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23 mars 2026Analyse : Une analyse rapide pour comprendre cette actualité.
Voici l'avis général de nos rédacteurs sur « Dominique Voynet rend hommage à l’ancien Premier ministre socialiste décédé à 88 ans ».
À retenir absolument
L’ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin est décédé dimanche 22 mars à l’âge de 88 ans. Ministre de 1997 à 2002, sous la présidence de Jacques Chirac il a marqué ceux et celles avec qui il a travaillé. Dominique Voynet en était.
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Lionel Jospin s’est éteint un jour d’élections municipales. Sans savoir que la gauche a perdu la ville de Besançon après en avoir été un bastion pendant 73 ans. Au lendemain de cette défaite, Dominique Voynet, soutien de l’écologiste Anne Vignot a appris avec tristesse le décès de Lionel Jospin. Elle en a été la ministre de l’aménagement du territoire et de l’environnement jusqu’en juillet 2001. Elle se souvient de ce gouvernement de coalition d’une gauche plurielle (PS, PFC, Les Verts, PRG, Mouvement des Citoyens) et de la méthode Jospin : un homme ouvert, exigeant, qui a laissé la place aux femmes politiques dans son équipe. Interview.
Dominique Voynet : Beaucoup de personnes parlent de Jospin comme d’un austère qui se marre pour reprendre sa propre formule, d’un type un peu rigide, et moi j’ai toujours vu cette rigidité apparente comme une marque d’exigence, d’intégrité et d’honnêteté. Jamais je ne l’ai vu me dire, je ne te donne pas raison au gouvernement parce que ton parti est un petit parti. Il écoutait les arguments, il cherchait à comprendre et c’est ce respect pour l’ensemble des interlocuteurs qui a permis peut-être de faire fonctionner pendant plusieurs années un gouvernement où il y avait des gens aussi différents que Chevènement ou moi.
Lionel Jospin, premier ministre et Dominique Voynet en mai 2000 à Matignon.
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© DANIEL JANIN / AFP
Dominique Voynet : Je pense à tout un tas de gens qui étaient autour de lui, Élisabeth Borne qui était dans son équipe, il avait le talent de s’entourer de gens meilleurs que lui. Ou aussi bon que lui. Il ne choisissait pas des gens qui allaient le flatter, lui dire qu’il était formidable, etc. Il choisissait des gens qui étaient capables de le pousser dans ses retranchements et de l’amener à aller au bout de ses raisonnements. Et puis il y a un observation que je trouve vraiment important, parce que hier on l’a vu, les femmes ont perdu dans beaucoup de villes. C’est peut-être le premier qui n’a pas pris des femmes pour mettre des femmes, ou pour la galerie, ou pour l’opinion. Mais avec le souci d’écouter la moitié du monde qui n’était pas représenté, que ce soit Martine Aubry, Élisabeth Guigou, Marylise Lebranchu ou moi, je pense qu’on s’est toujours senti respectées, écoutées comme des femmes politiques et comme des femmes qui réfléchissaient qu’il y avait quelque chose à apporter, pas uniquement comme ça avait été le cas pour les Jupettes par exemple.
Dominique Voynet et Lionel Jospin en 2001 à Limoges.
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© MAXPPP
Dominique Voynet : Alors ça, ça fait partie vraiment de la méthode Jospin. C’est-à-dire que déjà au départ, pour constituer un gouvernement qui a comme écrit une des plus belles pages de l’histoire de la gauche en France, quand on dit la gauche plurielle, il y a une forme de nostalgie chez tout le monde. Je pense qu’il y avait déjà une autorité naturelle et une qualité de la personne qui ont fait qu’on l’acceptait comme chef. Et c’est le problème qu’on a aujourd’hui. Et il ne cherchait pas à nous écraser. Il ne cherchait pas à démanteler nos partis, il cherchait à ce que chacun donne le meilleur de lui-même. Et c’est ça la différence aussi avec aujourd’hui où finalement ceux qui seraient en situation de rassembler la gauche s’emploient à s’humilier et à se casser les uns les autres plutôt que de travailler ensemble. Il a envoyé les bons signaux pour dire « Chiche, je vais te respecter comme un partenaire et pas comme un obligé ou comme un subalterne dans mon équipe ».
Lionel Jospin et Dominique Voynet en 1999 en Ariège au conseil national de la montagne.
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© MAXPPP
Dominique Voynet : C’était un compromis entre des gens qui étaient pour le nucléaire, des gens qui étaient contre, des gens qui souhaitaient qu’on appuie davantage les difficultés des chômeurs et ceux qui pensaient qu’il fallait privilégier le travail. Il y a eu des débats permanents. Mais moi, j’ai toujours accepté ces arbitrages parce que j’avais le sentiment qu’avant les arbitrages, il y avait eu une phase de discussion, de débat, qui faisait que les arguments avaient été entendus, il avait arbitré, c’était accepté par tout le monde. Il y a eu des dossiers où ça a été plus compliqué. Sur la Corse, par exemple, Jean-Pierre Chevènement n’a pas accepté qu’on renoue le dialogue avec les autonomistes indépendantistes corses. Moi, je l’avais souhaité et je savais qu’il travaillait un peu à rebours de l’opinion. Mais il était convaincu et il l’a fait.
Si je voulais rajouter quelque chose, c’est que je suis triste que ça se soit terminé comme ça. Parce qu’au fond, il y a quelque chose d’injuste dans le élément qu’il ait été éliminé de la présidentielle en 2002. Je crois que ça s’explique d’abord par le élément que quand on est vraiment les mains dans le cambouis, dans le travail tous les jours, on n’a pas forcément le recul nécessaire pour se projeter dans la phase d’après. Et on le sait bien, on n’est pas élu sur son bilan, on est élu sur ses projets. Et peut-être que ça a manqué. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il aurait été un formidable président de la République.
Lionel Jospin fut premier ministre socialiste de juin 1997 à mai 2002. Dans son gouvernement il fait entrer plusieurs personnalités politiques comtoises et pas des moindres. Jean-Pierre Chevènement à l’Intérieur, Pierre Mosovici aux affaires européennes. Il accorde effectivement sa confiance à des femmes. Dominique Voynet sera sa ministre de l’aménagement du territoire et de l’environnement. Paulette Guinchard Kunstler, est chargée du secrétariat d’État aux personnes âgées. Elle a été l’auteure de la loi sur l’APA, allocation personnalisée autonomie (2001) qui perdure de nos jours et vient en aide aux personnes âgées.
Lionel Jospin lui avait d’ailleurs rendu hommage en venant à ses obsèques. “Paulette a été une ministre précieuse, inventive, elle a subjugué tout le monde au parlement, sur tous les rangs par son authenticité, par sa connaissance des questions touchant le vieillissement” confiait l’ancien premier ministre lors de la cérémonie d’hommage à Besançon.
Chef du gouvernement de 1997 à 2002, premier secrétaire du PS de 1981 à 1988 puis de 1995 à 1997, M. Jospin s’était aussi présenté sans succès aux élections présidentielles de 1995 et 2002.
Figure reconnue et rassembleuse de la gauche jusqu’au bout, il avait créé le principe de la « gauche plurielle », réunissant dans ses gouvernements des ministres socialistes mais aussi écologistes et communistes.
Porté par une conjoncture économique favorable, il avait alors mis en place la réduction du temps de travail à 35 heures hebdomadaires, la couverture maladie universelle et un contrat d’union civile: le Pacs.
La surprise avait été totale lorsqu’en 2002, il n’était pas parvenu à se qualifier pour le second tour de la présidentielle, laissant Jean-Marie Le Pen en duel avec Jacques Chirac.
Dispersion de la gauche, campagne ratée, montée de l’extrême droite, Lionel Jospin s’était alors retiré de la vie politique, n’intervenant plus pendant des années dans le débat public.
Emmanuel Macron salue ce lundi matin la mémoire de Lionel Jospin, « un grand destin français » qui « incarnait une haute idée de la République ».
Entretien réalisé par Vanessa Hirson et Antoine Laroche
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Cette situation mérite une attention continue de notre équipe éditoriale.

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