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5 mai 2026En mer de Chine méridionale, bataille juridique et guerre de positions : épisode du podcast Liberté de navigation : la fin d’un monde ?
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Un regard de nos journalistes sur l'article « En mer de Chine méridionale, bataille juridique et guerre de positions : épisode du podcast Liberté de navigation : la fin d’un monde ? ».
Résumé rapide
Ce sont, pour la plupart, des îlots minuscules, parfois de simples rochers battus par les vents et les pluies. Pourtant, la mer de Chine méridionale (appelée aussi mer de Chine du Sud) constitue aujourd’hui l’un des principaux foyers de rivalités stratégiques de l’Indo-Pacifique. Six pays riverains – la Chine, le Vietnam, les Philippines, la Malaisie, le sultanat de Brunei et, dans une moindre mesure, l’Indonésie – revendiquent des archipels épars comme les Spratleys, les Paracels ou le récif de Scarborough.
Posture offensive chinoise
C’est toutefois la Chine qui adopte la posture la plus offensive, en s’appuyant sur la « ligne en neuf traits », par laquelle elle revendique près de 90 % de cet espace maritime, une position formalisée auprès de l’ONU en 2009. Bien que la Chine ait ratifié la Convention de Montego Bay, qui consacre notamment la liberté de navigation, Pékin affirme disposer de « droits historiques » supplémentaires et conteste les prérogatives reconnues aux autres riverains par le droit international.
Pour affirmer sa souveraineté, Pékin a artificialisé massivement les récifs qu’elle occupe afin d’y déployer des garnisons militaires et des infrastructures de surveillance. Elle exerce une pression régulière, notamment sur les navires philippins et vietnamiens, mobilisant sa marine, sa garde‑côtière et une milice maritime composée de chalutiers militarisés. La Chine bloque également l’accès au récif de Scarborough, dont elle souhaite officiellement faire une « réserve naturelle ».
Ces tensions s’inscrivent dans une stratégie visant à renforcer la position de la Chine comme puissance régionale et mondiale, et reflètent les rivalités croissantes entre Pékin et Washington. Les actions chinoises ont d’ailleurs contribué à rapprocher plusieurs États d’Asie du Sud‑Est des États‑Unis, dont les patrouilles sont de plus en plus perçues comme un facteur de stabilité. Depuis le 20 avril 2026, des milliers de soldats philippins, américains et japonais participent ainsi à des manœuvres conjointes dans le nord des Philippines, face à Taïwan et à la mer de Chine méridionale.
Des enjeux économiques
L’enjeu économique est tout aussi considérable : plus d’un tiers du commerce maritime mondial transite par cette mer, véritable artère de la mondialisation. À cela s’ajoutent des ressources halieutiques essentielles pour la Chine, premier consommateur mondial de poissons, ainsi que des réserves d’hydrocarbures encore mal évaluées.
Que représente la mer de Chine méridionale pour le commerce international ? Par quels moyens la Chine, mais aussi les autres pays riverains, imposent‑ils leur souveraineté sur les îlots contestés ? Pourquoi la Chine vise‑t‑elle particulièrement les Philippines et interdit‑elle l’accès à certaines zones aux pêcheurs philippins ? Quelle position occupe Taïwan dans ce conflit ? Quelles seraient les conséquences d’une appropriation de facto de la mer de Chine méridionale ?
Julie Gacon s’entretient avec Charles-Emmanuel Detry, docteur en droit de l’université Paris-Panthéon-Assas, auteur d’une thèse sur la mer de Chine méridionale, et Valérie Niquet, politologue spécialiste des questions stratégiques en Asie à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS).
Focus – En Indonésie, le statut particulier des eaux archipélagiques
Avec Christine Cabasset, docteure en géographie, chercheure associée à l’Institut de recherche sur l’Asie du Sud-Est contemporaine (IRASEC, Bangkok), au Centre Asie du Sud-Est (CASE, Paris) et au programme Asie-Pacifique de l’IRIS.
Pays immense de 17 000 îles et quatrième pays le plus peuplé de la planète, l’Indonésie est le premier État archipélagique reconnu. En reliant ses îles par des lignes droites, elle a fait reconnaître une mer archipélagique relevant de sa souveraineté, encadrée par la Convention de Montego Bay de 1982. Si des voies de navigation nord‑sud ont été définies, l’absence d’axes est‑ouest alimente des tensions juridiques et provoque des incidents militaires.
Pour aller plus loin
- Charles-Emmanuel Detry, « Mer de Chine méridionale : des eaux grosses de tempête », Questions internationales, 2021/3.
- Valérie Niquet, Marianne Péron-Doise, L’Indo-Pacifique : nouveau centre du monde, Tallandier, 2025.
- Christine Cabasset, « L’Indonésie, un partenaire stratégique courtisé », Questions internationales, 2026/2.
Références sonores
Référence musicale
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Ces informations seront suivies attentivement par notre rédaction.

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