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Voici quelques observations de notre rédaction sur « comment Trump a entraîné les Etats-Unis dans la guerre contre l’Iran ».
Éléments à garder en tête
Donald Trump dans la « Situation Room » de la Maison-Blanche à Washington, le 21 juin 2025. – / AFP
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Qu’est-ce qui a bien pu pousser Donald Trump à lancer l’opération « Furie épique » en Iran ? Dans une longue enquête publiée le 7 avril, le « New York Times » retrace les événements. Le 11 février au matin, Benyamin Netanyahou est discrètement invité à la Maison-Blanche. Dans la très secrète « Situation Room », le Premier ministre israélien, accompagné à distance par le directeur du Mossad et des haut gradés de Tsahal, expose au président américain son plan de guerre. Cette réunion, volontairement restreinte pour éviter les fuites, exclut même le vice-président J.D. Vance, alors en déplacement en Azerbaïdjan.
La promesse israélienne est alléchante : une opération conjointe permettrait non seulement d’anéantir le programme balistique iranien en quelques semaines, mais aussi d’amorcer un changement de régime. Vidéo à l’appui, Netanyahou propose même le nom du dissident Reza Pahlavi, fils exilé du dernier shah d’Iran, pour succéder à la République islamique, avec le soutien d’émeutes fomentées par le Mossad et d’une offensive terrestre de combattants kurdes. Séduit par cette démonstration de force et convaincu que le coût de l’inaction surpasse les risques de l’intervention, Donald Trump lâche, lapidaire : « Ça me convient ».
Mise en garde contre le « baratin » israélien
Pourtant, dès le lendemain, les services de renseignement américains douchent cet enthousiasme. Si la décapitation du régime et la destruction de son arsenal militaire semblent à la portée des forces américaines, les agences jugent les scénarios de soulèvement populaire « déconnectés de la réalité ». Devant Donald Trump, le directeur de la CIA, John Ratcliffe, qualifie la perspective d’un changement de régime de « farcesque ». « Autrement dit, c’est du baratin », assène le secrétaire d’Etat Marco Rubio, qui ne cherche malgré tout pas à dissuader le président américain de lancer l’opération – une fois la guerre commencée, il expose d’ailleurs les justifications de l’administration avec une conviction totale.
Donald Trump est encouragé dans sa décision par son très belliqueux secrétaire à la Défense, Pete Hegseth. Mais au sein de son administration, le scepticisme est vif. A commencer par le vice-président J.D. Vance. Fidèle à sa ligne anti-interventionniste, il redoute un chaos régional, une flambée des prix de l’essence, et une trahison flagrante de l’électorat « America first ». La cheffe de cabinet, Susie Wiles, craint de son côté l’impact d’une telle guerre sur les élections de mi-mandat, bien qu’elle s’abstienne de contredire les militaires en public. Même le polémiste conservateur Tucker Carlson supplie Trump de renoncer, ce à quoi le président rétorque, sûr de lui : « Ça s’arrange toujours ».
S’ils sont peu nombreux à dire directement à Donald Trump que la guerre contre l’Iran est une mauvaise idée, le général Dan Caine, chef d’état-major, l’avertit que les Israéliens ont tendance à surestimer leurs plans parce qu’ils ont un besoin vital du soutien américain. Surtout, le haut gradé alerte sur un risque majeur : une guerre viderait les stocks de missiles intercepteurs américains, déjà mis à rude épreuve par l’Ukraine et Israël, et exposerait le détroit d’Ormuz à un blocus iranien aux conséquences économiques mondiales désastreuses.
Motivations personnelles
Mais Donald Trump choisit de faire la sourde oreille. Persuadé d’une guerre fulgurante grâce à un stock illimité de bombes bon marché, il estime que la perspective d’un changement de régime est le « problème » des Israéliens, et se focalise uniquement sur l’élimination de l’ayatollah Khamenei. Quant au risque de blocage du détroit d’Ormuz, il écarte cette possibilité, partant du principe que le régime iranien capitulerait avant d’en arriver là – le passage stratégique est fermé depuis maintenant 40 jours.
En réalité, les motivations de Donald Trump sont aussi politiques que personnelles. Il est obsédé par l’idée de démanteler la théocratie iranienne en place depuis 1979, et depuis épine dans le pied des Etats-Unis. Le républicain voit dans ce qui va devenir l’opération « Furie épique » l’opportunité de laisser une trace indélébile en devenant le premier président depuis quarante-sept ans à renverser le pouvoir des mollahs.
D’après le « New York Times », il est aussi animé par le désir de se venger des complots d’assassinat iraniens le visant personnellement depuis la mort du général Qassem Soleimani en 2020. Conforté par les récents succès de l’armée américaine au Venezuela et l’enlèvement du dirigeant Nicolas Maduro – aucune perte américaine n’a été à déplorer lors de cette opération, preuve supplémentaire selon lui de la puissance inégalée des forces américaines – son orgueil le pousse vers l’affrontement.
« Je pense que nous devons le faire »
Fin février, après avoir proposé en vain à Téhéran un approvisionnement gratuit en combustible nucléaire pour tester leurs véritables intentions, le gendre de Trump, Jared Kushner, confirme au président que les Iraniens refusent tout compromis rapide. Simultanément, une opportunité inespérée se présente aux Américains : les services de renseignement apprennent que l’ayatollah Khamenei doit participer à une rencontre à découvert, devenant une cible parfaite pour une frappe aérienne.
Le 26 février, la dernière réunion dans la « Situation Room » a des airs de fatalité. Autour de la table, plus personne ne tente d’appuyer sur le frein. J.D. Vance se résigne : « Vous savez que je pense que c’est une mauvaise idée, mais si vous voulez le faire, je vous soutiendrai. » Le directeur de la communication, Steven Cheung, prévient du désastre politique que représente cette volte-face belliciste, mais assure que, quelle que soit la décision prise par Donald Trump, ce sera « la bonne ». Quant à l’armée, le général Caine assure que si Donald Trump ordonne l’opération, l’armée l’exécutera.
« Je pense que nous devons le faire », tranche finalement Donald Trump. Le lendemain après-midi, depuis l’avion présidentiel Air Force One, l’ordre irrévocable est transmis à l’armée : « L’opération Epic Fury est approuvée. Pas d’annulation. Bonne chance. »
Source : www.nouvelobs.com
Conclusion : Notre rédaction reste attentive à l'évolution de cette actualité.

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