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4 avril 2026Reuters.com
4 avril 2026Analyse : Voici les faits principaux observés par nos rédacteurs.
Voici l'avis général de nos rédacteurs sur « Pourquoi la classe moyenne indonésienne souffre du “syndrome du canard” ».
Résumé des éléments principaux
Vu de l’extérieur, Altaf, 38 ans, incarne la réussite de la classe moyenne indonésienne : propriétaire d’une maison en banlieue de Jakarta, voiture et scooter au garage. Mais derrière cette illusion de stabilité, il se démène pour rembourser ses crédits et offrir à ses enfants la meilleure éducation possible.
Le contexte n’arrange rien : l’entreprise technologique qui l’emploie stagne. Les augmentations salariales peinent à suivre une inflation rampante, les promotions se font rares et la menace du licenciement devient permanente.
Attentes et injonctions
“Comme beaucoup de chefs de famille de la classe moyenne indonésienne, Altaf poursuit une stabilité de plus en plus illusoire, en portant seul un fardeau croissant”, décrit le journal Kompas.
Le cas d’Altaf illustre un phénomène frappant une frange croissante des jeunes adultes de la classe moyenne, appelé le “syndrome du canard”. L’expression, empruntée à l’université américaine Stanford, désignait initialement ces étudiants affichant des résultats brillants tout en luttant en silence contre une pression intense – à l’image du canard qui glisse sereinement sur l’eau tout en battant frénétiquement des pattes sous la surface pour ne pas sombrer.
En Indonésie, compétition professionnelle, attentes familiales et injonctions à la réussite relayées par les réseaux sociaux amplifient ce phénomène. Bien qu’il ne soit pas officiellement reconnu comme trouble mental, il accroît les risques d’anxiété et de dépression, avertit le site médical Alodokter.
Cette pression psychologique révèle une fragilisation économique réelle. Si, en les dépenses de la classe moyenne avaient bondi de 142 % depuis 2019, les salaires réels avaient reculé de plus de 10 %, en particulier dans l’industrie manufacturière, le commerce et la restaura,tion.
“Croissance appauvrissante”
Dans le même temps, 9,5 millions d’Indonésiens ont quitté la classe moyenne, qui représentait en 2025 17 % de la population, contre 21 % cinq ans plus tôt. Beaucoup glissent vers les catégories plus précaires de “vulnérables” ou de “classe moyenne aspirante”, définies par la Banque mondiale, tandis que l’emploi informel progresse.
Une dynamique paradoxale que l’économiste Arief Anshory Yusuf qualifie de “croissance appauvrissante” : une économie en expansion qui ne profite qu’à une élite infime.
Face à l’érosion de son pouvoir d’achat, la classe moyenne s’endette de plus en plus : emprunts familiaux, plateformes de prêts entre particuliers et crédits sur gages, dont l’activité a bondi.
Dans ce contexte tendu, Sofia Ambarini, spécialiste en santé mentale, appelle les pouvoirs publics à renforcer la sensibilisation auprès des membres de la classe moyenne. “Ils doivent comprendre qu’aucune injonction à la perfection ne pèse réellement sur eux. Faire un peu mieux qu’hier suffit déjà.”
[Cet article a été publié pour la première fois le 4 mai 2025 et republié le 4 avril 2026]
Source : www.courrierinternational.com
Conclusion : L’équipe éditoriale restera vigilante et partagera ses observations.

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