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“Mort d’une canaille” (Maariv, quotidien de droite israélien), “La plus grande guerre de Trump” (Blick, en Suisse), “Troisième guerre du Golfe” (le quotidien koweïtien Al-Rai), “Khamenei mort, le droit international enterré” (Tageszeitung, quotidien de gauche allemand), “Les ignobles assassins” (le quotidien islamo-nationaliste Yeni Safak, en Turquie), “Le guide suprême est mort. Pour la suite, il n’y a pas de plan” (NRC, Pays-Bas)…
Depuis samedi 28 février, le monde entier a à nouveau les yeux rivés sur le Moyen-Orient après les frappes lancées conjointement par les États-Unis et Israël contre l’Iran qui ont provoqué, dès le premier jour, la mort d’Ali Khamenei. Et si les titres de la presse étrangère peuvent varier d’un pays à l’autre, passé la surprise des attaques, les mêmes questions reviennent un peu partout.
Pourquoi Donald Trump s’est-il lancé dans cette guerre, sans prévenir personne et surtout pas le Congrès américain ? Quels sont ses objectifs ? Y en a-t-il seulement ? Que représente la disparition d’Ali Khamenei en Iran ? La mort du guide suprême, aussi puissant fût-il, sonne-t-elle le glas du régime ? La riposte iranienne a-t-elle été sous-évaluée ? Risque-t-on un embrasement régional ? C’est à toutes ces questions que nous tentons de répondre dans notre dossier cette semaine.
“Pendant sa campagne présidentielle de 2024, Donald Trump a promis aux électeurs qu’il mettrait fin aux guerres – et qu’il n’en commencerait pas. Or, au cours de l’année 2025, il a ordonné des frappes militaires dans sept pays”, s’insurgeait The New York Times dans un éditorial au vitriol publié le premier jour des frappes. Le quotidien y dénonçait “l’irresponsable légèreté” avec laquelle Donald Trump se lançait dans la guerre.
Moins virulent mais tout aussi sceptique, The Economist ne cache pas non plus ses craintes quant aux buts de cette guerre. “Nous entrons dans un nouveau monde, où Trump a renoncé à défendre les valeurs de l’Amérique au profit de l’accumulation de sa puissance. Un monde violent où il est permis de briser un pays, quelles qu’en soient les conséquences, du moment que ses dirigeants comprennent qu’ils doivent se soumettre à la force américaine”, écrit l’hebdomadaire. Mais il ne suffit pas de vouloir imposer “la paix par la force” pour y parvenir.
Le pari de Trump et Nétanyahou se heurte à beaucoup trop d’inconnues. À commencer par l’idée qu’il suffirait de bombarder un pays pour provoquer un changement de régime. L’histoire récente a montré tout le contraire. “Le régime a été décapité dès le début, mais, malgré ce succès époustouflant, il est fort probable que Trump n’obtienne pas ce qu’il veut”, avance encore The Economist. Mais que veut-il au juste ? Depuis le début des attaques, le président a soigneusement évité les journalistes, annoncé le lancement des opérations sur son réseau Truth Social, promis une guerre de quatre à cinq semaines ou plus longue, évoqué l’envoi de troupes au sol…
Autant d’approximations qui traduisent un réel degré d’impréparation quant aux conséquences de telles frappes sur l’Iran. À commencer par l’ampleur de la riposte iranienne. Des tirs de missiles sur Israël et les pays du Golfe jusqu’au blocage du détroit d’Ormuz (avec des conséquences majeures sur l’économie mondiale), les Iraniens semblent déterminés à embraser la région et à entraîner leurs proxys dans cet engrenage. Au Liban, le Hezbollah n’a pas tardé à reprendre les hostilités, déclenchant une riposte féroce et meurtrière d’Israël. Jusqu’où cela peut-il aller ?
“Cette guerre est probablement le point d’orgue de la reconfiguration régionale à l’œuvre depuis le 7 Octobre, qui a provoqué une série de séismes menant à l’effondrement de l’autoproclamé ‘axe de la résistance’”, écrit Anthony Samrani dans L’Orient-Le Jour, dans un texte tout en nuances. “La guerre en Iran, dit-il, nous met face à nos contradictions. Car si elle nous fait basculer dans un monde où le plus fort peut tout se permettre, elle reste la moins mauvaise des options face au régime sanguinaire des mollahs.”
Le portrait sans concessions du guide suprême, décrit dans The Atlantic par Karim Sadjadpour comme “l’ultime gardien d’une révolution fantôme”, semble lui faire écho. “La disparition de Khamenei sous les bombes d’un pays dont il ne voulait rien tant que la mort marque un tournant dans l’histoire d’une révolution datant aujourd’hui de quarante-sept ans.” Reste à savoir ce qui viendra après.
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