Les bénéfices d’UBS grimpent de 80% à 3 milliards de dollars pour un premier trimestre record
29 avril 2026
l’économie de Dubaï tourne au ralenti
29 avril 2026Analyse : L'équipe examine les points essentiels pour vous informer rapidement.
Selon nos experts, « Entre Trump et l’Iran, l’heure de la guerre des nerfs » mérite une attention particulière.
Points importants
Il y a une expression que Donald Trump affectionne particulièrement : « vous n’avez pas les cartes »… Il l’avait lancée à Volodymir Zelensky lors de leur joute verbale dans le bureau ovale l’an dernier.
Dans la confrontation entre les États-Unis et l’Iran, on peut se demander aujourd’hui « qui a les cartes ? » Le président américain fait comme si c’était lui, mais on peut en douter. Hier, il a tweeté que l’Iran avait fait savoir à Washington que le pays était en « état d’effondrement », et demandait la réouverture du détroit d’Ormuz bloqué tant par l’Iran que par les États-Unis.
Mais à Téhéran, c’est un autre son de cloche. L’ambiance n’est pas à la capitulation alors que le régime a survécu aux milliers de bombardements américains et israéliens : les Gardiens de la Révolution, les durs qui dirigent désormais l’Iran, ont le sentiment de détenir justement une carte maîtresse avec le détroit d’Ormuz, ils tiennent l’approvisionnement pétrolier en otage. La réalité est que Washington et Téhéran mènent une guerre des nerfs, après celle des bombes et des missiles : chacun attend que l’autre craque.
Le principal atout iranien, c’est ce dont nous parlons dans chaque journal : va-t-il y avoir des pénuries de carburant ? A quel prix ? Quel impact sur l’économie mondiale ? Ce contexte pèse d’abord sur Donald Trump, qui joue gros si ses électeurs lui font porter la responsabilité de la vie plus chère.
Le président américain pensait avoir dégainé une arme décisive en décrétant, à son tour, le blocus du détroit d’Ormuz. L’objectif était de priver l’Iran de revenus des exportations pétrolières, et de la possibilité d’importer produits alimentaires, médicaments etc.
Mais cette stratégie a de nombreuses failles. L’Iran a de vastes frontières terrestres : le Pakistan, et plus loin la Chine, l’aident à contourner le blocus américain. Sans doute pas de quoi compenser la fermeture de la voie maritime, mais de quoi tenir en attendant que Donald Trump cède le premier sous la pression des difficultés économiques.
La reprise des bombardements sur l’Iran parait écartée pour le moment, contrairement au Liban où le cessez-le-feu n’est que partiellement respecté. La capitulation iranienne pure et simple parait elle aussi exclue, contrairement aux espoirs initiaux américains et israéliens.
Reste donc la voie négociée. L’Iran a fait parvenir à Washington une proposition en trois étapes : d’abord la levée des deux blocus du détroit d’Ormuz, répondant à la demande du monde entier ; puis négociation d’un accord sur le nucléaire et sur les autres sujets. Donald Trump a déjà répondu non, car il sait qu’une fois le retour à la normale dans le détroit d’Ormuz, il lui sera plus difficile d’obtenir des concessions de l’Iran sur les autres sujets.
Au bout du compte, les Américains risquent d’avoir à accepter un accord qui ressemblera fort à celui que Barack Obama avait négocié en 2015, et que Donald Trump a déchiré en 2018. L’Iran ne renoncera pas à son programme balistique, ni à son influence régionale.
Si cela devait être la clôture de cette crise, il serait alors difficile à Donald Trump de la décrire comme une victoire. Au lieu de faire la démonstration de sa puissance, cette guerre en aura au contraire montré les limites. Aujourd’hui, c’est Trump qui n’a pas les cartes.
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Les prochains développements permettront de compléter cette analyse.

9999999