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Un regard éditorial sur « Pourquoi le Japon a-t-il fait de la mort un rituel ? » pour mieux comprendre l'article.
Points clés à connaître
« L’image de l’autre monde » est le premier des cinq épisodes de la série Les Chemins de la connaissance, La tradition japonaise et la mort volontaire, diffusée sur France Culture le 26 novembre 1984. Claude Mettra y reçoit Maurice Pinguet, anthropologue et écrivain, spécialiste du Japon, pour un entretien qui remonte aux sources spirituelles les plus anciennes de la civilisation japonaise pour éclairer l’une de ses pratiques les plus énigmatiques : la mort volontaire.
La civilisation de l’immanence
À rebours des idées reçues, c’est par une célébration de la vie que commence le voyage de Maurice Pinguet, auteur d’un ouvrage de référence sur la mort volontaire au Japon (paru la même année, chez Gallimard). L’anthropologue pose un diagnostic culturel profond : la civilisation japonaise est, dans son essence même, une civilisation de l’immanence. Là où l’Occident a construit pendant des siècles sa vision du monde sur la transcendance, un principe divin supérieur, un au-delà qui dévalue le monde sensible, le Japon n’a jamais cessé de faire de l’existence terrestre la valeur centrale.
La mort volontaire dans la tradition japonaise
Maurice Pinguet compare le geste de Caton d’Utique, homme politique romain qui veut assumer sa liberté en choisissant le moment et le lieu de sa mort, à celui des guerriers japonais vaincus, qui trouvent dans la mort volontaire la dernière issue. Alors que Caton doit surmonter une résistance philosophique issue du platonisme et une résistance immédiate de ses proches, il y a dans la tradition japonaise un rituel, une tradition qui soutiennt le guerrier dans le sacrifice de sa vie.
Le shintoïsme, religion de la nature et de la vie
Le shintoïsme ne laisse pourtant rien présager d’une telle pratique. Religion primitive du Japon, le shinto vénère les kami, forces de la nature, la pluie, le vent, la montagne, la mer, auxquelles on prête une forme d’esprit. Face à la mort, l’attitude est celle d’une horreur naïve et spontanée : les rites funéraires se résument à purifier les vivants après le contact avec le défunt, tandis que les morts, devenus automatiquement des esprits, sont apaisés par la danse et la musique, non par le deuil. C’est précisément ce paradoxe, celui d’une civilisation profondément attachée à la vie, et pourtant capable d’ériger la mort choisie en geste rituel et codifié, que Maurice Pinguet entreprend de dénouer dans les épisodes suivants.
- Production : Claude Mettra
- Avec Maurice Pinguet (écrivain, chercheur, anthropologue)
- Les chemins de la connaissance – La tradition japonaise et la mort volontaire 1/5 : L’image de l’autre monde (26/11/1984)
- Edition web : Caroline Chaussé-Domergue, Documentation de Radio France
- Archive Ina-Radio France
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Notre équipe continuera à suivre l'évolution de cette actualité.

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