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30 avril 2026« Il ne faut pas se pointer du doigt, cristalliser un débat lorsqu’on a vraiment besoin de trouver des solutions », juge Éléonore Caroit, ministre des Français de l’étranger – franceinfo
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Quelques points clés à retenir concernant « « Il ne faut pas se pointer du doigt, cristalliser un débat lorsqu’on a vraiment besoin de trouver des solutions », juge Éléonore Caroit, ministre des Français de l’étranger – franceinfo ».
Points essentiels
Interrogée dans « La Matinale » du 30 avril sur la taxation des bénéfices réalisés par TotalEnergies en pleine explosion des prix à la pompe, la ministre confirme que si le gouvernement ne ferme pas la porte à cette option, « toutes les taxations supplémentaires qui pourraient être envisagées et éventuellement prises, doivent être faites en regardant leur efficacité. »
Faut-il taxer les superprofits réalisés par les entreprises pétrolières en pleine crise des prix du carburant ? Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’est exprimé mercredi, peu après l’annonce de bénéfices records chez TotalEnergies, pour demander au groupe de « se [positionner] d’une manière ou d’une autre » sur la question d’une « redistribution ». Invitée politique de « La Matinale », jeudi 30 avril, Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la francophonie et des Français de l’étranger, estime que « ce qu’il faut regarder, c’est l’efficacité des mesures qui pourraient être mises en place, et surtout, leur pérennité. »
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Serge Cimino : Avant de parler des conséquences en France de la crise au Moyen-Orient, j’aimerais qu’on parle du Mali. On a appris ces derniers jours des indépendantistes et les djihadistes encerclaient au Bamako. Est-ce que vous avez des informations concernant les ressortissants français qui restent là-bas ? Vous pouvez nous donner quelques précisions ?
Éléonore Caroit : Nous suivons avec la plus grande attention la situation sécuritaire au Mali qui, comme vous venez de le dire, s’est très fortement dégradée. Nous avons sur place 4 098 Français qui sont inscrits au registre des Français de l’étranger. Je rappelle que les Français, où qu’ils soient dans le monde, sont invités à s’inscrire au registre des Français de l’étranger, ce qui nous permet de communiquer directement avec eux lorsqu’une crise s’aggrave, lorsque c’est nécessaire. Et donc nous avons, dès samedi, pu entrer en contact avec cette communauté française pour leur donner des consignes de sécurité, pour leur conseiller de quitter le pays s’ils le pouvaient. Évidemment, le conseil que nous donnons aussi aux voyageurs, c’est de ne pas se rendre au Mali, sauf circonstances absolument exceptionnelles, mais vraiment de ne pas y aller. Et nous suivons avec attention l’évolution de la situation.
Bien évidemment, il y a la crise du Moyen-Orient. Le ministre Jean-Noël Barrot est en déplacement, pour deux, trois jours dans le golfe. Quel est le sens de cette visite, alors qu’on voit que le baril ne cesse d’augmenter ce matin ? Il y va pourquoi ? Parce qu’on a l’impression que la France ne peut pas peser sur ce conflit.
La France n’est pas à l’initiative de ce conflit. La France n’a pas été consultée lorsque les hostilités ont commencé, elle ne participe pas à ce conflit.
C’est une question défensive, c’est le mot répété à l’envi par le président de la République…
Mais c’est important, parce que défensive, ça veut aussi dire que nous sommes présents dans la région. Nous avons des bases militaires, nous avons des emprises diplomatiques, nous avons pour le coup 400 000 Français qui résident dans les pays qui sont affectés par le conflit au Moyen-Orient. Et donc, nous mobilisons nos partenaires, les pays du Golfe avec lesquels nous avons des traités, des accords. Et nous les mobilisons pour justement parvenir à une désescalade, revenir à un dialogue, parce qu’on le voit, vous le disiez à l’instant, toute mobilisation, tout changement dans cette crise a un retombée direct sur nous, sur le portefeuille des Français, mais aussi sur la stabilité de la région et sur la protection des Français qui sont sur place.
Justement, vous l’évoquiez, la hausse des carburants. Hier, le président de la République a demandé au gouvernement d’apporter de nouvelles réponses pour aider les secteurs qui sont touchés. Parce que la principale hantise du gouvernement, et on le voit, c’est que le conflit dure, et c’est le cas. Quelles sont les nouvelles solutions, les nouvelles réponses que peut apporter le gouvernement, au-delà des aides ciblées, quand le Premier ministre dit : « On ne dépensera pas l’argent qu’on n’a pas mais on n’oubliera personne » ? Ça semble compliqué aujourd’hui à la fois de protéger les finances publiques et d’aider les Français. Quelles sont les nouvelles réponses ?
Il y a deux niveaux de réponse, qui sont, dans l’immédiat, cibler les personnes les plus vulnérables.
Il y a déjà deux vagues.
Exactement, vous avez raison de le rappeler. Ça avait été annoncé par la ministre en charge du dossier, Maud Bregeon, et par le Premier ministre. Aider vraiment de manière ciblée les plus vulnérables, ceux qui sont affectés dans leur quotidien par cette hausse, parce qu’ils prennent leur voiture pour aller au travail, parce que ce sont les personnes qui sont dans le besoin qui sont les plus affectées. Après, vous avez aussi comment agir sur le long terme. Par rapport à d’autres pays européens, par rapport à d’autres pays voisins, nous, on n’a pas de pétrole, on n’a pas de gaz, mais on a de l’énergie nucléaire, on a la possibilité d’électrifier encore davantage et donc de se rendre moins dépendants. Vous avez un éternuement au Moyen-Orient, nous, on attrape un rhume.
Ça, c’est le détail de rectification qu’a proposé le Premier ministre, qui est du moyen et du long terme. Mais aujourd’hui, les Français ont fait eux-mêmes le choix de moins consommer en se déplaçant moins, ce qui pose un problème de recettes fiscales. Puis, on a vu hier les bénéfices de Total : plus de 50 % par rapport au premier trimestre 2025. Est-ce que l’idée de taxer les superprofits pétroliers fait son chemin ? Le Premier ministre a dit qu’il n’y était pas forcément opposé, et Maud Bregeon a dit dans le compte rendu du Conseil des ministres : « On ne ferme la porte à rien. » Est-ce que cette porte-là est entrouverte par le gouvernement ?
C’est effectivement ce qu’ont dit la porte-parole du gouvernement et le Premier ministre. Mais ce qu’il faut regarder, c’est l’efficacité des mesures qui pourraient être mises en place, et surtout, leur pérennité. Parce que ce que l’on voit, c’est que cette crise peut effectivement durer et que d’autres crises peuvent nous affecter tant qu’on ne prend pas ces mesures de moyen et long terme qui sont absolument essentielles, même si, vous l’avez dit, cela prend plus de temps. Donc il faut vraiment avancer en parallèle…
On va avoir un problème de recettes, puisque si les Français consomment moins, il y a moins de rentrées de TVA, par exemple, sur le carburant. Donc est-ce que le gouvernement n’a pas la crainte d’avoir un problème de recettes fiscales ?
Et vous avez annoncé les chiffres de la croissance, qui sont un peu différents de ce que l’on avait prévu…
Prévisions à la baisse, l’inflation revient, et la charge de la dette qui augmente, aussi…
Vous devez prendre en compte évidemment tous les facteurs, et vous avez raison de parler de la charge de la dette, qu’on a tendance à oublier lorsqu’on n’est pas en plein débat budgétaire. Donc, il faut prendre tout cela en compte. C’est pour ça qu’on doit être aussi attentifs aux aides que l’on peut donner, il faut les cibler. Il faut qu’elles soient utiles, et de la même manière, toutes les taxations supplémentaires, toutes les mesures supplémentaires qui pourraient être envisagées et éventuellement prises, doivent être faites en regardant leur efficacité. Et il faut aussi, et le gouvernement le action déjà très fortement, s’assurer qu’il n’y ait pas d’abus, que réellement il n’y ait pas d’augmentation des prix dus à la crise, qu’il n’y ait pas de profiteurs entre guillemets de cette crise. Et c’est le cas.
Est-ce que Total est considéré par le gouvernement comme un profiteur de crise ?
À ce stade, ce que l’on constate, ce sont les chiffres qui ont été annoncés et la nécessité justement de mieux distribuer les potentiels gains d’une crise. Mais pour l’instant, ce lien de causalité n’a pas été établi. Comme l’ont dit à la fois la porte-parole du gouvernement et le Premier ministre, ce qu’il faut, c’est étudier la situation, ne rien s’interdire, mais en même temps, encore une fois, rester sur l’efficacité des mesures et surtout ne pas stigmatiser. Vous savez, nous sommes dans un contexte de crise, de guerre d’ailleurs, avec des gens qui aujourd’hui souffrent. De là où je vous parle, au Quai d’Orsay, on s’occupe surtout beaucoup des populations civiles, de la protection des Français et des solutions diplomatiques, donc de la cause de ces problèmes que l’on ressent aujourd’hui sur notre territoire. Et je pense qu’il faut aussi, de manière générale et dans le débat public, ne pas se pointer du doigt, ne pas cristalliser un débat lorsqu’on a vraiment besoin de trouver des solutions pour les Françaises et les Français dans un contexte difficile, que vous avez rappelé.
Cliquez sur la vidéo pour regarder l’entretien en intégralité.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Notre rédaction vous tiendra informés des changements importants.

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