
L’Iran demande la fin de la guerre dans les 30 jours alors que Trump exprime des doutes
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3 mai 2026on vous explique la dégradation des relations entre Donald Trump et l’Allemagne autour de l’intervention en Iran – franceinfo
Analyse : Un rapide aperçu des faits pour mieux suivre cette actualité.
Voici ce que notre équipe pense de l'article « on vous explique la dégradation des relations entre Donald Trump et l’Allemagne autour de l’intervention en Iran – franceinfo ».
Résumé synthétique
Le chancelier allemand Friedrich Merz, qui veille à sa relation avec le président américain, a qualifié « d’irréfléchie » l’intervention des Etats-Unis en Iran.
Près de 36 000 soldats américains se trouvent en Allemagne, mais jusqu’à quand ? Le président des Etats-Unis, Donald Trump, a esquissé un retrait de troupes américaines plus conséquent qu’attendu, samedi 2 mai, sur fond de tensions grandissantes entre Washington et Berlin. « Nous allons réduire bien davantage [nos effectifs], bien plus que 5 000″, a prévenu le dirigeant populiste à West Palm Beach, en Floride (Etats-Unis). Vendredi, le Pentagone avait annoncé un premier départ d’environ 5 000 membres des forces américaines d’Allemagne, « dans les six à douze prochains mois ».
Ces velléités sont loin d’être nouvelles de la part de Donald Trump. Lors de son premier mandat, le républicain avait déjà émis le souhait de voir partir d’Allemagne 12 000 militaires de l’US Army, rappelle Le Monde. Ses récentes annonces s’inscrivent toutefois dans une séquence de tensions avec le chancelier allemand, Friedrich Merz.
Des paroles du dirigeant conservateur outre-Rhin, lundi, ont provoqué l’ire de son homologue américain. En visite dans une école, Friedrich Merz a estimé que les Etats-Unis n’avaient « visiblement aucune stratégie » dans la guerre menée avec Israël contre l’Iran depuis le 28 février. « Le problème avec ce genre de conflits, c’est toujours que, non seulement il faut y entrer, mais il faut aussi en ressortir », a-t-il lâché. Le chancelier a ajouté ne pas voir « quelle porte de sortie stratégique les Américains vont choisir, d’autant plus que les Iraniens négocient manifestement avec beaucoup d’habileté, ou ne négocient pas ».
« Nous l’avons vu de manière très douloureuse en Afghanistan pendant vingt ans. Nous l’avons vu en Irak (…). Toute cette affaire est, comme je l’ai dit, pour le moins irréfléchie. »
Friedrich Merz, chancelier allemandlors d’une visite dans une école
Le chef du gouvernement allemand a en outre estimé qu’« une nation entière [les Etats-Unis] est humiliée par les dirigeants iraniens, en particulier ces soi-disant Gardiens de la Révolution ». Des paroles reprises par le ministre des Finances et vice-chancelier allemand, Lars Klingbeil, vendredi. « Nous n’avons vraiment pas besoin de conseils de Donald Trump en ce moment. Il devrait voir le désastre qu’il a causé », a soufflé le social-démocrate, rapporte le New York Times.
Sans surprise, les réactions trumpiennes à l’encontre de Friedrich Merz n’ont pas tardé. « Il pense que c’est OK que l’Iran se dote de l’arme nucléaire. Il ne sait pas de quoi il parle ! », a répliqué dès mardi le milliardaire, taclant à nouveau le dirigeant allemand deux jours plus tard. Le chancelier, pour Donald Trump, devrait « passer moins de temps à interférer dans les efforts déployés pour éliminer la menace nucléaire iranienne, contribuant à rendre le monde, et l’Allemagne, plus sûrs ! ». Il devrait, à ses yeux, « consacrer plus de temps à mettre fin à la guerre entre la Russie et l’Ukraine ([pour laquelle] il s’est montré totalement inefficace !), et à redresser son pays en ruine, notamment en matière d’immigration et d’énergie ».
Ciblé par le président américain, le dirigeant allemand a tenu à assurer, mercredi, que ses relations « personnelles » avec Donald Trump étaient toujours « bonnes et inchangées », « en tout cas de [son] point de vue ». « J’ai simplement, dès le départ, eu des doutes au sujet de ce qui a été entrepris là-bas avec cette guerre contre l’Iran, et c’est pourquoi je l’ai exprimé », a-t-il défendu mercredi.
Il note que l’Allemagne et l’Europe « souffrent » des « conséquences massives » du conflit au Moyen-Orient, notamment pour l’« approvisionnement énergétique ». Le lendemain, Friedrich Merz a insisté sur l’importance d’un « partenariat transatlantique fiable ».
Ces derniers échanges risquent-ils de marquer une rupture dans le lien qui s’est construit entre les deux dirigeants ? Au pouvoir depuis 2025, Friedrich Merz échange régulièrement avec Donald Trump et s’est rendu à plusieurs reprises à Washington, relève le New York Times. Le chancelier, attaché aux Etats-Unis, n’hésite pas à flatter un président américain très sensible aux compliments et critiques. La stratégie allemande, en limitant les désaccords en public avec Washington, est de garder des liens forts et l’oreille du dirigeant des Etats-Unis, expose Politico.
Donald Trump « a beaucoup de respect pour le chancelier Merz et apprécie énormément son amitié », commentait en fin d’année la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, auprès du New York Times. D’autres y ont néanmoins vu une certaine complaisance de Berlin à l’égard de Washington.
Ces nouvelles tensions s’expliquent aussi par des critiques plus globales de Donald Trump à l’encontre de l’Europe. Le chef d’Etat exige de ses alliés européens de l’Otan davantage de dépenses en matière de défense, et ne manque pas de critiquer leur réserve vis-à-vis de la guerre au Moyen-Orient. « Ce n’est pas la guerre de l’Europe », a déclaré en mars la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas – craignant le spectre d’« une guerre sans fin » dans la région.
Face au blocage du détroit d’Ormuz, Donald Trump a mis en garde et menacé les autres Etats-membres de l’Otan, s’ils n’apportaient pas leur aide aux Etats-Unis. « Il est tout à fait normal que ceux qui bénéficient du détroit contribuent à garantir qu’aucun incident grave ne s’y produise », a-t-il défendu mi-mars dans un entretien au Financial Times. « En l’absence de réaction ou en cas de réaction négative, je pense que cela portera gravement atteinte à l’avenir de l’Otan. » Une frustration réitérée peu après, comme le souligne Politico.
« Tous les alliés de l’Otan étaient d’accord avec nous [au sujet de la guerre contre l’Iran], mais ils ne veulent pas nous aider. »
Donald Trump, président des Etats-Unisface à des journalistes à la Maison Blanche
Donald Trump reproche aussi à l’Union européenne (UE) de tarder à valider l’accord commercial entre Bruxelles et Washington. L’UE « met en œuvre les engagements pris » avec les Etats-Unis « conformément aux pratiques législatives habituelles, en tenant le gouvernement américain pleinement informé », a assuré auprès de l’AFP sa délégation à Washington. Et si les Etats-Unis ne respectent pas l’accord, « nous garderons toutes les options ouvertes pour protéger les intérêts de l’UE ».
Vendredi, Donald Trump a d’ailleurs annoncé qu’il souhaitait relever à 25%, dès « la semaine prochaine », les droits de douane sur les véhicules importés outre-Atlantique depuis l’UE. Une manière de cibler à nouveau les Vingt-Sept, et surtout l’Allemagne.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Quelques points à garder à l'esprit selon notre rédaction.

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