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26 avril 2026
le récit des premières heures qui ont suivi la catastrophe de Tchernobyl
26 avril 2026Analyse : L'équipe partage son regard sur les points principaux de cette information.
Notre équipe propose un aperçu rapide des éléments de « le récit des premières heures qui ont suivi la catastrophe de Tchernobyl ».
À retenir absolument
C’était il y a quarante ans jour pour jour. Le 26 avril 1986, l’Europe connaissait avec l’explosion du réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine soviétique, une catastrophe majeure et sans précédent. Plusieurs millions de personnes ont été exposées au large nuage radioactif qui s’est disséminé dans tout le continent. Récit.
Un appel déchirant dans la nuit du 26 avril 1986. « Qu’est-ce qui est en train de brûler? », s’enquit une employée du standard téléphonique des secours auprès des pompiers de la centrale de Tchernobyl. « Il y a eu une explosion. Alertez tout le monde », répond un homme.
Il est pratiquement 1h30 lorsque les pompiers de la centrale sont réveillés. Ils sont une quinzaine à se retrouver un quart d’heure plus tard face au réacteur n°4 d’où s’échappe une épaisse fumée malodorante. Ils allument leurs lances à incendie comme s’il s’agissait d’une intervention anodine.
« Ils ont essayé d’éteindre les flammes. Ils ont donné des coups de pied dans le graphite (un élément du réacteur, NDLR) . Ils ne portaient pas leur tenue en toile. Ils sont partis tels quels, en chemise. Personne ne leur avait rien dit », a témoigné Lyudmilla Ignatenko, l’une des veuves de ces premiers intervenants auprès de la collaborateur russe Svetlana Alexievich pour son livre, Les voix de Tchernobyl.
Un exercice de sûreté qui tourne mal
Dans le chaos qui règne autour de la centrale, il est encore difficile de comprendre l’ampleur de la catastrophe. Les opérateurs de ce réacteur inauguré deux ans auparavant devaient mener un test de sécurité. Le programme initial n’a pas été suivi à la lettre. Alors, pour rattraper le retard, les employés se hâtent et n’ont pas conscience que le cœur du réacteur est très difficile à contrôler avec les moyens disponibles.
« Les vannes d’alimentation en vapeur de la turbine sont fermées. La température monte dans le cœur provoquant une augmentation de la réactivité. Le réacteur se met à diverger de manière incontrôlable. Les opérateurs réalisent alors la gravité de la situation », décrit l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR).
Le chef opérateur ordonne l’arrêt d’urgence. Un employé appuie sur le bouton AZ-5 de l’imposant tableau de contrôle et libère dans le cœur de la matière censé interrompre la remarque en chaîne. C’est insuffisant. Le pic de puissance est atteint. Le combustible nucléaire rompt et entraîne l’explosion, soufflant une partie du bâtiment, soulevant la dalle du réacteur et exposant une partie du cœur. Des produits radioactifs s’échappent à l’air libre.
Beaucoup de temps perdu après la catastrophe
Au petit matin, les pompiers qui se sont battus toute la nuit contre les flammes sont hospitalisés. Lyudmilla Ignatenko tente de venir au chevet de son mari mais se heurte d’abord à un barrage de police qui ne laissait passer que les ambulances. Elle finit par accéder à l’hôpital et découvre Vasily, très affecté. « Il était tout gonflé et bouffi. On voyait à peine ses yeux. »
Ingénieur en chef adjoint de la centrale nucléaire, Nikolay Karpan a relaté dans le livre, Les premiers jours de l’accident de Tchernobyl, les erreurs de jugement des autorités soucieuses de ne pas provoquer de panique et de garder le contrôle de la situation.
« Les informations dont on disposait dans la matinée du 26 avril à 10 heures auraient justifié la décision de lancer l’alerte. Il n’était pas nécessaire de connaître précisément le niveau de radiation mais simplement de se baser sur les premiers relevés du laboratoire de dosimétrie externe de la centrale. Les doses d’irradiation dépassaient le seuil d’information du public », explique-t-il.
Or, les autorités restent mutiques. Les taux sont 200 fois supérieurs à la radioactivité produite par les bombes lancées sur Hiroshima et Nagasaki.
L’évacuation de Pripyat
Une commission gouvernementale est mise en place pour gérer l’accident. Dès le premier jour après l’accident, des ballets d’hélicoptères larguent sur la zone des matériaux (sable, argile, plomb, bore…) pour tenter de stopper la combustion nucléaire et limiter les rejets radiocatifs. Plusieurs centaines de tonnes de matériaux seront ainsi larguées mais il faudra une dizaine de jours pour que la combustion cesse.
Le 28 avril, alors que les hélicoptères poursuivent leur mission, ordre est donné d’évacuer la ville située à cinq kilomètres du réacteur détruit. 1.100 autobus et 300 camions exfiltrent les dizaines de milliers d’habitants, plongés dans l’ignorance. Ils laissent derrière eux de nombreux effets personnels, pensant qu’ils seront de retour dans quelques jours.
« J’avais l’impression de partir à l’aventure, je prenais tout ça pour un jeu. Qui pouvait imaginer la gravité de la situation? Les adultes ne savaient rien, on partait pour deux ou trois jours », confiait Sacha Sirota à BFMTV lors d’un reportage dans la ville fantôme en 2011. Il avait 9 ans lorsqu’il a été évacué.
La Suède puis le reste de l’Europe s’alertent
Dans les jours qui suivent, le panache radioactif pollue très fortement l’Ukraine, le Bélarus et la Russie. Parvenu au-dessus des pays scandinaves, il contamine ensuite l’Europe centrale et balkanique, l’Italie, la France, la Grande-Bretagne et l’Irlande.
La première alerte est donnée le 28 avril 1986, non pas par l’Union soviétique, mais par la Suède. Les stations de surveillance du royaume scandinave ont signalé des niveaux anormalement élevés de radioactivité transportée par le vent et ont exigé des explications. Le même jour, un porte-parole de la Maison Blanche parle d’un « sérieux accident nucléaire. »
Une photographie prise par le satellite americain Landsat et analysée le 30 avril dans un laboratoire spatial suédois montre deux importants foyers de dégagement de chaleur sur le site de la centrale nucléaire de Tchernobyl.
Les autorités soviétiques passent aux aveux trois jours après la catastrophe.
« L’accident de Tchernobyl a entraîné une destruction partielle des structures du bâtiment du réacteur, des endommagements au bâtiment lui-même ainsi qu’une fuite de matières radioactives », reconnaissent-ils dans une « notification officielle » transmise à l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA).
Les États-Unis proposent une offre d’assistance « humanitaire et technique » tout en demandant des détails à l’URSS sur la nature de la catastrophe mais ces demandes resteront lettre morte.
Le long déni des autorités soviétiques
Au cours des dix jours qui suivent la catastrophe, les Soviétiques dénoncent les affirmations « sensationnalistes » des pays hors de son bloc et défendent un bilan de deux morts et d’une vingtaine de blessés. Les défilés du 1er mai, la fête du Travail sont maintenus.
Le 2 mai, de nouvelles évacuations sanitaires sont réalisées dans une zone de 30 km autour de la centrale et les habitants commencent seulement à recevoir des comprimés d’iode pour prévenir les cancers de la thyroïde. Trois jours plus tard, les autorités émettent leurs premiers restrictions de consommation d’aliments contaminés par des produits radiotoxiques.
Parallèlement aux hélicoptères et aux robots, des « liquidateurs », des centaines de milliers de personnes vont être envoyés sur place pour déblayer et décontaminer le site, avec peu de protection.
Le secrétaire général du Parti communiste soviétique, Mikhail Gorbatchev s’exprime lors d’une allocution télévisée le 14 mai. Il fait alors état d’un nouveau bilan de neuf morts et de 299 blessés. « Des mesures seront prises pour éviter qu’un pareil accident ne se reproduise. Le niveau de radiation dans la zone de la centrale et dans ses alentours immédiats demeure dangereux pour la santé », déclare le chef de l’État, appelant à l’organisation d’une conférence internationale pour créer un système d’alerte rapide.
Deux conventions ont été ratifiées rapidement après pour mieux prévenir la communauté internationale en cas d’accident nucléaire.
Le bilan humain de cette catastrophe est disputé. L’AIEA explique que deux employés ont été tués sur le coup par l’explosion et qu’une trentaine de personnes, les pompiers et des « liquidateurs » sont morts dans les trois semaines à cause des fortes expositions aux radiations. Au moins 1.800 cas de cancers de la thyroïde chez des enfants âgés de 0 à 14 ans ont été diagnostiqués. Ces chiffres sont susceptibles d’évoluer en fonction des études. Certaines évoquant plusieurs dizaines de milliers de décès.
L’environnement a été durablement affecté par cette explosion. En Russie, en Biélorussie et en Ukraine, de vastes territoires sont contaminés de façon discontinue, avec des dépôts de radioactivité les rendant inhabitables.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Notre équipe continuera à suivre l'évolution de cette actualité.

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