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L’armée israélienne a de nouveau appelé mercredi les habitants d’une vingtaine de villages du sud du Liban à évacuer, affirmant qu’elle y mènerait des opérations ciblant le Hezbollah pro-iranien. Les civils déplacés confient être « fatigués » et « terrifiés ».
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Un nouveau réveil en sursaut. L’armée israélienne a appelé mercredi 4 mars les habitants de 16 villes et villages du sud du Liban à évacuer, leur lançant dans un « avertissement urgent » avant des frappes contre les forces du Hezbollah libanais. « Pour votre sécurité, vous devez évacuer immédiatement vos maisons » et vous diriger vers des « zones ouvertes« , indique un communiqué du porte-parole arabophone de l’armée sur X. Quelques heures auparavant, l’armée israélienne avait annoncé avoir lancé des frappes contre des cibles du Hezbollah à Beyrouth cette fois, après avoir averti qu’elle poursuivrait sa campagne contre le groupe chiite soutenu par l’Iran.
Ces dernières heures, au sud de Beyrouth, la banlieue est presque entièrement vide. Des hommes du Hezbollah bloquaient certaines routes sous l’œil des drones israéliens et au milieu des frappes. Les habitants, eux, ont fui vers le nord. « Ce qui n’a pas changé depuis la dernière guerre, c’est que les gens arrivent en robe de chambre », témoigne le directeur d’une école publique qui a ouvert ses portes. « On reçoit ici des enfants qui pleurent, des femmes qui crient, des cas d’effondrement nerveux… En tout, nous avons à peu près 120 familles, soit environ 450 personnes », explique-t-il.
L’établissement est déjà plein : arrivés trop tard, certains habitants sont contraints de dormir dans leur voiture ou dans des lieux publics. Sur la plage de Ramlet al-Baida, plus à l’ouest, Bilal a emmitouflé ses enfants dans une couverture. « Lors de la dernière guerre, nous avions aussi atterri là », se rappelle-t-il.
Bilal est syrien, comme les autres hommes autour de lui. Un homme à sa droite évoque un plan pour fuir Beyrouth au plus vite. « On a une voiture. On monterait au nord, et de Tripoli vers la Syrie… » Bilal lui répond : « Je préfère attendre de voir comment les choses vont se passer. Ce n’est pas si simple de revenir en Syrie. Il faut avoir les moyens financiers. Il faut payer. Ça laisse peu de marge de manœuvre pour la suite. Le choix n’est pas facile. »
Depuis l’entrée du Liban dans l’escalade régionale, ces civils sont sans cesse sommés d’arbitrer entre des choix impossibles. Où aller ? Que préparer ? À quoi s’attendre ? Rita vient de la pleine de la Bekaa, elle aussi bombardée. Cette femme a pourtant l’âge d’avoir connu plusieurs guerres. « Pour ma part, je préférerais vraiment que le Hezbollah règle les choses de manière pacifique, afin que tout le monde ici puisse vivre de nouveau en sécurité, parce que les gens, vraiment, sont fatigués. Les enfants sont terrifiés par ces drones dans le ciel et les adultes aussi ont les nerfs à bout. » Et de conclure : « Ce n’est pas juste de replonger le Liban dans la guerre, c’est vraiment injuste. »

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