
Dembele à hauteur de Weah, Ramos mieux que Mbappé
4 avril 2026/2026/04/04/69d0a465727cd964882225.jpg?w=150&resize=150,150&ssl=1)
l’armée israélienne a de nouveau bombardé la banlieue sud de Beyrouth – franceinfo
4 avril 2026Analyse : L'équipe partage son regard sur les points principaux de cette information.
Un regard de nos journalistes sur l'article « « Sur CNews et ailleurs, le racisme ne se cache plus, il délégitime la République » ».
Ce qu’il faut observer
BERTRAND GUAY / AFP
Olivier Faure dénonce le racisme qui vise Bally Bagayoko depuis son élection comme maire de Saint-Denis, il appelle l’Arcom à réagir.
Il faut cesser de parler de « dérapage ». Ce qui a été dit sur CNews à propos du maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, n’est ni une maladresse ni un excès de langage. C’est une parole raciste assumée. Comparer un élu de la République à un « singe », évoquer une « tribu primitive », convoquer un imaginaire colonial en pleine émission : ce n’est pas un accident, c’est une mise en scène. Et cette mise en scène a une fonction politique : délégitimer par un discours raciste.
On ne critique pas Bally Bagayoko pour ses décisions. On le renvoie à sa couleur de peau. On peut ne pas être d’accord avec la politique du maire de Saint-Denis. On ne peut pas l’exprimer à coups de propos racistes qui tombent sous le coup de la loi. Mais il y a plus encore : à travers lui, c’est son élection que l’on conteste, comme s’il ne pouvait pas, par nature, être légitime à exercer cette fonction, comme si le suffrage universel lui-même pouvait être relativisé. Le message est limpide : certains Français seraient moins légitimes que d’autres à exercer des responsabilités.
Ce n’est pas seulement un homme que l’on vise. C’est une promesse républicaine que l’on attaque. Et le plus inquiétant est peut-être ailleurs : sur le plateau, ces propos n’ont suscité aucune réaction — ni contradiction, ni recadrage, ni rappel à l’ordre. Après coup, aucune excuse claire ; pire, une tendance à relativiser, à diluer le racisme dans la mécanique des « polémiques ». Ce silence valide. Il autorise. Il installe l’idée que ces mots peuvent être prononcés sans conséquence. Il légitime le racisme.
Car il faut regarder les faits en face : ce n’est pas la première fois. CNews a déjà été sanctionnée à de multiples reprises pour des propos discriminatoires, sans que cela ne semble infléchir les pratiques. Quand les mêmes causes produisent les mêmes effets, ce n’est plus un accident, c’est une mécanique. Le racisme ne se cache plus : il s’expose, se répète, s’installe, testant en permanence les limites de ce qui peut être dit sans être réellement sanctionné.
Le danger est là. À force de répétition, l’inacceptable devient ordinaire ; à force de banalisation, la frontière recule. Une société ne bascule pas en un jour : elle s’habitue. Il ne suffira pas de dire que l’on est « choqué ». Il faut être clair : ce qui s’est passé est du racisme, et il engage des responsabilités. Tous les élus, tous les démocrates doivent faire bloc, sans ambiguïté.
Mais il faut aussi en tirer les conséquences. L’Arcom ne peut pas rester spectatrice. Quand de tels propos sont tenus à l’antenne, sans contradiction, puis minimisés, il ne s’agit pas d’une faute isolée, mais d’un manquement grave aux obligations qui encadrent l’audiovisuel. Sans sanction à la hauteur, ces séquences se répéteront. Et à force de répétition, ce n’est pas seulement une personne que l’on attaque : c’est la frontière de l’acceptable que l’on efface.
Oui, les dérapages racistes se multiplient. Oui, ils s’installent dans le débat public. Alors il faut les nommer pour ce qu’ils sont et refuser de s’y habituer. Parce que le racisme n’est jamais un détail. Et qu’à chaque fois qu’il progresse, c’est la République qui recule — et la démocratie qui s’affaiblit.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Nous restons attentifs aux développements futurs de cette actualité.

9999999
