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8 avril 2026Paul Masselin, victime d’un accident du travail dans une usine Paprec, raconte sa lente réparation avant le procès – franceinfo
Analyse : Les rédacteurs ont identifié les éléments essentiels de cette actualité.
Notre rédaction partage son avis sur les points importants de « Paul Masselin, victime d’un accident du travail dans une usine Paprec, raconte sa lente réparation avant le procès – franceinfo ».
Faits marquants
Happé par une machine de l’usine de Lansargues (Hérault) en 2022, le jeune homme avait passé plusieurs jours dans un coma artificiel. Le géant européen du recyclage comparaît mercredi devant le tribunal correctionnel de Montpellier, notamment pour « blessures involontaires ».
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Paul Masselin a gardé de nombreux stigmates de son accident. Une démarche fragile, une orthèse blanche et des straps bleus qui recouvrent son avant-bras gauche, cette cicatrice qui fend son crâne, et tous ces maux qui ne se voient pas. « Il y a des hauts et des bas, mais plus souvent des bas que des hauts », résume pudiquement le jeune homme de 27 ans, happé par la machine qu’il était en train de réparer à l’usine de recyclage Paprec à Lansargues (Hérault), où il travaillait comme intérimaire, en 2022.
Mercredi 8 avril, quatre ans jour pour jour après l’accident qui a failli coûter la vie à Paul Masselin, l’entreprise est jugée devant le tribunal correctionnel de Montpellier, pour des manquements à la sécurité et pour blessures involontaires. Le procès, initialement prévu en décembre, avait été renvoyé. Le jeune homme attend beaucoup de l’audience, dont il espère qu’elle adoucira sa colère et permettra à la « justice d’être rendue ».
Car ce 8 avril 2022 le hante encore. Ce jour-là, Paul Masselin embauche comme tous les jours sur le poste du matin. Le technicien de maintenance en intérim, qui travaille depuis dix mois sur le site de Lansargues, intervient sur une machine « aspire-sacs » lorsque celle-ci redémarre soudainement. Son bras est happé, son cuir chevelu arraché. Il passera de longues minutes bloqué dans la machine jusqu’à l’intervention des pompiers, qui ne lui donnent que peu de chances de survie au vu de la quantité de sang perdue. Paul Masselin sera finalement héliporté à l’hôpital, où il passera plusieurs jours dans un coma artificiel.
le revue de l’inspection du travail, révélé par Libération, a mis au jour de nombreux dysfonctionnements, dont une absence de formation du jeune homme et des « non-conformités de conception » de la machine. Ce même modèle d’appareil est aussi à l’origine de la mort de Jules Pertet, un an plus tard, sur le site voisin de Nîmes dans le Gard. Au procès de cette autre affaire, Paprec, qui a fait appel, et le directeur du site de Nîmes ont été condamnés fin mars pour « homicide involontaire ».
Contactée par franceinfo, l’entreprise estime que « des procédures de sécurité strictes étaient en vigueur » au moment de l’accident de Paul Masselin, dont celle « de couper l’alimentation électrique avant toute intervention sur une machine ». Selon Paprec, « cette règle élémentaire et primordiale n’a malheureusement pas été respectée par Paul Masselin ».
« Le dossier, s’il est complexe et technique, pointe des anomalies sur la machine et un gros problème de formation, estime de son côté Fabien Martelli, l’avocat de Paul Masselin. Il illustre aussi une entreprise scélérate, qui n’a pas fait en sorte que cet accident ne se reproduise jamais. » Chez Paprec, « la sécurité c’était n’importe quoi », accuse Paul Masselin, dont les alertes sur le sujet sont, selon lui, restées vaines. Il se souvient aussi que l’usine embauchait beaucoup d’intérimaires, qui ne restaient pas toujours très longtemps.
Depuis quatre ans, la vie du jeune homme est devenue une succession de rendez-vous médicaux pour soigner ce bras meurtri, entre autres. Les huit mois suivant son accident ont été rythmés par des passages quotidiens à l’hôpital. « J’arrivais le matin, j’enchaînais les rendez-vous, je repartais le soir », se souvient le jeune homme, qui a aussi attendu huit mois pour retrouver un peu d’autonomie, de quoi notamment lui permettre de reprendre une vraie douche. « Mais depuis, c’est toujours la galère », précise Paul Masselin, en invalidité à 45% et qui a régulièrement des pertes de mémoire et des céphalées.
Le jeune homme passe encore six heures par semaine chez le kiné pour travailler la mobilité et la dextérité de son bras, ainsi que de la partie gauche de son corps. Il voit aussi un orthophoniste, un ergothérapeute et un psychologue, car l’accident a laissé des traces invisibles qui le réveillent parfois la nuit. Retourner vivre chez sa mère, ne plus pouvoir conduire ni travailler : Paul Masselin a traversé des mois difficiles, rongé par cet accident et par un quotidien où tout est devenu une épreuve. Même s’habiller lui demande des efforts.
« Il faut aussi se battre pour se faire rembourser les soins, et tous ne le sont pas. »
Paul Masselin, victime d’un grave accident du travailà franceinfo
Paul Masselin perçoit une rente d’invalidité de quelques centaines d’euros chaque mois, et attend toujours de reprendre le travail. Au moment de l’accident, il était en train de monter son entreprise pour devenir électricien. Désormais, le vingtenaire navigue à vue et envisage peut-être de devenir inspecteur du travail. Avec sa mère, il s’est aussi rapproché d’autres familles afin de visibiliser les accidents et les morts au travail. En 2024, 550 000 accidents ont été recensés selon l’Assurance-maladie, et au moins 764 ont été fatals. Passé à quelques centimètres de la mort, Paul Masselin veut se servir de son parcours « pour qu’il n’y ait plus d’accidents » comme le sien.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : La rédaction reste attentive et continuera à observer les faits.

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