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24 mars 2026Le nouvel accord de libre-échange avec l’Australie fait enrager les agriculteurs européens
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Points importants
DAVID GRAY / AFP
L’Union européenne et l’Australie ont finalement trouvé un terrain d’entente, et ont signé leur accord ce mardi 24 mars à Canberra.
Les accords se suivent et ne satisfont toujours pas les agriculteurs. Après des années de négociations, l’Australie et l’Union européenne ont signé un vaste accord commercial censé dynamiser leurs échanges, ce mardi 24 mars, à Canberra.
Les principaux syndicats agricoles d’Europe ont dénoncé les « concessions inacceptables » faites à l’Australie pour des filières sensibles comme le bœuf, la viande ovine, le sucre et le riz. Malgré des quotas détaxés limités, ils soulignent « l’effet cumulatif » des accords commerciaux avec le Mercosur puis l’Australie. « La série noire se poursuit pour l’agriculture européenne », a déploré le Copa-Cogeca, le lobby agricole européen.
De son côté, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, assure que « c’est un accord gagnant-gagnant ». Elle en vante des « avantages immédiats » pour les entreprises européennes, qui « économiseront un milliard d’euros de droits de douane ».
Après le Mercosur et l’Inde, « une véritable trilogie commerciale »
Bousculée par la concurrence de la Chine et les taxes douanières aux États-Unis, l’UE mène une politique de diversification commerciale tous azimuts. Depuis début janvier, Ursula von der Leyen a scellé trois accords successifs avec les pays latino-américains du Mercosur, l’Inde et maintenant l’Australie, « une véritable trilogie commerciale », loue-t-elle.
L’Australie et l’UE sont également convenus de renforcer leur coopération en matière de défense et d’améliorer l’accès européen aux minéraux critiques australiens, comme le lithium, essentiel pour fabriquer des batteries de véhicules électriques.
L’UE est aujourd’hui le troisième partenaire commercial bilatéral de l’Australie et sa deuxième source d’investissements étrangers. « C’est un moment important pour notre nation », a souligné le Premier Ministre australien Anthony Albanese. Les entreprises européennes ont exporté 37 milliards d’euros de marchandises vers l’Australie l’année dernière, et 31 milliards d’euros de services en 2024.
Les principaux points de discorde, à savoir l’utilisation par l’Australie d’appellations géographiques européennes et l’accès du bœuf australien au marché européen ont été surmontés, après huit ans de négociations.
Après la feta et le gruyère, du prosecco venu directement d’Australie
Ce compromis permettra aux viticulteurs australiens d’utiliser le terme « prosecco » sur le marché intérieur, mais ils devront cesser de l’utiliser pour les exportations après 10 ans. L’Australie pourra également continuer d’utiliser certaines appellations géographiques, comme « feta » et « gruyère », lorsque les producteurs utilisent ces noms depuis au moins cinq ans.
De leur côté, les constructeurs automobiles européens bénéficieront d’un accès plus grand au marché. L’Australie s’est engagée à relever le seuil de déclenchement d’une taxe actuelle sur les véhicules de luxe : environ 75 % des véhicules électriques européens en seront exemptés. Cela ouvre « des perspectives considérables » au secteur, s’est réjoui la VDA, principale fédération de l’industrie automobile allemande.
L’UE s’attend ainsi à augmenter ses exportations vers l’Australie d’un tiers au cours de la prochaine décennie, avec une hausse de 50 % dans les secteurs des produits laitiers et de l’automobile.
Le quota de bœuf australien autorisé à entrer dans l’UE sera quant à lui multiplié par plus de 10 au cours de la prochaine décennie, même s’il reste bien en deçà du niveau demandé par les agriculteurs australiens, déçus par le résultat obtenu. Le nouveau quota, fixé à 30 600 tonnes de bœuf australien, comprendra 55 % de viande détaxée et 45 % bénéficiant de droits de douane réduits à 7,5 %, avec une entrée en vigueur progressive. L’UE autorisera aussi l’entrée de 25 000 tonnes de viande ovine et caprine australienne issue d’animaux nourris à l’herbe, avec une mise en place progressive sur sept ans.
L’accord doit encore être soumis aux États membres et au Parlement européen. L’UE espère éviter une nouvelle levée de boucliers des agriculteurs, alors que le traité avec le Mercosur avait suscité une série de mobilisations, dont une manifestation massive à Bruxelles en décembre.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Notre équipe restera attentive aux prochains développements.

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