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18 mars 2026
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18 mars 2026Prises dans une guerre qu’elles n’ont pas choisie, les monarchies du Golfe se retrouvent aujourd’hui en première ligne, entre un allié américain dont elles accueillent les bases militaires et un voisin iranien qui les prend pour cibles. En quelques jours, les certitudes stratégiques accumulées depuis des décennies ont vacillé face aux limites des systèmes de défense et à la fragilité des garanties de sécurité. Les monarchies du Golfe doivent-elles repenser en profondeur leur stratégie de défense, leurs alliances et leur place dans l’équilibre du Moyen-Orient ?
Une région sous tension, prise entre alliances et menaces
La péninsule arabique, organisée autour des six monarchies du golfe réunies au sein du Conseil de coopération du golfe, s’est historiquement construite face à des menaces régionales. Mais les récents événements ont profondément déstabilisé cet équilibre : « les certitudes stratégiques accumulées depuis des décennies ont vacillé « , révélant à la fois la vulnérabilité des dispositifs de défense et la fragilité des garanties de sécurité, notamment américaines.
La situation actuelle place ces États dans une position délicate, entre un allié américain moins fiable, un voisin iranien hostile et une puissance israélienne perçue comme déstabilisatrice. Les frappes ont parfois dépassé les cibles militaires pour toucher des intérêts civils, notamment aux Émirats arabes unis, sanctionnés pour « avoir maintenu et même renforcer ce partenariat sécuritaire » avec Israël dans le cadre des Accords d’Abraham et tout au long « de la guerre de Gaza ».
Entre recompositions stratégiques et risques de chaos
Face à ces tensions, certaines puissances régionales tentent de jouer l’équilibre plutôt que la domination. L’Arabie Saoudite, notamment, privilégie une stratégie de désescalade et de coopération, multipliant les rapprochements – y compris avec l’Iran sous médiation chinoise afin de « contrebalancer justement l’hégémonie israélienne (…) pour essayer justement de maintenir un certain équilibre régional ». Dans cette logique, un triangle d’influences entre Israël, la Turquie et Riyad pourrait émerger, sans pour autant déboucher sur une hégémonie claire.
Mais le scénario le plus redouté reste celui d’un effondrement de l’Iran. Les stratégies de déstabilisation, notamment via des assassinats ciblés, risquent d’entraîner une radicalisation interne – en particulier des Gardiens de la Révolution et des milices comme les Basij – et, à terme, un possible chaos. Or, pour les monarchies du Golfe,« un régime affaibli mais stable vaut mieux qu’un chaos total », qui pourrait provoquer guerre civile et insécurité généralisée. Dans ce contexte incertain, certains États diversifient déjà leurs alliances, à l’image du rapprochement avec le Pakistan, signal d’un désengagement relatif vis-à-vis de la protection américaine.
Source : www.radiofrance.fr

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