Municipales à Narbonne : à Saint-Jean-Saint-Pierre, ce quartier « sympathique » qui devient « un petit Chicago » la nuit tombée
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L'équipe propose un aperçu synthétique de « Municipales à Narbonne : à Saint-Jean-Saint-Pierre, ce quartier « sympathique » qui devient « un petit Chicago » la nuit tombée ».
Les faits essentiels
Tous les lundis jusqu’au premier tour de l’élection municipale à Narbonne, les journalistes de la rédaction de L’Indépendant partent à la rencontre des habitants des quartiers. Cette semaine, rendez-vous avec Noam et sa famille qui vivent à Saint-Jean-Saint-Pierre depuis plus de quarante ans. Il n’a que 21 ans, mais il témoigne d’une forme de basculement, semble-t-il inexorable, de la cité qui l’a vu grandir. Sympa le jour, petit Chicago la nuit. C’est ainsi qu’il décrit son cadre de vie, le quotidien de ses proches et des riverains.
Noam a 21 ans. Il a un boulot, comme agent assermenté de sécurité. Il a fait ses premiers pas dans le quartier Saint-Jean Saint-Pierre à Narbonne. Et au fil du temps, il voit les conditions de vie s’y dégrader et les trafics, gros et petits, s’y développer. Alors que la rédaction de L’Indépendant parcourt tous les quartiers de Narbonne à la rencontre des habitants avant le premier tour des élections municipales, voici le témoignage de Noam sur le devenir de son quartier.
« Il se passe des choses de plus en plus souvent. Hier soir encore, des coups de feu ont retenti. Ça prend de l’importance ces derniers temps. Ça ressemble à des règlements de comptes ou à des intimidations. Je pense que c’est lié au trafic de drogue », dit-il.
Les parcs de jeu ne sont pas assez entretenus et sont squattés par les caïds du quartier le soir et la nuit. Independant – PHILIPPE LEBLANC
Docteur Jean et Mister Pierre, un quartier aux deux visages
Selon lui, le quartier et ses abords ont deux visages. Celui du jour, et celui de la nuit tombée. « En journée, on se sent parfaitement en sécurité, le quartier est sympathique. Nous avons tous les commerces à proximité, y compris la pharmacie, le bureau de tabac, le marché hebdomadaire, un hypermarché, l’école, une maison des services. Et même des médecins, même si un de plus serait utile à la population. Le quartier est plutôt agréable à vivre. On ne craint pas pour nos enfants, si ce n’est eu égard à la vitesse de certaines voitures qui traversent le secteur. On ne ressent pas une insécurité réelle en journée. Une fois de plus, c’est la nuit que tout dégénère », explique Noam.
Récemment, il a été témoin et victime d’un double incendie allumé dans les couloirs de son immeuble. Sans son intervention, les conséquences auraient pu être gravissimes. « On rentre dans les logements et les immeubles HLM comme dans un moulin et il n’y a aucune sécurité. Récemment, un feu a prouvé qu’il n’y avait pas de sécurité incendie ou de moyens d’éteindre le sinistre immédiatement disponible dans l’immeuble. J’ai eu la chance de disposer moi-même d’un extincteur. C’est une (bonne) déformation professionnelle d’en posséder un, je suis agent de sécurité, et j’ai maîtrisé un incendie naissant dans un couloir devant ma porte », dit-il.
Un maire qui se fasse entendre auprès des HLM
Lors de notre entretien, le jeune homme s’est voulu être le porte-parole de celles et ceux qui se taisent. Par timidité. Ou par crainte. Qu’attendent-ils, alors, du prochain maire de Narbonne, les riverains de Saint-Jean Saint-Pierre ? « Même si ce n’est pas du ressort de la mairie ou du maire, ils peuvent tout de même, avoir une audience auprès des bailleurs sociaux pour que des systèmes anti-incendie et des vidéosurveillances et des portiers dignes de ce nom soient installés, ils ont quand même un poids dans les discussions ! Et pour la voie publique, c’est leur pleine compétence, les caméras », dit-il.
Avec le recul, je me dis que ce qu’il se passait ici il y a encore dix ans, ce n’était que du pipi de chat par rapport à ce que l’on vit actuellement
Un quartier bien pourvu en commerces, services où il « fait bon vivre ». Le jour. Independant – PHILIPPE LEBLANC
La culture des « grands frères »
Concernant la vie de quartier, il existe une association qui s’appelle l’association Nelson Mandela, qui vient en aide aux personnes qui sont en demande d’aide pour l’administratif, pour des recherches d’emploi. Mais cela ne suffit évidemment pas. « Il faudrait un suivi plus actif ». « Pour ma part, je joue un peu et modestement plusieurs rôles, celui de voisin vigilant, bien sûr, et aussi de « grand frère ». Je ne m’impose pas comme un exemple. Mais j’explique aux gamins, quand je vois qu’ils déraillent un peu, et même si je leur prends la tête 20 minutes, j’espère leur faire prendre conscience qu’il y a d’autres chemins à suivre que celui des petits caïds du quartier. Et si je me cite un exemple, c’est parce que moi-même, j’ai suivi une formation d’agent de sécurité qui m’a appris à imposer des règles que j’applique au quotidien. C’est une école de la vie, c’est une école du respect, de la prudence et de la loi », souligne-t-il.
À la question : « la municipalité manifeste-t-elle un intérêt pour le quartier et le quotidien de ceux qui y vivent ? ». Il répond : « après l’incendie dans l’immeuble, un seul candidat s’est déplacé pour constater les dégâts et nous écouter ».
La circulation automobile et les vitesses excessives sont sources de désagréments selon les habitants du quartier. Independant – PHILIPPE LEBLANC
La circulation automobile et les vitesses excessives sont sources de désagréments selon les habitants du quartier. Independant – PHILIPPE LEBLANC
Avenue de Bordeaux : circulez, il n’y a pas grand-chose à voir…
L’avenue de Bordeaux qui s’étend du pont SNCF jusqu’au rond-point de la RD6113 est un quartier on ne peut plus calme. Hormis quelques conséquences, parfois, de la vie nocturne de Saint-Jean Saint-Pierre.
C’est son rituel du matin : Eliane promène ses deux chiens le long de l’avenue de Bordeaux. « C’est rare que je croise du monde et c’est tant mieux, parce que mon Loulou en vieillissant devient agressif », dit-elle. Elle vit dans le quartier depuis le début des années 80. « Dites-le bien, j’y tiens, c’est grâce à Mitterrand si on a pu avoir notre propre maison », insiste la petite dame qui n’avoue ses 77 ans que sous la torture. Ce quartier, son mari et elle, l’ont choisi. « Franchement, on vit tranquille. Bon, parfois, c’est vrai que les bêtises de Saint-Jean-Saint-Pierre débordent un peu. Mais cela ne nous empêche pas de dormir. Non, par contre, je trouve que certains roulent vraiment trop vite sur l’avenue. J’avais écrit à M. Mouly à l’époque. Et même, je lui suggérais de faire des chicanes comme chez ma fille à Montredon. Ça ne fait pas de bruit, ça n’abîme pas les voitures et ça oblige à ralentir », dit-elle.
La Campane, « c’est le top »
Un peu de patience plus tard, nous croisons Mireille qui part faire « sa marche » à la Campane. Elle est locataire dans un HLM en bordure de l’avenue. « Franchement, comme dirait ma petite fille c’est « top » d’avoir ça à côté. Je préférerais m’y rendre à pied, mais il faut faire un grand détour ou braver le danger de la route. Avec le mauvais temps, je n’y suis pas allée pendant plusieurs jours. J’espère qu’on peut s’y promener », confie-t-elle. Des soucis ? « Non, aucun avec le quartier. C’est plutôt avec mon logement que j’en ai. Mais la mairie m’envoie bouler à chaque fois et m’explique qu’il faut voir avec le bailleur et qu’elle ne peut rien faire », dit-elle.
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