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17 avril 2026Analyse : L’équipe éditoriale a repéré les points les plus pertinents.
Notre équipe propose une synthèse des informations de « Comment Donald Trump et sa guerre poussent le Royaume-Uni à se rapprocher de l’Europe ».
À retenir absolument
Ne pas froisser son allié américain, tout en conservant ses liens avec l’Europe… Le Royaume-Uni joue tant bien que mal les équilibristes. Depuis le retour au pouvoir du versatile Donald Trump, Londres semble se détacher des États-Unis au profit du Vieux Continent, plus de cinq ans après le Brexit. Un rapprochement particulièrement visible ce vendredi 17 avril, alors que la France et le Royaume-Uni co-président une réunion en vue d’une mission pour « restaurer la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz ».
La « relation spéciale » entre le Royaume-Uni et les États-Unis, telle que Winston Churchill l’avait qualifiée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, est mise à rude épreuve. Un lien de plus en plus fragilisé entre les deux alliés historiques, « surtout depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche », constate auprès de BFM Joséphine Staron, analyste en géopolitique.
« On observe une incompatibilité politique entre le président américain et le Premier ministre britannique, Keir Starmer« , note-t-elle. « Même si la relation se maintient entre le Royaume-Uni et les États-Unis, cela devient de plus en plus compliqué pour Starmer de soutenir Trump ».
Membre du Parti travailliste, qui avait soutenu la campagne de Kamala Harris lors de la dernière présidentielle, le chef du gouvernement britannique, en place depuis juillet 2024, ne partage aucunement les idées conservatrices du dirigeant américain. Et vice-versa. « La relation entre les deux hommes est difficile, et on ne voit pas comment elle pourrait s’améliorer », ajoute Joséphine Staron.
L’approche prudente de Keir Starmer en Iran
Dernièrement, l’offensive américano-israélienne sur l’Iran n’a pas eu pour effet de raviver la flamme entre Londres et Washington, bien au contraire. Une nouvelle fois, « Keir Starmer s’est complètement désolidarisé de Donald Trump, notamment car son électorat national n’est pas favorable à la guerre et encore moins à l’idéologie trumpiste », pointe l’analyste en géopolitique.
Le président républicain a d’ailleurs vivement critiqué la position britannique s’agissant de ce conflit, après que le Royaume-Uni a dans un premier temps refusé l’utilisation par l’armée américaine d’une de ses bases située dans l’océan Indien. Si Londres a finalement accepté, Donald Trump a reproché au Royaume-Uni d’avoir mis « beaucoup trop de temps » à céder l’autorisation.
Une approche prudente de la part de Keir Starmer, tiraillé par la volonté de préserver cette « relation spéciale » avec les États-Unis, et la responsabilité de ne pas engager son pays dans le conflit. Car beaucoup gardent en mémoire l’intervention américaine en Irak en 2003, soutenue par le Royaume-Uni. Une décision impopulaire outre-Manche. Près de 180 soldats britanniques avaient péri, tout comme des centaines de milliers de civils irakiens.
Face à Trump, un nouveau rapprochement entre le Royaume-Uni et l’Europe
En se détournant peu à peu du pays de l’Oncle Sam, le Royaume-Uni fait la part belle à l’Europe. « Keir Starmer n’est pas partisan du Brexit« , rappelle Joséphine Staron. De fait, le Premier ministre travailliste n’a aucun scrupule à se rapprocher du Vieux Continent. D’autant plus qu’en juin 2025, selon un sondage publié par l’institut YouGov, 56% des Britanniques estimaient que leur pays n’aurait pas dû quitter l’UE.
Et pour cause, une étude américaine publiée en novembre de la même année par le National Bureau of Economic Research a montré que le Brexit a coûté entre 6 et 8% au PIB britannique par habitant, soit une perte de près de 240 milliards de dollars.
« Historiquement, Londres et Washington sont très proches. Et lorsque le Royaume-Uni a décidé d’intégrer l’Europe, c’était pour pouvoir jouer sur les deux tableaux, d’un côté avec les Américains, et d’un autre côté avec les Européens ».
Dès l’entrée en vigueur du Brexit en 2020, « les États-Unis de Joe Biden sont devenus le seul partenaire privilégié du Royaume-Uni », explique Joséphine Staron. Mais depuis le retour de Donald Trump et de ses sautes d’humeur, Londres « se tourne davantage vers le marché européen, d’un note de vue commercial, économique ou défensif », affirme-t-elle.
En 2024, l’UE représentait ainsi le premier partenaire commercial du Royaume-Uni, avec 52% des échanges, a écrit la Direction générale du Trésor en juin 2025, se basant sur des chiffres de l’Office for National Statistics.
« Un partenaire fiable de l’Union européenne »
Longtemps présentés comme « les vassaux des États-Unis », les Britanniques « s’imposent désormais comme un partenaire fiable de l’Union européenne, notamment en matière de sécurité et de défense », assure l’analyste en géopolitique.
Et d’ajouter : « La capacité de défense du Royaume-Uni est même indispensable à la crédibilité défensive européenne. On ne peut pas faire sans lui ».
De l’autre côté de la Manche, Londres s’affiche également comme un partenaire majeur de la France. « Les deux pays recherchent le leadership, notamment depuis la coalition des volontaires », créée en mars 2025 et visant à soutenir l’Ukraine face à l’agression russe.
Ce vendredi 17 avril, Emmanuel Macron et Keir Starmer co-présideront par exemple une réunion en visioconférence, à laquelle participeront de nombreux pays « non-belligérants », dans le but de « restaurer la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz », bloqué depuis le début de la guerre en Iran.
Sur le plan militaire, « il n’y a que la France et le Royaume-Uni qui sont en capacité de riposter, car ils sont autonomes défensivement », reconnaît encore Joséphine Staron. De plus, Paris et Londres sont les deux seules puissances nucléaires d’Europe et représentent près de 40% du budget de la défense des Alliés européens, assure l’Élysée.
Malgré une convergence sur certains intérêts communs, quelques désaccords, notamment économiques, subsistent entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. « Keir Starmer a obtenu des accords commerciaux plus avantageux que l’UE avec les États-Unis de Donald Trump », observe à titre d’illustration la spécialiste des relations internationales.
Si des frictions apparaissent avec le président américain, la « relation spéciale » britanno-américaine, « menacée par le caractère volatil » de Donald Trump, « ne s’achèvera pas complètement », car son importance est trop grande, avance Joséphine Staron. Selon elle, Londres ne peut pas se passer des États-Unis, et inversement.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : L’équipe éditoriale restera vigilante et partagera ses observations.

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