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3 mars 2026Mort d’Elisa Pilarski : « Si Curtis est coupable, tuez-le, piquez-le, ou sinon je le ferai », lâche son ex-compagnon, propriétaire du chien, au premier jour de son procès
Analyse : L'équipe examine cette actualité et partage son avis global.
Selon nos experts, « Mort d’Elisa Pilarski : « Si Curtis est coupable, tuez-le, piquez-le, ou sinon je le ferai », lâche son ex-compagnon, propriétaire du chien, au premier jour de son procès » mérite une attention particulière.
À retenir absolument
Christophe Ellul est jugé depuis mardi pour « homicide involontaire par l’agression d’un chien », plus de six ans après la mort de la jeune femme, enceinte de six mois. Le sort de l’animal est au cœur des débats.
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Temps de lecture : 6min
« Je ne veux pas qu’Elisa et Enzo soient morts pour rien. » Dans ses premiers mots, mardi 3 mars, devant le tribunal correctionnel de Soissons (Aisne), Christophe Ellul, silhouette carrée campée à la barre en costume noir, évoque son ancienne compagne, Elisa Pilarski. La jeune femme, enceinte de six mois, est morte le 16 novembre 2019, d’une hémorragie causée par des morsures de chien. Plus de six ans plus tard, le quinquagénaire est renvoyé devant la justice, car Curtis, l’un de ses animaux, est accusé d’avoir attaqué la victime de 29 ans.
Le prévenu ne croit pas à cette thèse : « Mettez les preuves sur la table », implore-t-il. Il ajoute, pour appuyer ses propos : « Si Curtis est coupable, tuez-le, piquez-le, ou sinon je le ferai. » « Je n’ai plus ma femme, je n’ai plus mon fils, est-ce que vous pensez que j’aurais laissé une chance à Curtis ? », martèle-t-il.
Le sort du chien, aujourd’hui âgé de 8 ans, est suspendu à ce procès. Il se trouve dans le chenil de Haute-Garonne, où il a été placé fin 2019, quelques jours après la mort d’Elisa Pilarski. Tous les autres objets et tissus lui ont été retirés, car il les détruit « de façon systématique », déclare la présidente du tribunal, Armelle Radiguet, en citant le dernier rapport en date sur l’animal, réalisé en février. Le vétérinaire passe une fois par semaine dans l’établissement. Curtis circule librement au sein d’un espace total de 10 m2, qui comporte un box et dont « la partie extérieure est grillagée », afin d’éviter tout risque de fuite ou de vol. Christophe Ellul assure ne plus s’en préoccuper : « Je prenais des nouvelles, mais j’ai arrêté. ».
Christophe Ellul doit cependant répondre du dressage de son chien, qui avait 2 ans au moment des faits. Parmi les trois fautes qui lui sont reprochées, figure celle « d’avoir illégalement importé Curtis », né dans un élevage aux Pays-Bas, où il est immatriculé. Il avait un peu plus de 3 mois quand le prévenu l’a recueilli. Il allait avec sa femme de l’époque jusqu’en Belgique pour participer à des compétitions canines. « Les concours sportifs, c’était une passion. On s’amusait », relate-t-il. Le bouche à oreille lui permet d’acquérir Curtis. « Il y avait de plus grands chiens et on restait sur la même performance. On voulait juste un chien un peu plus haut », explique-t-il.
Devant le tribunal, comme au cours de l’enquête, il assure avoir acquis un croisé patterdale terrier/whippet. Or selon l’expertise d’un vétérinaire, Curtis est un american pitbull terrier, un type de canidé interdit d’importation en France. « Est-ce que vous avez un doute sur la race de ce chien au moment de son achat ? », interroge la présidente. « Pour moi, il était en règle », répond Christophe Ellul. Avant de concéder : « Aujourd’hui, avec ce qu’il se passe, je me dis oui, ça peut être un pitbull. » Il assure qu’il n’a pas voulu contourner la réglementation.
Néanmoins, Curtis n’a jamais été ausculté par un vétérinaire en France. « Il y a une obligation de voir un vétérinaire notamment pour ses vaccinations », glisse la présidente du tribunal. « On n’a pas eu besoin de l’emmener, c’est tout… », rétorque Christophe Ellul. Il contredit aussi la procureure, qui souligne que ses chiens restaient enfermés jour et nuit : « Je vous dis que c’était pas 23 heures sur 24, mes chiens étaient juste en cage quand j’étais au travail. » Aux autres questions, il dit souvent ne pas savoir, cherche dans sa mémoire sans trouver, explique avoir « peur de dire des bêtises ». Il reconnaît sa négligence au sujet « des papiers » : « C’est mon ex-femme qui suivait tous les carnets, les chiens, les chevaux. Les papiers, c’est elle qui les faisait, c’est vrai que quand on s’est séparés, je n’ai pas déclaré Curtis, je le prends sur moi. »
Il décrit cette séparation comme une période difficile : « Je n’avais que mes chiens ça me faisait du bien de les amener en forêt. » Cette passion lui permet d’échanger peu après avec Elisa Pilarski dans un groupe lié aux chiens sur Facebook. Ils commencent à entretenir une relation à partir de mars 2019. « Elisa elle n’aimait pas les gens, pour elle, c’était des cons. Pour Elisa, il n’y avait que les animaux, elle était douée pour ça et avec Curtis, ça s’est fait automatiquement, raconte-t-il. C’était un truc de fou, ils étaient tellement fusionnels, en sport, c’était elle qui le prenait. Tout le monde me disait : ‘Curtis il écoute mieux Elisa que toi’. C’était son bébé d’amour. »
Face au tribunal, la mère d’Elisa Pilarski confirme l’amour de la victime pour les animaux. « S’il y en avait un au bord de la route, il fallait s’arrêter absolument pour le caresser. C’était parfois un peu pénible », déclare-t-elle avec un petit rire nerveux. Sa fille lui avait parlé des chiens de Christophe : « Elle m’avait dit que c’était un peu compliqué entre les mâles, mais ça allait. Ils avaient décidé que c’était Elisa qui entraînait Curtis dans les concours, plutôt que Christophe, car elle me disait : ‘Avec sa grosse voix ça doit le bloquer’. « Sa grosse faiblesse, c’est qu’elle n’avait pas peur du danger que pouvait représenter un animal », lâche-t-elle. Christophe Ellul encourt dix ans d’emprisonnement et une amende de 150 000 euros.
Source – 2026-03-03 18:20:00
Conclusion : Nous restons attentifs à cette actualité et à son évolution.

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