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1 mai 2026Marché : Pourquoi le célèbre adage boursier « vendre ses actions en mai » comporte de nombreuses failles, et pourquoi il convient plutôt de faire preuve de sélectivité
Analyse : Notre équipe offre une vue générale sur cette actualité récente.
Notre équipe propose une synthèse des informations de « Marché : Pourquoi le célèbre adage boursier « vendre ses actions en mai » comporte de nombreuses failles, et pourquoi il convient plutôt de faire preuve de sélectivité ».
Points essentiels
(BFM Bourse) – Les données historiques révèlent que la période la plus performante, en moyenne, s’étend de novembre à avril. D’où l’injonction selon laquelle les investisseurs devraient « vendre en mai et partir » – et revenir en novembre. Faut-il suivre à la lettre ce vénérable adage « sell in may and go away »? Pas si sûr selon les spécialistes.
La Bourse est perçue comme un univers complexe à appréhender pour le quidam moyen avec son jargon très animalier et ses mécanismes alambiqués. Cet univers s’est enrichi de nombreux dictons et proverbes comme évoqué dans ce précédent article. On peut par exemple citer « mieux vaut se couper un doigt, que la main, et la main que le bras », ou « achetez la rumeur et vendez l’information ».
Comme à chaque mois de mai, l’adage préféré des boursiers « sell in may and go away » refait surface. La plus ancienne mention de ce dicton a été relevée dans une édition de 1935 du Financial Times, l’article le présentant déjà comme « un vieil adage ». L’hypothèse la plus probable serait que les classes aisées quittaient Londres pour la campagne aux beaux jours en délaissant leurs portefeuilles (ou du moins en n’intervenant qu’épisodiquement pendant cette période).
La croyance veut donc qu’il convient de s’abstenir en Bourse à compter du 1er mai avant de réinvestir à partir de la veille du 1er novembre et donc le jour d’Halloween. Ce dernier jour a lui aussi son effet sur les marchés. C’est le Halloween effect ou « effet Halloween' » en français qui implique que la période de novembre à avril offre le plus fort potentiel de hausse sur les marchés financiers.
Une situation paradoxale
En ce premier jour du mois de mai, la question revient naturellement sur le devant de la scène, et ce avec plus « d’intensité », avance John Plassard, associé et responsable de la stratégie d’investissement de Cité Gestion.
Les investisseurs peuvent en effet avoir tendance à s’interroger sur la pertinence de se désengager des marchés en ce cinquième mois de l’année. John Plassard rappelle que les indices américains flirtent avec leurs sommets dans un environnement pourtant chargé de tensions géopolitiques et de doutes sur la trajectoire monétaire.
« Ce paradoxe est central : les indices américains évoluent à des niveaux proches de leurs plus hauts historiques, non pas grâce à une amélioration du contexte géopolitique, mais parce que les
investisseurs ont choisi de se recentrer sur les fondamentaux, notamment la solidité des
bénéfices et la résilience de la croissance », note-t-il.
Pour Matthias Baccino, conseiller senior pour la croissance de Trade Republic, « bien malin qui saura dire si en mai de cette année, les marchés baisseront », compte tenu de l’imprévisibilité du comportement diplomatique de Donald Trump, a-t-il déclaré dans l’émission Tout pour investir sur BFM Business, lundi 27 avril.
Un marronnier boursier
Plusieurs facteurs tendent à valider la théorie du « sell in may and go away ». Deux universitaires, spécialisés dans les questions de saisonnalité, ont testé l’effet « Halloween/sell in may » sur l’échantillon le plus important jamais recueilli, et leur conclusion est claire : investir à Halloween et prendre ses profits en mai rapporte 4% de plus qu’une stratégie consistant à détenir indéfiniment ses titres.
« Statistiquement ça marche », rappelle de son côté Marc Tempelman, fondateur de Cashbee dans l’émission Tout pour investir sur BFM Business, lundi 27 avril.
« Si vous vendez systématiquement au mois de mai pour racheter au mois de novembre, statistiquement du mois de mai au mois de novembre, la performance est de 2/3% en moyenne, alors que de novembre à avril, les gains sont en moyenne et statistiquement de 7% », détaille-t-il.
John Plassard étaye aussi cette saisonnalité des performances des indices boursiers en rappelant le comportement du S&P 500 depuis 1950.
« Les longues séries statistiques sur le S&P 500 montrent qu’en moyenne, l’année connaît
souvent une première phase de consolidation à partir du printemps, avant un rebond estival,
puis une nouvelle faiblesse plus marquée autour de septembre-octobre », souligne-t-il.
Sur les 35 dernières années, le stratégiste de marché signale que le rendement du S&P 500 a été d’environ 3% de mai à octobre, tandis que celui de novembre à avril a été d’environ 6,3% en moyenne.
Les données historiques ont donc tendance à valider la véracité de cet adage. John Plassard tient toutefois à nuancer ces vérifications. « Les mois de mai à octobre n’ont rien d’un désert
boursier. Ils sont simplement, en moyenne, moins performants et souvent plus volatils », signale-t-il.
« Et c’est justement là que beaucoup d’investisseurs se trompent : ils interprètent une
différence de rythme comme une nécessité de quitter le marché, alors que l’histoire récente
montre surtout qu’il s’agit d’une période où la sélection, la rotation et la discipline prennent
davantage d’importance », ajoute John Plassard qui fait valoir que cet adage valide surtout l’idée qu’il faut « sans doute aborder l’été avec un peu plus de sélectivité ».
Une stratégie qui a ses limites
La désertion des investisseurs pendant l’été est un facteur également soulevé par John Plassard, qui rappelle que « le marché a tendance à connaître ses mois les plus faibles au cours de l’été en raison des vacances », créant ainsi un « environnement de plus faibles
volumes et donc de rendements moins réguliers ».
Il évoque aussi une saisonnalité des flux d’investissement, liée au versement des primes de fin d’année des industries financières et des entreprises, « la date limite de dépôt des déclarations de revenus aux États-Unis à la mi-avril pouvant y contribuer ». John Plassard cite aussi une dimension psychologique liée à la célébrité de cet adage, venant ainsi influencer partiellement les comportements et devenant, par moments, auto-réalisateur.
« En 2026, une autre raison s’ajoute : les investisseurs savent que le marché arrive à un
moment délicat, avec des indices proches de leurs records, un pétrole encore élevé, une
guerre au Moyen-Orient qui n’est pas réellement réglée et une Fed (Réserve fédérale américaine, NDLR) potentiellement à l’aube d’un changement de ton ».
Une théorie qui a des failles
Comme toute théorie, celle-ci comporte des failles. « Le plus souvent, les actions ont tendance à enregistrer des gains tout au long de l’année, en moyenne, et donc vendre en mai ne fait généralement pas beaucoup de sens », rappelle John Plassard.
« L’histoire montre que le coût d’opportunité lié à la sortie et à la rentrée périodique sur le marché peut être important. De plus, la facilité de suivi de vos investissements (par rapport à il y a des décennies, lorsque cette théorie du calendrier a été créée) signifie qu’il est possible de surveiller plus facilement le marché et d’apporter des modifications à vos investissements si nécessaire à tout moment de l’année », poursuit-il.
John Plassard rappelle aussi que les performances ont énormément varié d’une année à l’autre et que les grands thèmes du moment comme l’intelligence artificielle, les centres de données ou la puissance des mégacaps américaines, peuvent largement brouiller les schémas classiques.
La théorie reste utile comme repère, mais elle devient trompeuse dès qu’on la transforme en règle de gestion automatique, prévient le spécialiste de marché. Ce message de prudence est aussi porté par Marc Tempelman, qui avertit aussi que c’est une « stratégie dangereuse », d’essayer de ‘timer’ le marché et en prenant en compte des adages de ce type (sell in may, NDLR), pour une personne investie à très long terme.
La rotation sectorielle : alternative à l’adage « sell in may »
Alors comment piloter son portefeuille à partir de ce cinquième mois de l’année? John Plassard évoque une alternative beaucoup moins radicale à l’adage « vendre en mai ». La rotation sectorielle peut-être considérée comme une approche plus intéressante qu’une sortie pure et simple du marché.
Pour illustrer cette approche, John Plassard cite les études du cabinet CFRA qui montrent qu’il existe depuis longtemps des différences marquées de comportement entre secteurs selon les périodes de l’année. Les secteurs plus cycliques comme la consommation discrétionnaire (non essentielle, NDLR), industrie, matériaux, technologie sont souvent plus performants durant les « meilleurs six mois » (soit entre mai et octobre), tandis que des secteurs plus défensifs ont davantage tendance à mieux tenir entre mai et octobre.
« En 2026, réfléchir en termes de rotation vers des valeurs plus défensives, plus visibles
ou plus disciplinées, semble bien plus pertinent que de chercher à appliquer aveuglément
un vieil adage de place », avance John Plassard.
En résumé, faut-il « vendre en mai et partir »? Selon lui, l’enseignement principal n’est pas qu’il faudrait impérativement vendre, « mais qu’il pourrait être judicieux d’aborder les prochains mois avec davantage de sélectivité, un peu moins d’euphorie et une discipline renforcée sur les
valorisations ».
D’autant plus que les tendances boursières calendaires telles que « vendre en mai » ne tiennent pas compte du caractère unique de chaque période.
« Cette année, la prudence saisonnière se heurte toutefois à une réalité nouvelle: les indices tiennent remarquablement bien, la technologie continue de porter la tendance, et les marchés montrent une capacité impressionnante à absorber les mauvaises nouvelles », signale John Plassard.
La meilleure des stratégies est donc, selon lui, d’observer l’évolution du marché à moyen-long terme. « C’est la meilleure façon d’enlever une partie du stress et d’éviter de transformer une statistique saisonnière en erreur stratégique », conseille donc John Plassard.
Sabrina Sadgui – ©2026 BFM Bourse
Source : www.tradingsat.com
Conclusion : Une information à suivre dans les jours à venir.

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