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29 avril 2026Élise Blanchard, photojournaliste : sept ans en Afghanistan, dans l’intimité d’une famille talibane
Analyse : Un rapide aperçu de cette information selon nos journalistes.
Notre équipe met en lumière les éléments clés de « Élise Blanchard, photojournaliste : sept ans en Afghanistan, dans l’intimité d’une famille talibane ».
Points importants
Photojournaliste pour l’AFP, Le Monde ou The New York Times, Élise Blanchard a couvert l’Afghanistan pendant sept ans, avant et après le retour des talibans au pouvoir en 2021. Son livre Dans la maison d’un taliban (Le Cherche Midi, avril 2026) rapporte le quotidien partagé avec Arman, sa femme Zarina, leurs sœurs et leurs enfants, dans une maison modeste de la région du Wardak, au centre du pays.
« Je suis un taliban de maison »
C’est une commande photo qui amène Élise Blanchard chez Arman. Frappée par la douceur de cet homme avec ses filles, puis happée par les femmes de la maison qui l’entraînent à l’écart et « commencent à rire et à parler d’une voix très forte », elle revient, est invitée à un mariage, dort sur place, et finit par être appelée « la tante » par toute la famille. Le portrait qu’elle dresse d’Arman échappe aux clichés. Interrogé sur son appartenance au mouvement taliban dont il possède la carte de membre, il répond : « Je suis un taliban de maison ».
La photojournaliste découvre des hommes traversés de contradictions. Arman aime ses filles, prend soin d’elles, mais soutient un gouvernement qui leur interdit l’école. « Il y a une période où il était traumatisé, il ne voulait plus travailler pour les talibans, puis il y retournera. Il a une crise existentielle, il se demande ce qu’il va faire de sa vie, lui qui aimerait bien élever des abeilles et s’occuper de ses pommes de terre, mais c’était sa honte aussi de ne plus être le soldat et de ne pas pouvoir soutenir sa famille. » Une prise de conscience pour Elise Blanchard : « On se dit : oh là là, il y a des points communs entre ce que pense un taliban et ce que moi je vis au quotidien, c’est assez terrifiant ».
Lorsqu’elle arrive épuisée par ses reportages, c’est lui qui la sermonne : « Élise, mais pourquoi est-ce que tu passes autant de temps à t’inquiéter pour son travail ? C’est pas important, Élise, ce qui compte, c’est autre chose, c’est la vie d’après, c’est ton bonheur ». La vision du monde d’Arman et de sa femme se structure autour de la perspective du paradis. Pour eux, « cette vie est un enfer, tout est difficile, mais si on respecte bien toutes les règles que nous donne la version du Coran que le mollah nous a apprise, ou qui est apparemment celle du chef des talibans, ensuite on ira au paradis et ce sera pour toujours, on aura tout ce qu’on veut ».
Les femmes afghanes, ni passives ni uniformes sous la burqa
Élise Blanchard documente les journées sans répit des femmes afghanes : le pain pétri à 4 h 30, la vache à traire, l’eau ramenée bidon par bidon, les repas, la lessive, les enfants. « L’image de la femme passive assise dans un coin, en réalité, elle n’existe pas. » La photojournaliste révèle aussi la circulation, dans ces foyers ruraux, de médicaments comme le Valium, le Xanax ou le Prozac, prescrits sur des ordonnances en anglais que les patientes ne comprennent pas et qu’elles prennent comme du paracétamol pour les maux de tête.
Malgré tout, ces femmes n’ont pas toutes le même point de vue. Alors que la éditeur l’interroge un jour sur les restrictions imposées aux femmes, Zarina, la femme d’Arman, lui répond : « Mais c’est ma famille, les talibans ». Sa belle-sœur Nasrine, « très pragmatique », compare les avantages et les privations de la vie avec les Américains et avec les talibans. Et puis il y a Nouria, l’adolescente rencontrée lors d’un reportage sur la fermeture des écoles, qui sombre peu à peu dans une dépression suicidaire. « Ce livre est sur la diversité de ces femmes, il n’y a pas une femme afghane sous la burqa », résume Élise Blanchard.
« Difficile d’avoir de l’espoir »
Le livre offre aussi un contre-champ sur la perception de la présence américaine. Dans la province du Wardak, parmi les plus touchées par les frappes de drones et les raids de nuit, le départ des troupes a souvent été vécu comme un soulagement. Élise Blanchard tient à souligner que l’Afghanistan n’est pas un pays maudit, mais un pays exposé : « Quand on regarde l’histoire de l’Afghanistan, les décennies et les décennies de guerre, on voit à quel point elle a été impactée par la présence, l’intervention des étrangers, la Guerre froide, etc. C’est un pays dont l’histoire a été massacrée par l’endroit où il est situé ».
Aujourd’hui, alors qu’elle enquête sur les mariages et les ventes d’enfants, la photojournaliste décrit une situation qui se dégrade : baisse des aides humanitaires, conflit avec le Pakistan, réchauffement climatique, services sexuels exigés en échange de nourriture pour les enfants. « Ça me brise le cœur, confie-t-elle. C’est la première fois que c’est vraiment difficile d’avoir de l’espoir. C’est de pire en pire, sans que les problèmes d’avant aient été réglés, donc ça s’accumule. Et ce sont toujours les femmes et les filles qui sont le plus affectées. »
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Nous continuerons de surveiller cette situation pour vous informer.

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