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6 mai 2026Les trêves « unilatérales » de l’Ukraine et de la Russie ont-elles des chances d’être respectées ?
Analyse : Cette actualité a retenu notre attention et mérite quelques remarques.
Notre rédaction a sélectionné quelques points clés concernant « Les trêves « unilatérales » de l’Ukraine et de la Russie ont-elles des chances d’être respectées ? ».
Points clés à connaître
• La Russie en a demandé une pour les célébrations du 9 mai avant que Kiev en propose une deux jours plus tôt.
• Les trêves précédentes n’ont pas abouti, souvent utilisées à des fins politiques et militaires par l’armée de Vladimir Poutine.
Faire la paix séparément : c’est, en substance, l’option choisie par l’Ukraine et la Russie. Chacune a annoncé sa propre trêve à des dates distinctes : dès ce mercredi 6 mai pour Kiev, et les 8 et 9 mai pour Moscou. Si les deux pays proposent de faire taire momentanément les armes, Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky multiplient les menaces de représailles en cas d’attaque de l’adversaire.
Le président russe a ainsi agité le spectre d’une « frappe massive de missiles » sur Kiev si l’Ukraine viole le cessez-le-feu les 8 et 9 mai, à l’occasion de la commémoration de la victoire de l’URSS contre l’Allemagne nazie en 1945, au cours de laquelle un défilé militaire sur la place Rouge de Moscou est organisé.
Quant à son homologue ukrainien, il a affirmé que son pays frappera « de manière réciproque » en cas d’attaque russe après minuit, dans la nuit du 5 au 6 mai. « La paix ne peut attendre les “défilés” et les “célébrations”. Si Moscou est prête à mettre fin aux hostilités, elle peut le faire dès demain (mardi) soir », a renchéri le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriï Sybiga.
Des mini-trêves sans « aucun résultat »
Ce n’est pas la première fois que la Russie annonce une « trêve unilatérale » depuis le début de son offensive contre l’Ukraine en février 2022. Déjà en janvier 2023, dans le cadre du Noël orthodoxe, Vladimir Poutine avait décrété un cessez-le-feu de 36 heures pour permettre la tenue des célébrations religieuses, disait-il. L’Ukraine avait rejeté l’initiative et l’arrêt des combats n’avait pas été respecté. Le président Volodymyr Zelensky avait, à l’époque, estimé que cette trêve visait uniquement à empêcher les forces ukrainiennes de progresser dans le Donbass.
Une nouvelle fois, le maître du Kremlin avait déclaré une trêve lors des fêtes de Pâques les 19 et 20 avril 2025 invoquant des raisons « humanitaires ». Les troupes russes avaient profité de l’accalmie pour avancer, entre autres, dans plusieurs localités de la région de Donetsk, avait révélé Viktor Kevlyuk, colonel de réserve de l’armée ukrainienne et analyste au sein d’un think tank ukrainien, cité par Mediapart. D’après ce même analyste, « les résultats de quatre mois de défense acharnée [par l’Ukraine] avaient été effacés » durant ce cessez-le-feu de même pas 48 heures. En avril 2026, pour la Pâques orthodoxe, une trêve de 32 heures a été réclamée par Moscou –après une proposition similaire de Kiev-, mais les deux camps se sont accusés mutuellement de multiples violations.
Cette nouvelle trêve russe proclamée s’inscrit donc dans un « schéma familier de cessez-le-feu unilatéraux coïncidant avec diverses fêtes (…) qui n’ont donné aucun résultat concret », analyse l’agence AP. Les exemples des trêves précédentes montrent aussi qu’elles servent des intérêts politiques et militaires.
Des objectifs politiques et militaires pour la Russie
Déjà, d’un note de vue politique, Vladimir Poutine veut une pause dans les combats car il craint que son défilé militaire sur la place Rouge, censé être une démonstration de force, ne soit entaché par le survol de drones ukrainiens. L’Ukraine avait effectivement cherché à perturber le défilé du 9 mai l’an dernier avec des attaques de drones visant Moscou dans les jours précédents.
D’autant que l’événement s’annonce nettement moins spectaculaire que d’habitude : il ne comprendra ni chars, ni artillerie, ni systèmes de missiles. Le Kremlin justifie cette décision par la « menace terroriste » ukrainienne, tandis que le journal Politico y voit une mise en lumière de la vulnérabilité russe, Moscou peinant à reconstituer ses effectifs militaires dans le Donbass.
D’un paramètre de vue militaire justement, la trêve proclamée par Moscou s’inscrit dans un contexte de lourdes pertes sur le front pour la Russie, pointe Politico. Les Russes ont même perdu du terrain – 120 km2, soit une surface plus grande que Paris intra-muros – en Ukraine en avril, une première depuis la contre-offensive ukrainienne de l’été 2023, selon l’analyse par l’AFP des données de l’Institut pour l’étude de la guerre.
Une tactique pour l’Ukraine
Si les raisons qui poussent la Russie à décréter une trêve sont multiples, quel intérêt pour l’Ukraine de proposer une contre-trêve ? D’après plusieurs responsables cités par le Financial Times, Volodymyr Zelensky souhaite pointer le « cynisme absolu » de Moscou et « la contradiction » de Vladimir Poutine, demandant des garanties de sécurité pour son défilé tout en continuant de frapper l’Ukraine. La dernière attaque russe en date, dans la nuit de lundi à mardi, a fait au moins cinq morts, dont des secouristes, et des dizaines de blessé.
Selon l’analyste politique ukrainien Volodymyr Fessenko, il s’agit aussi pour Kiev d’une manœuvre tactique dans les champs « informationnel et politique ». « Si la Russie ne respecte pas notre cessez-le-feu, nous sommes en droit de ne pas respecter le sien. Cela annule l’initiative de Poutine », détaille l’expert auprès de l’AFP, jugeant qu’il est « presque certain » qu’aucun des cessez-le-feu ne sera pleinement suivi.
Et pour cause, les différends entre Moscou et Kiev sont trop vifs et les tentatives de négociation pilotées par Washington n’ont permis aucune avancée concrète depuis des mois. L’Ukraine réclame toujours une trêve prolongée pour favoriser les pourparlers afin de trouver un accord pour arrêter ce conflit, le plus sanglant en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Mais Moscou refuse cette demande, arguant qu’un cessez-le-feu plus étendu permettrait à Kiev de renforcer ses défenses, et exige notamment la cession de toute la région ukrainienne de Donetsk. Le nouveau désaccord sur la date d’une trêve n’est que l’illustration de plus d’une guerre qui s’enlise.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Cette information sera mise à jour dès que de nouveaux éléments apparaîtront.

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