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26 mars 2026Comment Donald Trump force son récit de la désescalade en Iran, avant la fin de son ultimatum
Analyse : Voici un aperçu des faits selon nos journalistes.
Les journalistes partagent leur point de vue sur « Comment Donald Trump force son récit de la désescalade en Iran, avant la fin de son ultimatum ».
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JIM WATSON / AFP
Donald Trump, ici dans le Bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, le 24 mars 2026.
Après trois semaines de propos offensifs et encourageant une escalade de la guerre avec l’Iran, Donald Trump avait pris de court la communauté internationale le 23 mars, révélant négocier la fin du conflit avec des responsables iraniens non identifiés.
Il annonçait aussi un report « de cinq jours » de toute frappe sur des centrales électriques ou des infrastructures énergétiques en Iran. Un nouvel ultimatum qui doit prendre fin ce vendredi 27 mars. Si les discussions venaient à échouer, le président américain a menacé de « continuer à bombarder allègrement » le pays, et dit qu’il ne « garantissait rien » quant à une fin des hostilités.
En attendant, depuis le début de la semaine, Donald Trump a communiqué plusieurs fois pour un accord et une installation de la paix dans la région. Mardi devant la presse : « je pense que nous allons y mettre fin (au conflit) ». Les dirigeants iraniens « veulent conclure un accord ». Mercredi devant un parterre de parlementaires républicains : « ils négocient, et ils veulent absolument conclure un accord, mais ils ont peur de le dire » par crainte de « se faire tuer par les leurs ». Jeudi sur son réseau Truth Social, en guise d’avertissement avant la journée annoncée décisive vendredi : l’Iran doit « devenir sérieux avant qu’il ne soit trop tard ».
Dans la semaine, une proposition américaine en quinze points pour faire taire les armes a été transmise à l’Iran par le Pakistan, en bons termes avec les deux pays. Sur ce point, l’Iran a répondu a affirmé ce jeudi une source citée par l’agence de presse Tasnim. « La réponse de l’Iran au plan en 15 points proposé par les États-Unis a été officiellement transmise hier soir (mercredi) à travers des intermédiaires et l’Iran attend un retour de l’autre partie », a déclaré cette source sans plus de précisions.
Le soutien d’Israël, cadeau empoisonné ?
Même s’il essaye de garder la face et de toujours tourner la moindre déclaration sur le conflit à l’avantage des États-Unis, il y a en réalité urgence pour Donald Trump à voir cette guerre, devenue « hors de contrôle » selon les termes du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, s’arrêter.
Tout d’abord, comme l’a illustré le « vent » général reçu à la mi-mars sur sa demande d’aide pour débloquer le détroit d’Ormuz, le président américain a bien intégré qu’il ne pouvait pas compter sur ses alliés occidentaux historiques, à commencer par la France et l’Allemagne. Le président allemand Frank-Walter Steinmeier a même relevé mardi que la confiance entre les États-Unis et ses alliés occidentaux était « perdue », estimant que cette réalité perdurera même après la présidence de Donald Trump. Les États-Unis « n’ont besoin de rien de l’Otan », s’est encore borné à dire ce dernier jeudi.
Et finalement, le soutien d’apparence sans faille d’Israël pourrait se révéler être un cadeau empoisonné, sous fond d’enjeux électoraux proches : comme l’analyse Le Monde, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a tout intérêt à ce que le conflit se prolonge, en vue des législatives d’octobre dans son pays, où l’opinion publique approuve massivement la guerre contre l’ennemi iranien.
Des citoyens américains désabusés
À l’inverse, Donald Trump fait face à des Américains de plus en plus hostiles à cette guerre –à l’image de cette femme en Pennsylvanie et sa colère mémorable à la télévision– à quelques mois d’élections de mi-mandat (début novembre) cruciales pour lui. Un sondage publié mercredi indiquait que 60 % des sondés estimaient que la guerre « est allée trop loin », dont 90 % parmi les démocrates et 25 % chez les républicains. Concrètement, les citoyens américains sont confrontés à la hausse des prix de l’essence – avec un gallon (3,8 litres) à presque 4 dollars – et des billets d’avion.
Des désaccords entre les armées des deux pays sont aussi intervenus ponctuellement sur certains objectifs de frappes. On pense notamment au bombardement israélien contre le champ gazier offshore iranien de South Pars il y a une dizaine de jours, qui est partagé avec le Qatar. Donald Trump avait dû alors assurer que Tsahal ne s’en prendrait plus à ces infrastructures. Comme le notent encore Les Échos, si Washington veut se débarrasser essentiellement de la menace nucléaire iranienne, Tel-Aviv souhaite à tout prix renverser le régime islamiste, un objectif viscéral.
« Trump devait conclure un accord, et il pourrait encore essayer de le faire, mais le prix, le prix politique, de cet accord ne cesse d’augmenter, et le problème auquel il est confronté est qu’il n’y a pas d’issue miracle », analyse auprès du New Yorker Robert Pape, politologue à l’université de Chicago spécialisé en sécurité internationale.
Un enlisement du conflit pourrait en outre saper son autorité sur la scène internationale et affaiblir l’influence américaine dans la région.
Téhéran affaiblit militairement, mais pas dans les négociations
Surtout, Donald Trump incarne de plus en plus celui qui a mis l’économie mondiale en danger. Et plus la fermeture du détroit d’Ormuz durera, plus le risque de dommages économiques durables sera grand. Le quasi-blocage du détroit, par où transite en temps normal 20 % du pétrole et gaz naturel liquéfié mondiaux, a ainsi provoqué une hausse d’environ 60 % des cours du brut depuis le début de l’attaque israélo-américaine le 28 février.
Au final, après un mois de conflit, l’affaiblissement militaire de l’Iran ne signifie pas pour autant que le régime est en position de faiblesse dans les négociations. Au contraire, affirme sur X Danny Citrinowicz, spécialiste du Moyen-Orient à l’Institut d’études de sécurité nationale à Tel Aviv. « Le régime iranien actuel est plus radical, moins centralisé et de plus en plus convaincu de sa victoire, ce qui signifie qu’il pense pouvoir dicter les conditions de la fin de ce conflit. Il ne reste donc à Trump que deux options réelles : soit une capitulation de facto et un cessez-le-feu sans accord, soit un accord façonné autour des exigences de l’Iran », écrit-il.
Téhéran l’a bien compris et continue de rester inflexible, niant même participer à de quelconques pourparlers. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, maintenait encore mercredi que l’Iran comptait « continuer à résister » et que la République islamique voulait « mettre fin à la guerre à ses propres conditions ».
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Nous vous tiendrons au courant des prochaines évolutions importantes.

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