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17 avril 2026TVA, matière première, marges des distributeurs… Comment se décomposent les prix des carburants à la pompe ? – franceinfo
Analyse : L’équipe éditoriale a relevé les éléments importants à connaître.
Voici notre analyse rapide sur « TVA, matière première, marges des distributeurs… Comment se décomposent les prix des carburants à la pompe ? – franceinfo ».
Les faits essentiels
Publié
Temps de lecture : 7min
Alors que le gouvernement envisage d’encadrer les marges des distributeurs, franceinfo a décortiqué les prix à la pompe pour comprendre les envolées actuelles.
Le tarif d’un plein d’essence ou de gazole est passé à la loupe quotidiennement ces dernières semaines. Alors que les prix des carburants sont au plus haut depuis le début du conflit au Moyen-Orient, fin février, le gouvernement a annoncé, mardi 14 avril, envisager d’encadrer les marges des distributeurs sur les prix des carburants pour tenter de limiter les dégâts. Dans un même temps, l’exécutif refuse l’idée d’un blocage des prix.
Chaque acteur de la filière appelle à rogner sur les marges de son voisin ou demande à l’Etat de diminuer ses taxes. En se plongeant dans les données de l’Union française des industries pétrolières (Ufip), franceinfo détaille, point par point, la composition des prix du gazole et du SP95-E10, de l’acquisition du pétrole jusqu’à son acheminement dans les stations-service, en passant par son raffinage.
1 Le coût du pétrole, en forte hausse depuis le début de la guerre
C’est le premier poste, de loin le plus important. Le poids de la production de la matière première dans le prix à la pompe est en forte augmentation depuis le début de la guerre en Iran. Il représentait 26,8% du prix total du SP95-E10 à la veille du conflit (27 février), d’après les données de l’Ufip. Aujourd’hui, ce taux atteint 35%. Pour le gazole, il est passé de 31,1% à 45,2%.
Cette catégorie inclut le coût de l’extraction du pétrole et de son exploitation, mais aussi la marge des raffineurs. Or, cette dernière est en hausse depuis le début de la guerre : la marge brute de raffinage sur le Brent s’élevait ainsi à 192,68 euros par tonne en moyenne la semaine du 20 mars, contre 36,66 euros en début d’année (et donc avant la guerre), a fait savoir le gouvernement à BFMTV. Le ministre de l’Economie, Roland Lescure, a ainsi annoncé, début avril, avoir écrit à la Commission européenne pour lui demander d’enquêter sur ces marges des raffineries en Europe et de s’assurer qu’il n’y ait « pas d’abus ».
Mais cette hausse de la part du coût de la matière première sur les prix à la pompe s’explique avant tout par l’envolée des cours du baril de pétrole depuis les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz et les attaques sur les infrastructures stratégiques du Moyen-Orient. Le cours du Brent (qui sert de référence en Europe et au Moyen-Orient) a flambé, dépassant à plusieurs reprises les 100 dollars le baril ces dernières semaines.
2 Le coût du transport et de la distribution, que le gouvernement veut réduire
Le transport, le stockage et la distribution des carburants jusqu’aux stations-service représentent aussi une part importante des prix à la pompe : 11,8% pour le gazole et 14,3% pour le SP95-E10, selon l’Ufip sur les relevés du 10 avril. Cela correspond à la marge des distributeurs, à laquelle s’ajoutent les certificats d’économie d’énergie (CEE) qu’ils doivent payer et qu’ils répercutent sur les prix. Le 10 avril, la part des distributeurs sur les prix à la pompe était ainsi de 27 centimes sur le litre de gazole, 28 centimes pour le SP95-E10. Pour avoir une vision plus précise de la marge des distributeurs, il faut alors soustraire la somme d’environ 16 centimes de CEE le litre dont ils doivent s’acquitter. Pressé par les automobilistes d’agir contre la hausse des prix, le gouvernement a fait savoir mardi qu’il envisageait de plafonner les marges des distributeurs.
« On applique une marge qui est tout à fait raisonnable », se défend sur franceinfo Francis Pousse, président national de la branche Distributeurs Carburants et Energies nouvelles chez Mobillians. Dans le contexte de la hausse des prix, les distributeurs appellent plutôt à suspendre « temporairement » les CEE, mais la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a écarté cette piste. Les CEE « servent à financer la transition énergétique avec des choses extrêmement concrètes pour nos concitoyens comme le leasing social ». Y toucher « reviendrait à abandonner ce qui nous protégera de la prochaine crise ».
3 La TVA sur les carburants, que le gouvernement refuse de raboter
Autre composante importante du prix à la pompe : la TVA de 20% appliquée sur les carburants en France métropolitaine (hors Corse). Cette TVA est calculée sur le prix global des carburants. Donc plus ils sont chers, plus les prélèvements sont élevés.
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le poids de cette TVA a grossi d’1,2 point pour le SP95-E10 et de 2 points pour le gazole, pour peser respectivement 10% et 11,4% dans les prix à la pompe. Cela représente des rentrées d’argent supplémentaires pour l’Etat : le ministre délégué aux Comptes publics, David Amiel, a fait savoir que « le supplément de recettes s’él[evait] à 120 millions en mars 2026 par rapport à mars 2025″, tout en rappelant que « le coût de la crise se compte en milliards d’euros » pour les finances publiques.
Invité du JT de 20H de France 2, mercredi, le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a réclamé une baisse de cette TVA en la passant « à 5% ». Le gouvernement s’y refuse et estime que l’hypothèse d’une baisse de la TVA à 5,5% sur l’ensemble des produits énergétiques (électricité, gaz, carburants et fioul) coûterait « 17 milliards » à l’Etat.
4 Les droits d’accise (anciennement TICPE), invariables
C’est l’autre fraction qui pèse le plus sur le prix final. Les droits d’accise sur les produits pétroliers (anciennement TICPE, c’est-à-dire taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques en France), sont un impôt indirect fixe, car inscrit dans la loi de finances chaque année. On retrouve notamment, parmi les droits d’accise, la « composante carbone », aussi appelée « taxe carbone ».
Les droits d’accise sont à régler par les professionnels gérant la production, l’importation ou le stockage, rappelle le ministère de l’Economie. Leurs valeurs sont ensuite répercutées sur le prix du carburant. Ils représentent entre 26% (pour le gazole) et près de 34% (pour le SP95-E10) du prix final au 10 avril. Cette taxe reste la même par litre, peu importe la hausse des prix, car elle « dépend du volume de carburant consommé et non du prix du pétrole », rappelle Bercy.
5 La TVA sur les droits d’accise, la plus faible part
La dernière part du prix de l’essence, également la plus faible, correspond à la TVA de 20% appliquée sur les droits d’accise (ex-TICPE). Elle représente de 5,3% (gazole) à 6,7% (SP95-E10) du prix à la pompe au 10 avril. En 2018, elle avait été vivement dénoncée par le mouvement des « gilets jaunes », qui y voyaient une « double taxe ». La hausse des prix des carburants n’ayant pas de répercussions sur les droits d’accise, elle n’en a pas non plus sur cette TVA.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Un suivi attentif permettra de compléter notre point de vue.

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