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7 mai 2026Analyse : Quelques éléments saillants observés par notre rédaction.
Selon notre équipe, l'article intitulé « l’Équateur mise sur la fracturation hydraulique, malgré le rejet des peuples indigènes » mérite un regard attentif.
Faits marquants
Le 29 avril, le gouvernement équatorien a annoncé avoir eu recours pour la première fois à la technique de la fracturation hydraulique – ou fracking – pour extraire du pétrole en Amazonie. Le journal La Hora salue une “première historique” offrant des perspectives alléchantes pour le deuxième produit d’exportation de ce petit pays andin. Mais des leaders indigènes dénoncent l’expansion de l’exploitation pétrolière sur leurs terres sans leur consentement, et des experts locaux questionnent la technique utilisée.
La technique du fracking consiste à extraire du pétrole et des gaz emprisonnés dans de la roche de schiste en injectant des fluides à forte pression pour la fracturer. Les défenseurs de l’environnement font valoir qu’elle nécessite de grandes quantités d’eau pour un faible potentiel de production énergétique.
Le puits concerné par les annonces de l’exécutif équatorien se situe dans la province amazonienne de Sucumbíos, dans le nord-est du pays. Il a été foré en alliance entre l’entreprise nationale Petroecuador et la société chinoise CCDC, filiale de la Corporation nationale de pétrole de Chine (CNPC), et produirait actuellement 930 barils par jour. Un volume modeste mais dont les autorités soulignent l’importance stratégique. Car “au-delà de l’augmentation immédiate du volume de pétrole brut, cette découverte met en évidence le potentiel de zones qui offrent encore des occasions de développement”.
Colère des autochtones
Cependant, la décision d’exploiter le pétrole en Amazonie est largement contestée par les populations autochtones, qui sont montées au créneau.
Le 27 avril, à la conférence pour la sortie des énergies fossiles à Santa Marta (Colombie), El País América rapportait les propos de Marcelo Mayancha, président de la nation Shiwiar, qui dénonçait la feuille de route prévoyant 47 milliards de dollars (plus de 40 milliards d’euros) d’investissements dans 49 projets pétroliers, dont onze affectent directement son territoire en forêt primaire. “Pendant que le monde parle de transition énergétique, le gouvernement équatorien encourage l’exploitation pétrolière en Amazonie”, accusait-il.
Et comme le rappelle le média spécialisé Mongabay, l’insistance du gouvernement de Daniel Noboa n’est pas nouvelle. Dès 2023, il avait été contraint par référendum de stopper l’une des principales exploitations du pays, dans le parc national du Yasuni, en Amazonie. Une décision qu’il rechigne toujours à appliquer, invoquant un lourd manque à gagner, tandis que les autorités poursuivent les promoteurs du non au référendum, dans un procès rempli d’“irrégularités”.
De maigres perspectives
Les perspectives miroitées pourraient même être plus maigres que prévu puisque, le 5 mai, Expreso a interrogé deux spécialistes qui sèment le doute sur l’utilisation réelle du fracking. Le consultant en géopolitique Nelson Baldeón affirme qu’il “ne s’agit pas de véritable fracturation hydraulique mais d’interventions conventionnelles sur des gisements existants”. En somme, selon l’expert Fernando Santos, “le gouvernement tente de tromper l’opinion publique en laissant entendre que nous sommes entrés dans l’ère de la fracturation hydraulique, une technique qui a connu un grand succès aux États-Unis et en Argentine”.
Or la controverse intervient dans un contexte de crise. Comme le rapporte El Colombiano, la production de Petroecuador n’a cessé de diminuer depuis 2015. Baldéon, ancien responsable de Petroecuador cité par le quotidien colombien, explique que la production étatique est passée de près de 550 000 barils par jour à environ 360 000, faute d’investissements. L’Équateur doit même importer de l’essence, alors que les tensions au Moyen-Orient font flamber les cours.
Source : www.courrierinternational.com
Conclusion : Les faits continueront d’être suivis pour fournir une analyse complète.

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