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16 mars 2026Municipales à Alès : « Je les remercie pour ce geste républicain », retour sur ce jour où la gauche jette l’éponge pour faire barrage au candidat RN
Après le premier tour de scrutin des élections municipales à Alès, dans le Gard, les tractations débouchent sur le retrait de trois listes. On vous explique tout ce qu’il s’est passé entre la nuit et la fin de journée de ce lundi 16 mars…
Une journée riche en rebondissements. Et dont la conclusion se révèle historique ! Quel que soit le résultat du second tour de scrutin du dimanche 15 mars, à Alès, ancienne cité minière dont le maire a été de gauche de la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu’en 1995, avant l’arrivée de Max Roustan qui la fera basculer à droite, le prochain conseil municipal ne comptera aucun élu issu d’une liste de gauche. Car ce lundi 16 mars restera le jour où un front républicain s’est créé au lendemain d’une percée inédite du Rassemblement national. Pour mémoire, la liste « Rassemblés pour Alès », portée par Anthony Bordarier, s’est classée deuxième de l’élection municipale, avec 26,44 %, derrière Christophe Rivenq, le maire sortant, aussi fils spirituel de Max Roustan qui lui a passé le flambeau l’an dernier, et ses colistiers d’“Alès” qui ont récolté 32,61 %.
La consigne de Basile Imbert
Après une longue nuit d’échanges dans son QG du Bar de l’Industrie et au Prolé, « où nous n’avons que des camarades », le socialiste Basile Imbert, dont la liste « Alès commun » a culminé à 10,79 %, est le premier à s’exprimer en début d’après-midi. « Nous avons pris la décision de retirer notre candidature et de ne pas être candidats. Et les communistes feront de même ! » Il décrit alors le premier magistrat actuel, « gaulliste social », comme « un adversaire respectable et républicain, et très capable dans sa tâche ». Cela, en l’opposant à Anthony Bordarier, « quelqu’un qui n’est pas d’ici, qui a inventé un programme mercredi pour dimanche », un « candidat lepéniste que nous combattons ». Dans l’instant suivant, Basile Imbert se montre on ne peut plus clair : « J’appelle tous les gens qui ont voté pour nous à voter pour Christophe Rivenq. Et je le ferai, sans problème aucun ! »
Chez Paul Planque, on vote
Alors que le jeune socialiste annonçait qu’une décision était déjà prise chez Paul Planque, dont la liste a récolté 15,06 %, la fumée blanche n’est finalement sortie qu’à 20 heures, à l’issue d’une assemblée générale du collectif « Alès, c’est Vous ! ». Le conseiller municipal d’opposition sortant n’apprécie guère que Basile Imbert ait parlé prématurément au nom de son groupe. Après un après-midi « compliqué », le leader communiste souligne que la décision finale est celle « du collectif entier », qu’elle a été prise à l’issue d’un vote qui lui fait dire : « Nous avons décidé de retirer notre liste pour le second tour. » L’urne d’ »Alès, c’est Vous ! » a en effet parlé : 45 voix pour le retrait, 14 pour le maintien et neuf abstentions. « La seule motivation est que nous avons la volonté de faire barrage au Rassemblement national. Il y a un risque certain sur notre ville », déclare Paul Planque. « La peste brune s’étend et nous n’en voulons pas. » Et, concernant une éventuelle consigne de vote, le message est simple : « Nous appelons à faire barrage au RN. Les électeurs sont libres de leurs votes. » Fermez le ban !
« C’est honorable. » Christophe Rivenq « les remercie pour ce geste républicain ». Mais il s’empresse de préciser qu’il n’a « rien demandé à personne » et met tout de suite les points sur les « i » : « Je réaffirme que ma liste du second tour sera la même qu’au premier tour. On gagnera avec cette liste-là. » Il le redira jeudi 19 mars, lors d’une réunion publique organisée, dès 19 heures, à Lou Regain, boulevard Gambetta.
Anthony Bordarier est en ordre de marche
En tout cas, la gauche alésienne prévient le maire sortant. Après avoir évoqué son « repli stratégique », Basile Imbert « espère seulement que la droite n’oubliera pas ». N’oubliera pas à qui elle devra « l’élection de Christophe Rivenq s’il est élu ». Et d’appeler une gauche unie à travailler ensemble ces prochaines années. Paul Planque aussi parle de l’avenir : « Les combats vont continuer. »
Du côté du Rassemblement national, le silence semble d’or en ce lendemain de premier tour (*). Pour autant, à la lecture des messages qu’il diffuse sur ses réseaux sociaux, le candidat Anthony Bordarier cultive la dynamique de son bon résultat de dimanche : « Avec 26,44 % des voix, nous sommes aujourd’hui la seule liste en mesure de battre le maire sortant ; j’appelle donc tous les électeurs des listes suivantes à voter utile. » Le leader de « Rassemblés pour Alès » entre, écrit-il, dans une nouvelle phase de sa campagne, « toute la semaine », et annonce la tenue d’une réunion publique ce mercredi 18 mars, à 18 heures, à l’espace Cazot, après une conférence de presse prévue en milieu de matinée.
La décision « mûrement réfléchie » de Marc Infantes
Alors qu’il se murmure que des échanges ont lieu entre la tête de liste d’ »Alès, moderne et authentique » et le RN, en fin de matinée de ce lundi 16 mars, Marc Infantes se contente alors de dire qu’il s’agit d’une « journée de tractations. Avec qui, je vous le dirai après… » Lui qui assure « rencontrer du monde » envisage de tenir une conférence de presse ce mardi matin. D’ici-là, il dit : « Soit on se retire, soit on fait une fusion. Je n’ai pris aucune décision. » Finalement, sa décision, « prise avec (ses) colistiers », tombe en début de soirée : « Je retire ma liste de cette élection et je ne donne aucune consigne de vote. Chacun votera selon ses convictions et en son âme et conscience. »
Pour autant, Marc Infantes, qui pense que seul, ou avec un colistier, il serait inutile dans l’opposition, prévient que « nous n’avons pas dit notre dernier mot. On va continuer de se battre pour Alès et les Alésiens. » Notamment via l’association qu’il préside, « Agir pour Alès et son agglomération ». La mine triste, l’ancien gendarme assume son choix « mûrement réfléchi ». Il conclut : « Mieux vaut partir avec un esprit chevaleresque qu’avec un esprit revanchard qui ne vaut rien. »
Mais de fusion, Anthony Bordarier en a-t-il besoin ? Les électeurs de Marc Infantes, que la majorité sortante qualifiait d’ »anti-Rivenq », ne seraient-ils pas tentés d’opter pour le RN, juste dans l’intention de « voter utile » pour faire barrage à Christophe Rivenq ? Au-delà de telles hypothèses, le feu candidat Infantes classé divers droite pèse, rappelons-le, 13,62 %. Dimanche 22 mars, la question sera bel et bien de savoir si le front républicain fonctionnera, et de savoir où partiront les suffrages de ceux qui viennent de jeter l’éponge.
Source : www.midilibre.fr

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