
“Pour Giorgia Meloni, être associée à Trump aujourd’hui est un baiser de la mort”
23 avril 2026
Des porcelets tués et castrés sans anesthésie en Bretagne, L214 saisit la justice
23 avril 2026Donald Trump reprend un stéréotype raciste venu des suprémacistes blancs américains contre ses adversaires politiques
Analyse : Voici les points saillants relevés par nos journalistes.
L'équipe met en lumière les points essentiels de « Donald Trump reprend un stéréotype raciste venu des suprémacistes blancs américains contre ses adversaires politiques ».
Ce qu’il est utile de savoir
Mercredi 22 avril, Donald Trump a écrit sur les réseaux sociaux qu’une juge de la Cour suprême, Ketanji Brown Jackson, avait un « faible QI ». En adressant cette insulte à une femme noire, après l’avoir déjà proférée à d’autres personnes issues de minorités ethniques, le président reprend un stéréotype raciste venu des suprémacistes blancs américains.
Ce n’est pas la première fois que Donald Trump affirme que quelqu’un a « un faible QI ». Mercredi 22 avril, le président américain récidive, en adressant cette fois-ci l’insulte à la juge de la Cour suprême Ketanji Brown Jackson, première femme noire de la plus haute juridiction américaine. Cette insulte est pourtant associée à un stéréotype raciste venu des suprémacistes blancs américains.
Ketanji Brown Jackson n’est pas la seule personne attaquée par le président dans le message publié mercredi sur son réseau Truth Social, dans lequel il accuse la Cour suprême de prendre des décisions qui lui sont défavorables.
Mais la juge est prise à partie dans un passage dans lequel Donald Trump affirme que les juges progressistes « votaient TOUJOURS de manière groupée, en BLOC, même cette nouvelle personne au faible QI qui se retrouve on ne sait comment à siéger là ». La juge a été nommée à ce poste par l’ancien président Joe Biden.
Donald Trump estime, pour sa part, être doté d’un intellect supérieur. « Comme tout le monde le sait, je suis une personne extraordinairement brillante », a-t-il écrit mercredi sur sa plateforme, dans un autre message.
Plusieurs adversaires politiques qualifiés de personnes au « faible QI »
Avant Ketanji Brown Jackson, Donald Trump avait déjà adressé cette allégation insultante à plusieurs adversaires, principalement des femmes noires ou issues de minorités ethniques. Parmi elles, les élues démocrates Jasmine Crockett, Alexandria Ocasio-Cortez, Rashida Tlaib, Maxine Waters et Ilhan Omar, une députée originaire de Somalie, pays dont les habitants ont été qualifiés par Donald Trump de « personnes à faible QI » en général.
Le président américain s’en est aussi pris au représentant démocrate Al Green, au maire afro-américain de Chicago Brandon Johnson ou au podcasteur noir Charlamagne tha God.
Parmi les personnalités blanches auxquelles Donald Trump a adressé cette formulation, ce qui est plus rare, on retrouve le commentateur de droite radicale Tucker Carlson ou Marjorie Taylor Greene, ancienne trumpiste devenue féroce critique du président républicain.
Une insulte raciste basée sur le suprémacisme blanc
En ciblant surtout des Afro-américains ou des Américains d’origine hispanique, africaine ou arabe avec cette qualification de « faible QI », le président utilise un « langage codé raciste qui a une longue histoire aux États-Unis », explique Karrin Vasby Anderson, professeure de communication à la Colorado State University.
« Pendant l’ère coloniale, les élites masculines blanches partaient du principe qu’elles avaient une supériorité cognitive sur les femmes et les personnes de couleur, et qu’elles étaient donc destinées, par Dieu, à commander », poursuit-elle.
Pour nourrir cette croyance, des théories pseudo-scientifiques – aujourd’hui largement démenties par les chercheurs – tentaient d’établir cette supériorité. Parmi elles, la phrénologie, en vogue au 19e siècle, qui associait forme du crâne et facultés intellectuelles pour conclure, notamment, que les personnes noires avaient pour des raisons biologiques une intelligence moindre.
Publié en 1994, « The Bell Curve » est considéré comme un ouvrage très influent parmi les suprémacistes blancs. Ce livre, dont les conclusions ont été réfutées par la communauté scientifique, soutient que les différences de quotient intellectuel entre groupes sont en partie d’origine héréditaire.
Les chercheurs rejettent l’idée d’une origine purement génétique de l’intelligence, et nombre d’entre eux appellent à manier avec prudence la notion même de QI. « Demander quel pourcentage, dans les différences entre individus, est héréditaire et quel pourcentage est dû à l’environnement, c’est mal poser la question. Les deux interagissent constamment », explique Robert Sternberg, professeur de psychologie à l’université Cornell.
« Tellement ironique »
En plus de cela, le professeur explique que le QI n’est pas un indicateur suprême: « Le QI a une certaine pertinence. Il mesure la pensée abstraite et analytique et certaines formes de savoir », ajoute-t-il. Pour lui, il s’agit toutefois d’un indicateur « faible » qui ne devrait pas être « mis sur un piédestal ».
« Si l’on s’attache à ce qui explique la réussite des gens dans leurs vies (…), alors l’intelligence sociale et pratique sont très importantes. La créativité est vraiment importante », tout comme la « sagesse », conclut le professeur.
Certains adversaires de Donald Trump ont réagi en mettant en doute les capacités intellectuelles du président. Hakeem Jeffries, chef de file des démocrates à la Chambre des représentants, a lui aussi été décrit par le républicain comme une personne au « faible QI ».
« Ce qui est tellement ironique là-dedans, c’est que Donald Trump est clairement la personne la plus bête à avoir jamais occupé le 1600 Pennsylvania Avenue », l’adresse de la Maison Blanche à Washington, a répliqué l’élu afro-américain.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Nous continuerons de surveiller cette situation pour vous informer.

9999999
