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24 mars 2026Quotas agricoles, exportations de voitures, défense renforcée… Que contient l’accord commercial conclu entre l’Union européenne et l’Australie ?
Analyse : Quelques observations de notre équipe sur cette actualité récente.
Voici quelques observations de notre rédaction sur « Quotas agricoles, exportations de voitures, défense renforcée… Que contient l’accord commercial conclu entre l’Union européenne et l’Australie ? ».
Résumé rapide
Après huit années de négociations, les deux parties ont conclu mardi à Canberra un accord de libre-échange, levant plusieurs points de discorde, dont l’accès du bœuf australien au marché européen.
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Après le Mercosur, l’Union européenne a signé avec l’Australie un nouvel accord de libre-échange, mardi 24 mars, au terme de huit ans de négociations. Le texte a été paraphé lors de la première visite de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans le pays depuis sa prise de fonctions en 2019.
Dans un contexte d’incertitudes accrues liées à la guerre au Moyen-Orient, Ursula von der Leyen et le Premier ministre australien, Anthony Albanese, souhaitent renforcer leurs échanges commerciaux, notamment pour faire face aux pressions commerciales des Etats-Unis et de la Chine. Dans une lettre adressée lundi 16 mars aux dirigeants de l’UE, la cheffe de l’exécutif européen a qualifié ce projet de « nouvelle étape importante dans la diversification des partenariats internationaux de l’Europe et le renforcement de notre engagement mondial ». « C’est un moment important pour notre nation, nous sécurisons un accord avec la deuxième économie du monde », a souligné le Premier ministre australien. L’accord entrera en vigueur après l’approbation du Conseil européen. Voici ce que prévoit ce texte.
Des quotas agricoles augmentés
Le quota de bœuf australien autorisé à entrer dans l’UE sera multiplié par plus de dix d’ici dix ans, selon les termes de cet accord. Il reste cependant en deçà des demandes des producteurs australiens. Fixé à 30 600 tonnes, ce quota comprendra 55% de viande issue d’animaux nourris à l’herbe, exemptée de droits de douane, et 45% soumis à des droits réduits. Seul un tiers de ce quota sera appliqué au cours des cinq premières années, avant une montée en puissance progressive. L’UE autorisera également l’importation de 25 000 tonnes de viande ovine et caprine, avec une mise en place étalée sur sept ans.
Bruxelles espère ainsi éviter une nouvelle fronde des agriculteurs, déjà mobilisés contre l’accord conclu mi-janvier avec les pays du Mercosur. Mardi, les principaux syndicats agricoles d’Europe ont dénoncé des « concessions inacceptables » faites par l’Union européenne à l’Australie. « La série noire se poursuit pour l’agriculture européenne« , a déploré le Copa-Cogeca, qui rassemble les principaux syndicats européens. « Dans le contexte post-Mercosur, l’impact cumulé des accords commerciaux successifs » rend les « concessions » faites à l’Australie « inacceptables« , a estimé ce lobby agricole.
Le sujet des appellations géographiques européennes crispe aussi certains agriculteurs. Les viticulteurs australiens pourront ainsi utiliser le terme « prosecco » sur le marché intérieur, mais ils devront cesser de l’utiliser pour les exportations après dix ans. L’Australie pourra également continuer d’utiliser certaines appellations géographiques, comme « feta » et « gruyère », lorsque les producteurs utilisent ces noms depuis au moins cinq ans.
L’industrie automobile boostée
Au-delà de l’agriculture, l’accord comporte aussi des mesures industrielles. Les constructeurs automobiles européens bénéficient par exemple d’une suppression de certains droits de douane. L’Australie relève également le prix minimum à partir duquel s’applique sa taxe sur les voitures de luxe européennes : ainsi, environ 75% des véhicules électriques européens n’auront plus à la payer. Le seuil sera relevé à 120 000 dollars australiens (72 000 euros) pour les véhicules électriques, ce qui exemptera tous les véhicules dont le prix est inférieur à ce montant.
La Verband der Automobilindustrie (VDA), principale organisation de l’industrie automobile allemande, y voit « des perspectives considérables ». Avec cet accord commercial, l’UE s’attend à augmenter ses exportations vers l’Australie d’un tiers au cours de la prochaine décennie, avec une hausse de 50% dans le secteur de l’automobile.
Une défense renforcée
L’UE et l’Australie ont également conclu un partenariat en matière de sécurité et de défense destiné notamment à renforcer leur « coordination sur des priorités stratégiques » et à accroître leur coopération sur la sécurité maritime, la cybersécurité et les ingérences étrangères.
Le groupe français Thales emploie déjà plusieurs milliers de personnes en Australie et l’industriel allemand Rheinmetall fournit une part importante des véhicules militaires de l’armée australienne, rappellent Les Echos. « Nous allons approfondir notre coopération, des exercices maritimes conjoints à l’espace, en passant par l’industrie de la défense et la lutte contre les menaces hybrides« , a déclaré Ursula von der Leyen sur X.
De nouvelles stratégies sur les minéraux
L’accord vise également à sécuriser l’accès de l’UE aux matières premières critiques australiennes, afin de réduire sa dépendance à la Chine, souligne le média européen Euractiv. L’Australie dispose en effet d’un trésor géologique, avec du lithium, du manganèse ou encore de l’aluminium, indispensables aux transitions verte et numérique, rappellent Les Echos.
Le commissaire européen Maros Sefcovic met en avant une complémentarité : l’Australie fournit les ressources, l’UE apporte les investissements, les capacités de transformation et les débouchés. L’accord prévoit une réduction des droits de douane et l’interdiction des taxes à l’exportation sur ces matières, pour rendre le marché « plus prévisible et stable » pour les entreprises européennes, selon la Commission. Canberra conservera la possibilité d’une double tarification, mais un mécanisme de rééquilibrage permettra à l’UE de suspendre certaines concessions en cas de déséquilibre, précise Euractiv.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : La rédaction reste attentive et continuera à observer les faits.

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