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5 mai 2026Analyse : Un résumé des points clés mis en avant par notre rédaction.
Notre rédaction analyse les faits saillants de « les tarifs des stations-service suivent-ils les cours du pétrole ? – franceinfo ».
Résumé pour le lecteur
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le prix du gazole à la pompe s’envole par rapport à celui du pétrole brut. Quant aux distributeurs, ils sont alignés sur les tarifs des produits raffinés qui leur sont revendus par les compagnies pétrolières.
Le coupable est toujours le même. Lorsque les prix des carburants à la pompe augmentent, tous les regards se tournent vers le Brent. Ce pétrole brut, surtout raffiné dans la mer du Nord, est utilisé comme référence mondiale pour suivre le cours de l’or noir.
Quand le prix du baril de Brent flambe, les tarifs affichés dans les stations-service s’envolent. Mais quand il baisse, les prix à la pompe suivent-ils également ? Franceinfo a passé en revue les cours des hydrocarbures sur les marchés financiers ces derniers mois, en croisant les indicateurs compilés par l’Union française des industries pétrolières (Ufip) avec les prix moyens à la pompe calculés par le ministère de l’Economie et des Finances.
Le résultat montre que la hausse des prix du gazole dépasse largement celle du pétrole brut depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Ce décrochage se joue en amont des réseaux de distribution, entre l’extraction du pétrole et sa revente par les compagnies pétrolières sous forme de carburants sur les marchés de gros. Les stations-service semblent quant à elles appliquer plutôt fidèlement les fluctuations de tarifs des produits raffinés qui leur sont revendus par les compagnies pétrolières.
Le graphique ci-dessous compare l’évolution du prix moyen hors taxes de l’essence et du gazole en France avec l’évolution du cours du Brent. L’envolée des tarifs du gazole a été beaucoup plus forte que celle du prix du pétrole brut. Au 1er mai, le litre de gazole hors taxe était 48 centimes plus cher que début janvier, alors que la hausse est de +30 centimes pour le litre de Brent, comme pour le litre de sans-plomb.
Pour Janiv Shah, spécialiste des matières premières chez Rystad Energy, ce phénomène s’explique par la forte dépendance de l’économie européenne au gazole et par la rupture de la chaîne d’approvisionnement pour ce carburant. « Il s’agit avant tout d’une question de demande et de niveaux d’importations. Les importations sont faibles, mais la demande augmente, et la part du gazole dans la consommation européenne totale est plus importante que celle de l’essence », explique Janiv Shah auprès de franceinfo.
La guerre au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz ont fortement réduit les sources d’approvisionnement en gazole. « Après la guerre en Ukraine, l’Europe a réorienté ses importations de gazole vers le Moyen-Orient et l’Asie. Mais les échanges avec le Moyen-Orient sont désormais coupés. Et comme les raffineries asiatiques ont imposé des interdictions d’exportation, il n’y a plus de matière première en provenance d’Asie non plus. L’Europe a donc perdu deux de ses plus gros fournisseurs en gazole », résume Janiv Shah.
Or, ce tarissement des importations de gazole ne peut être compensé par les capacités de production des raffineries européennes. « La qualité actuelle du pétrole brut utilisé en Europe permet de produire plus d’essence que nécessaire mais pas suffisamment de gazole », détaille Janiv Shah. « D’un côté il y a donc un léger excédent d’essence sur le marché européen, mais de l’autre, la structure d’approvisionnement en gazole est fortement déficitaire. »
Grégory Caret, directeur de l’observatoire de la consommation de Que Choisir Ensemble (anciennement UFC Que choisir), estime pour sa part que les fluctuations des marchés ne peuvent se résumer au jeu de l’offre et de la demande. « Il n’y a pas que des demandeurs. Il y a de la spéculation aussi », souligne cet observateur des pratiques commerciales. Il dénonce notamment les achats anticipés réalisés par TotalEnergies dès le début du mois de mars, qui ont permis à la compagnie pétrolière française de générer un profit d’un milliard de dollars (environ 855 millions d’euros) comme l’a révélé le quotidien britannique Financial Times. « Qu’un extracteur vienne acheter son propre produit pour le revendre plus tard, c’est quand même ironique », relève Grégory Caret.
Cet économiste de formation a récemment produit une note dans laquelle il compare les rythmes de hausse et de baisse des cours du Brent avec les prix à la pompe. Cette étude interroge l’effet dit « fusée-plume », un phénomène économique qui consiste à avoir des prix qui montent comme une fusée mais qui retombent comme une plume. Résultat : d’après Que Choisir Ensemble, cet effet se vérifierait dans les stations-service, particulièrement pendant les périodes de crise. « En cas de choc pétrolier, les prix à la pompe finissent […] par s’ajuster aux baisses du prix du baril. Néanmoins, le temps d’ajustement est fortement rallongé par rapport aux situations de hausse des cours pétroliers », conclut l’étude.
Face à ce constat, les distributeurs répondent qu’ils s’approvisionnent en produit raffiné et non en pétrole brut. « Je suis moi-même gérant d’une station-service et les prix que j’affiche sont basés sur ceux de mon fournisseur, qui lui-même s’approvisionne en raffinerie au tarif Rotterdam », rétorque ainsi Francis Pousse, président national distributeurs carburants et énergies nouvelles chez Mobilians. Ce syndicaliste, représentant de 5 400 stations-service en France (hors grandes surfaces), fait référence au marché de Rotterdam, aux Pays-Bas, l’un des principaux hubs européens sur lequel les distributeurs viennent s’approvisionner en carburants raffinés. Les tarifs de Rotterdam servent de référence pour l’ensemble du marché de gros en Europe.
Dans une note publiée en 2021, des économistes de la Banque de France ont comparé au jour le jour les fluctuations des prix pratiqués sur le marché de Rotterdam avec les tarifs des stations-service en France. Ils en ont conclu à l’absence d’effet « fusée-plume » entre les prix à la pompe et ceux de Rotterdam. « La réponse des stations à une baisse du coût d’achat de la matière première est similaire à la réponse à une hausse de ce coût : les prix des carburants s’ajustent à la même vitesse et l’ampleur de l’ajustement de long terme est identique », explique l’étude.
Mais ce constat est-il toujours valable aujourd’hui ? La comparaison des prix à Rotterdam avec les prix à la pompe, réalisée par franceinfo sur le graphique ci-dessous, semble attester de tarifs à la pompe toujours alignés sur ceux du marché de gros, dans les périodes d’augmentation comme dans celles de diminution des coûts des carburants.
Les professionnels du secteur affirment que les services du ministère de l’Economie seraient parvenus aux mêmes conclusions au cours d’une réunion organisée à Bercy fin avril. « La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a conclu qu’il n’y a[vait] pas de différence notable entre les répercussions des hausses et les répercussions des baisses », affirme ainsi Olivier Gantois, le président de l’Ufip. Interrogé par franceinfo, le ministère de l’Economie n’infirme pas les propos de l’Ufip et explique que l’évolution des prix à la pompe fait l’objet d’un suivi qui est toujours en cours. « Nous essayons d’ouvrir le capot et de comprendre au maximum les variations des prix », explique-t-on du côté de Bercy, où la volonté est clairement de mettre une pression à la responsabilité sur les distributeurs de carburant.
Mais qu’en est-il des marges réalisées par les raffineurs ? Après l’annonce, le 29 avril, des près de 5 milliards d’euros de bénéfices réalisés par TotalEnergies au premier trimestre (en hausse de plus de 50% sur un an), la question de la taxation de ces superprofits a été relancée. Pressé par une partie de la classe politique, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a appelé le géant pétrogazier français « au bon sens » et à pratiquer « un plafonnement généreux des prix à la pompe », selon des déclarations rapportées par la Tribune du dimanche. Mi-avril, les ministres de l’Economie et de l’Energie, respectivement Roland Lescure et Maud Bregeon, avaient réclamé l’ouverture d’une enquête sur les marges des raffineurs auprès de la Commission européenne. « Face aux risques de collusion et de manipulation […] , la France souhaite que soient mises en œuvre, au niveau européen, des actions permettant d’améliorer la transparence sur la formation des prix des produits raffinés », écrivaient les deux ministres dans un courrier dévoilé par BFMTV.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : L'équipe suit cette actualité de près pour mieux vous informer.

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