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Notre rédaction analyse les faits saillants de « Keir Starmer reconnaît une “erreur de jugement” en ayant nommé Peter Mandelson ».
Résumé rapide
Extrait vidéo du Premier ministre britannique Keir Starmer d’une séquence du service d’enregistrement du Parlement britannique (PRU), le 20 avril 2026. – / AFP
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Le Premier ministre britannique Keir Starmer a de nouveau reconnu ce lundi 20 avril devant les députés avoir fait une erreur en nommant Peter Mandelson ambassadeur aux Etats-Unis malgré ses liens avec Jeffrey Epstein.
Le Premier ministre britannique est fragilisé depuis plusieurs mois en raison de sa décision de nommer Peter Mandelson ambassadeur à Washington, avant de le limoger en septembre dernier. Il l’a accusé d’avoir « menti de manière répétée » sur l’étendue de ses liens avec Jeffrey Epstein, décédé en prison en 2019.
• Keir Starmer regrette et s’excuse…
« Au cœur de tout cela, il y a aussi une erreur de jugement de ma part. Je n’aurais pas dû nommer Peter Mandelson. J’assume la responsabilité de cette décision, et je présente à nouveau mes excuses aux victimes du pédocriminel Jeffrey Epstein », a-t-il déclaré devant la Chambre des Communes.
L’affaire a rebondi jeudi 16 avril quand le quotidien « The Guardian » a révélé que le ministère des Affaires étrangères avait accordé une habilitation de sécurité à l’ambassadeur aux Etats-Unis pour ce poste en janvier 2025, malgré un avis défavorable du service chargé de contrôler ses antécédents.
•… et plaide l’ignorance
Keir Starmer affirme ne pas avoir été informé de cet avis défavorable avant mardi dernier. « Si j’avais su, avant que (Peter Mandelson) ne prenne ses fonctions, que l’avis du service chargé des vérifications était de refuser l’habilitation de sécurité, je n’aurais pas donné suite à cette nomination », a-t-il assuré.
« Cela défie l’entendement que, tout au long de cette affaire, des responsables au ministère des Affaires étrangères aient jugé bon de cacher cette information aux ministres les plus haut placés », a-t-il ajouté. « La décision de ne pas communiquer ces documents a été prise délibérément », a martelé le travailliste.
En février, le Premier ministre britannique avait déclaré devant les députés que « toutes les procédures requises » avaient été respectées lors de l’examen du dossier de Peter Mandelson. Il s’est défendu lundi d’avoir délibérément « induit en erreur la Chambre des Communes ». « J’aurais dû avoir l’information et la Chambre aurait dû avoir l’information », a-t-il dit. Il reproche aux services du ministère des Affaires étrangères d’avoir autorisé la nomination malgré cet avis défavorable.
Quelques heures après les révélations du « Guardian », jeudi soir, Keir Starmer a limogé le plus haut fonctionnaire à la tête des services diplomatiques, Olly Robbins. Ce dernier pourra donner sa version des faits mardi, quand il s’exprimera devant une commission parlementaire. Plusieurs anciens hauts fonctionnaires ont accusé Keir Starmer d’avoir fait d’Olly Robbins un bouc émissaire, tandis que son équipe gouvernementale a pris la défense du Premier ministre.
• Des appels à la démission de Keir Starmer
Tenir sciemment des propos trompeurs devant les députés est considéré comme très grave dans la démocratie parlementaire britannique. Lors de cette séance houleuse au Parlement, deux députés – Lee Anderson du parti anti-immigration Reform Uk, et Zarah Sultana de Your Party (gauche) – ont été exclus pour avoir accusé le dirigeant travailliste de mensonges. D’autres ont dénoncé sa « crédulité » ou son « incompétence ».
« Il est temps que la vérité éclate », a estimé la cheffe du parti conservateur Kemi Badenoch, jugeant le « récit du gouvernement de plus en plus obscur et contradictoire ». Comme d’autres dirigeants de l’opposition, elle a appelé à la démission du Premier ministre, arrivé au pouvoir en juillet 2024 avec une très large majorité.
• Un « ambassadeur atypique » pour une « administration atypique »
Le ministre chargé des Affaires écossaises, Douglas Alexander, a expliqué ce lundi matin ce qui avait conduit au choix initial de Peter Mandelson, plutôt que celui d’un profil plus traditionnel de diplomate. « Le raisonnement était que l’administration Trump était une administration atypique et qu’un ambassadeur atypique pourrait remplir cette mission pour le Royaume-Uni », a-t-il dit, ajoutant que « cette appréciation était erronée ».
David Lammy, qui était chef de la diplomatie lors de cette nomination, a affirmé ne pas avoir eu connaissance non plus de l’avis défavorable. Keir Starmer avait été prévenu du « risque réputationnel » posé par les liens de Peter Mandelson avec Jeffrey Epstein avant de le nommer, selon des documents officiels publiés en mars.
• 61 % d’opinions défavorables pour Keir Starmer
L’affaire Mandelson a déjà coûté leurs postes au chef de cabinet de Keir Starmer et à son directeur de la communication. Le travailliste est confronté à 61 % d’opinions défavorables, selon le dernier sondage YouGov.
Si le travailliste parvient à convaincre les députés lundi, le répit risque d’être de courte durée : il s’apprête à affronter début mai des élections locales qui s’annoncent très difficiles pour le Labour.
Source : www.nouvelobs.com
Conclusion : Cette situation fera l’objet de mises à jour régulières par nos journalistes.

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