entre 300 000 et 400 000 emplois. Ce n’est certes pas négligeable mais ce n’est pas à la hauteur des 700 000 espérés par Lionel Jospin voire du million rêvé par d’autres. « Ça a créé des emplois mais ça n’a pas permis de faire baisser durablement le chômage », résumait en 2018 dans Le Figaro Eric Hayer, économiste à l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques), classé à gauche.
Dans le même entretien, l’économiste libéral Nicolas Bouzou estimait pour sa part que ce n’était pas les 35 heures en tant que telles mais les mesures d’accompagnement qui avaient permis ses créations. Mais il rejetait aussi une critique souvent faite : cette loi aurait détruit la compétitivité de l’économie française. « Les 35 heures n’ont pas été positives pour l’économie française mais ce n’est pas un drame, comme certains le disent », résumait-il alors.
L’un des principaux reproches qui continue d’être fait à cette réforme est son coût pour les finances publiques notamment pour l’hôpital où Lionel Jospin reconnaît lui-même une erreur d’application. Ce problème financier s’est accentué avec tous les aménagements que les gouvernements successifs ont mis en place. Exemple avec les heures supplémentaires qui se déclenchent désormais au-delà de 35 heures ; en les défiscalisant (et en supprimant les cotisations sociales) durant son quinquennat suivant mon mantra du « travailler plus pour gagner plus », Nicolas Sarkozy a favorisé la multiplication de ces « heures sup’ » pour un coût estimé à 5 milliards d’euros par an environ.
Qui osera abroger les 35 heures ?
Cette décision, comme celle d’Emmanuel Macron de défiscaliser ces heures supplémentaires, rappelle que les dirigeants de droite ont bien tenté depuis 2000 de revenir sur cet héritage de Lionel Jospin mais en limitant les conséquences négatives pour les salariés. Le sacrifier tout simplement en abrogeant purement et simplement la loi (il en serait alors fini des fameux RTT !) n’a, en revanche, jamais été tenté.
C’était par exemple le programme de François Fillon à la présidentielle de 2017 et l’idée est régulièrement portée depuis par des personnalités de droite (Gérald Darmanin, David Lisnard…). C’est sans doute Édouard Philippe qui illustre le mieux la position difficile des détracteurs de la réforme Jospin-Aubry : « Les 35 heures sont une très mauvaise idée mais réintroduire les 39h n’est pas forcément une meilleure idée », disait-il en 2025 sur RTL en plaidant pour « laisser de la liberté aux Français ». La présidentielle qui arrive dans un an sera, à coup sûr, le théâtre d’une nouvelle bataille des 35 heures.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Nous suivrons cette actualité pour vous tenir informés.

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