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6 mai 2026Reuters.com
6 mai 2026à Strasbourg, la lutte contre le non-recours aux droits sociaux plébiscitée depuis deux ans – franceinfo
Analyse : Quelques éléments à retenir de cette information pour nos lecteurs.
L'article « à Strasbourg, la lutte contre le non-recours aux droits sociaux plébiscitée depuis deux ans – franceinfo » a retenu l'attention de notre équipe.
Points clés à retenir
Plus d’un tiers des personnes éligibles au RSA ne le touchent pas. C’est ce qu’on appelle le non-recours aux droits sociaux et cela concerne de nombreuses aides. Face à ce constat, le gouvernement a lancé en 2023 le dispositif « Territoires Zéro Non-Recours ». On en compte 39 dans le pays. Premier bilan à Strasbourg où depuis deux ans, des agents aident les habitants d’un quartier défavorisé dans leurs démarches.
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Installé devant son ordinateur, Maël Richecoeur, conseiller numérique, reçoit une fois par semaine les habitants de la cité Ampère, à Strasbourg, pour les aider dans leurs démarches. Depuis début 2024, la ville de Strasbourg fait partie de l’expérimentation nationale « Territoires Zéro Non-Recours », dans son quartier dit prioritaire de Neudorf, 45 000 habitants.
Face à lui, Clémentine, pas très à l’aise avec les procédures en ligne : « Je ne suis pas habituée à l’ordinateur, je ne voudrais pas faire de bêtise », confie-t-elle. À tel point qu’il y a encore quelques mois, elle n’osait pas demander certaines aides, comme la prime d’activité. « Je croyais que c’était seulement pour les salariés à temps complet », explique Clémentine. Et pourtant, comme elle fait de temps en temps quelques heures de ménage, elle est bien éligible à cette prestation sociale : « 100 euros, c’est impressionnant », s’étonne encore Clémentine.
Au fil des mois, et des rendez-vous, Clémentine prend confiance en elle. Elle espère même pouvoir réaliser les prochaines déclarations en ligne toute seule, ce qui ravit Maël Richecoeur : « J’ai vu madame monter en compétence, s’acheter un ordinateur, être de plus en plus à l’aise. On sent qu’on a vraiment un rôle à jouer. On peut être utiles au quotidien à ces personnes », se félicite-il. De nombreuses personnes renoncent à leurs droits par peur de ce qu’on appelle les « indus », ajoute le conseiller numérique.
« Beaucoup de personnes ont peur de faire une erreur auprès de l’administration et qu’il y ait une demande de remboursement ultérieure, ce qui pourrait pénaliser leur situation budgétaire et familiale. »
Maël Richecoeur, conseiller numériqueà franceinfo
Pourtant, grâce au dispositif « Neudorf- Musau, Droits devant ! », près de 200 habitants comme Clémentine ont poussé les portes de ces permanences depuis un an. Trois fois par semaine, Maël Richecoeur et Magali Fleury, médiatrice et conseillère en droits sociaux, tiennent des permanences au cabinet de santé scolaire d’Ampère, dans une association sportive de football, ou encore à la médiathèque de Neudorf. « Nous avons repéré quatre temps de vie comme étant possiblement fragilisant : je deviens majeur, je deviens parent, je me sépare et je deviens sénior, développe Magali Fleury. On va parler des ressources, donc on regarde leur revenu fiscal de référence. On regarde aussi la composition de leur famille, si, par exemple, ils ont de nombreux enfants ».
Ce non-recours aux droits sociaux peut s’expliquer par de nombreux facteurs : « On parle souvent de la fracture numérique, mais [il y a aussi] le jargon administratif, la méconnaissance du fonctionnement de l’administration. Et il y a des personnes qui sont dans une forme de fatalité, persuadées qu’elles n’ont pas le droit aux aides, raconte Magali Fleury. Plusieurs disaient : ‘Non, ce n’est pas la peine. Je n’ai droit à rien’. »
« On va pouvoir parler de la prime d’activité, du RSA, de la complémentaire santé gratuite, du minimum vieillesse et des aides pour faire le sport ! »
Magali Fleury, médiatrice et conseillère en droits sociauxà franceinfo
« Elles sont parties avec des infos quand même, se réjouit la conseillère. Cette action est un peu une porte d’entrée et peut aussi permettre à des personnes de se sentir mieux ».
Pour informer les habitants de l’existence du dispositif, Magali de Haas, cheffe de projet sur le « Territoire Zéro Non-Recours » pour la ville de Strasbourg, a mené mardi 5 mai une action au marché de Neudorf. Elle distribuait des flyers avec les lieux et horaires des permanences. Des actions semblables ont parfois lieu dans les fêtes de quartier, à la descente des bus, etc. « C’est important, insiste-t-elle, parce que beaucoup de personnes aujourd’hui sont éloignées des services publics, ont baissé les bras face à des démarches qui sont complexes, à une multiplicité d’organismes et à une dématérialisation grandissante. On a constaté que 60% des personnes qui viennent aux rendez-vous dits de diagnostic sont des personnes qu’on a croisées dans ce genre d’actions.
« On a toute une palette de services ou d’aides qui peuvent aussi contribuer à prévenir la pauvreté et à réduire les inégalités. »
Magali de Haas, cheffe de projetà franceinfo
Magali de Haas précise la stratégie adoptée. « On a fait le choix de ne pas travailler uniquement sur les minima sociaux, mais aussi sur les aides locales. Par exemple à Strasbourg, beaucoup de familles ignorent qu’en dessous d’un certain seuil de ressources, la Ville peut leur octroyer une aide de 80 euros pour l’inscription de leur enfant dans un club sportif. On a aussi une aide pour les femmes enceintes qui consiste en des paniers de légumes bio, donc sans perturbateurs endocriniens », énumère-t-elle.
Dans le quartier Neudorf où le taux de pauvreté est de 18%, la municipalité est convaincue de la nécessité de ce dispositif. Elle a mené une étude auprès de 167 personnes pour voir les différentes aides non demandées malgré l’éligibilité : 45 personnes étaient éligibles à la complémentaire santé, 18 au chèque énergie et 15 aux aides au logement. « Ça évite souvent la très grande précarité, expose Françoise Bey, adjointe à la maire de Strasbourg. Au niveau financier, il y a une amélioration, sur le incident aussi de pouvoir accéder à des soins médicaux. le situation de pouvoir avoir des allocations auxquelles on a le droit, permet finalement de ne pas sombrer complètement. C’est la prévention qui compte ». L’élue appelle donc le gouvernement à pérenniser cette expérimentation qui doit se terminer à la fin de l’année.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Les prochaines informations permettront de mieux comprendre les enjeux.

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