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4 avril 2026Analyse : L’équipe éditoriale a relevé les éléments importants à connaître.
Notre équipe propose une synthèse des informations de « La crise énergétique et humanitaire à Cuba ».
Les éléments principaux
La Russie prépare l’envoi d’un deuxième pétrolier à destination de Cuba, après l’arrivée, lundi, d’un premier navire sur l’île, sous blocus des Etats-Unis : Cuba est confrontée depuis des années à une crise économique et énergétique, exacerbée par la suspension de l’approvisionnement en brut en provenance du Venezuela après la capture de son président, Nicolas Maduro, par les Etats-Unis en janvier, et par la menace américaine de sanctionner tout pays livrant du pétrole à La Havane. La décision de laisser la Russie livrer du brut à Cuba malgré l’embargo américain de facto depuis le début de l’année permet d’éviter une confrontation avec Moscou tout en offrant une bouffée d’air aux 9,6 millions d’habitants de l’île. Selon des analystes, il faudra près d’un mois pour raffiner le brut que vient de fournir le pétrolier russe Anatoly Kolodkin et livrer le gazole, ce qui devrait couvrir les besoins de Cuba pendant près de deux semaines.
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La crise humanitaire et sanitaire s’aggrave à Cuba : « des patients meurent à cause du blocus imposé par les Etats-Unis », affirment des médecins au New York Times Ouverture dans un nouvel onglet. L’arrivée de ce pétrolier russe à Cuba montre les liens étroits qui unissent Moscou et La Havane, note El País Ouverture dans un nouvel onglet, et ce, depuis la période soviétique. Ces liens se ravivent alors que Cuba traverse une crise humanitaire et sanitaire qui s’aggrave, alerte El País Ouverture dans un nouvel onglet, faisant courir le risque de morts inutiles, préviennent le Los Angeles Times Ouverture dans un nouvel onglet et le New York Times Ouverture dans un nouvel onglet, avec des opérations chirurgicales reportées faute d’électricité et des respirateurs qui n’arrivent plus à fonctionner. Ces appareils sont pourtant vitaux pour Jorge Pérez Álvarez : ce Cubain de 21 ans souffre d’une maladie génétique qui empêche ses poumons de se remplir d’air par eux-mêmes, explique le New York Times Ouverture dans un nouvel onglet. « La batterie de secours de son respirateur est censée durer plus d’une journée, mais elle a été mise à rude épreuve ces dernières semaines », décrit le New York Times Ouverture dans un nouvel onglet, à chaque panne courant, qui peut durer jusqu’à 20h par jour à Cuba. « Je ne sais pas combien de temps nous pourrons tenir », confie sa mère, dans un quartier pauvre de La Havane : « sa vie dépend de l’électricité », s’inquiète-t-elle auprès du New York Times Ouverture dans un nouvel onglet. A cause des coupures de courant et du blocus énergétique imposé par Washington, « les cliniques peinent à administrer des traitements comme la chimiothérapie et la dialyse. De nombreuses ambulances sont immobilisées faute de carburant. Les pharmacies sont pour la plupart vides car l’État, au bord de la faillite, peine à se procurer des médicaments », énumère le New York Times Ouverture dans un nouvel onglet . Pénurie de vaccins, aussi : « les vols qui les transportaient sont annulés faute de kérosène. Et les stocks de vaccins réfrigérés risquent de se détériorer rapidement » si les coupures de courant persistent à Cuba. Alors que « l’espérance de vie et les taux de mortalité infantile à Cuba étaient comparables à ceux des pays développés », rappelle le New York Times Ouverture dans un nouvel onglet, avec « un ratio médecin-patient parmi les meilleurs au monde, selon la Banque mondiale », le durcissement des sanctions états-uniennes contre Cuba, instaurées sous le premier et le second mandat de Donald Trump, empêche « les hôpitaux de remplacer leurs équipements vétustes » et « contraint les fournisseurs médicaux américains et européens à interrompre leurs contrats » par crainte de l’ire de Washington, analyse le New York Times Ouverture dans un nouvel onglet. Tout cela, conjugué « aux politiques économiques désastreuses du régime cubain », fait craindre le pire sur l’île.
Entretien avec Blandine Destremau, sociologue, directrice de recherche au CNRS.
L’arrivée d’un premier pétrolier russe va t-il concrètement et rapidement améliorer le quotidien des Cubains ?
Sérieusement, je ne pense pas. Le pétrolier russe transporte environ entre 7 et 14 jours de consommation moyenne à Cuba. Le pétrolier va soulager certaines ruptures d’approvisionnement auprès de centrales électriques et en priorité pour les hôpitaux et les établissements publics. Mais ce n’est pas une solution durable. La distribution sera tout à fait insuffisante pour soulager le quotidien des Cubains.
Certains médias estiment qu’il faudra peut être un mois pour raffiner ce brut venu de Russie et livrer ensuite le carburant. En attendant, comment vivent les Cubains, privés régulièrement d’électricité, de carburant, jusque dans les hôpitaux ?
Les Cubains vivent très mal. J’ai parlé, hier, à plusieurs correspondants pour préparer cette interview. Une amie me disait :« La Havane a l’air complètement fantomatique. Il y a une voiture qui passe de temps en temps parce qu’il n’y a pas de carburant. » Par ailleurs, elle a une cousine qui a eu un infarctus dans une ville de l’intérieur du pays, qui n’a pas pu être évacuée vers un hôpital parce qu’il n’y avait pas de voiture, pas d’ambulance, pas de taxi, etc. Elle en est morte alors qu’elle aurait probablement pu être sauvée.
Il y a une surmortalité, par défaut d’accès à des hôpitaux, qui n’est pas mesurée. Il y a beaucoup de misère et beaucoup de désespoir. Comme le disait aussi cette professeure à l’université de La Havane, dans la province de sa cousine, il y a eu 40 heures sans aucune électricité. Ce qui signifie des pertes alimentaires dans les réfrigérateurs, des congélateurs qui décongèlent, des téléphones et des ordinateurs qui ne peuvent pas être rechargés. Elle-même me disait cette phrase, que je trouve triste et assez terrible : « je ne veux pas seulement survivre ». Et finalement, les Cubains survivent ou meurent sans qu’on le sache.
Des morts inutiles, c’est ce qu’observent le New York Times Ouverture dans un nouvel onglet, Los Angeles Times Ouverture dans un nouvel onglet, le Guardian Ouverture dans un nouvel onglet. Est-ce que des pays alliés de Cuba comme la Russie, le Mexique, peut-être le Brésil de Lula ou encore le Venezuela peuvent briser cet embargo imposé par les États-Unis ?
Les pays sont sous la menace de droits de douane supplémentaires. C’est le cas pour le Mexique. Ils n’osent pas réellement bouger et les États-Unis de Trump apparaissent, quelque part, tout-puissants, pour briser cet embargo, dans des négociations avec le gouvernement cubain. Ce dernier dispose, tout de même, d’une marge de manœuvre et ne veut pas céder, non plus, sur des réformes qu’il estimerait contraires à ses intérêts.
Cuba tirait des revenus importants de l’envoi de médecins en mission à l’étranger, que ce soit dans d’autres pays des Caraïbes, mais aussi en Europe, notamment en Italie, on l’avait vu pendant la pandémie de Covid-19. Est-ce que c’est encore le cas ? Si oui, où sont envoyés ces médecins cubains dont l’administration Trump ne veut plus?
Les médecins cubains sont en train de se retirer de pas mal de pays des Caraïbes et d’Amérique centrale, sous la pression de l’administration Trump et sous couvert d’une accusation de droits du travail qui seraient complètement violés. Il y a encore des médecins cubains dans certains pays : en Algérie par exemple, dans des pays du Golfe – ils menaient une clinique au Qatar. Il y a encore des revenus qui arrivent mais on n’a pas des statistiques très précises, mais de toute façon, c’est fortement réduit.
Avec de moindres revenus pour le régime cubain, la population continue-t-elle de s’exiler, de quitter l’île depuis cette crise énergétique déclenchée en début d’année, sans compter les problèmes structurels qui existaient auparavant ?
La population continue de s’exiler et c’est dramatique. Les chiffres officiels de population sont de 9,7 millions de personnes, soit une baisse d’environ 25 % par rapport au recensement de 2012. Mais un démographe indépendant, qui a fait sa thèse, d’ailleurs, en France, estime qu’on est plutôt autour de 8 millions de personnes. Cela signifie que Cuba aurait perdu un tiers de sa population depuis 2012, ce qui est énorme ! D’autant plus que cette baisse de population, due notamment à l’émigration, concerne surtout des populations jeunes : ce qui veut dire que la population cubaine vieillit et qu’il y a un énorme problème d’appauvrissement des personnes âgées, de solitude, d’isolement. Cela contrevient complètement à ce que j’avais observé comme morale et comme éthique sociale à Cuba, il y a quelques années.
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Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Nous vous tiendrons au courant des prochaines évolutions importantes.

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