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Un résumé rapide de « Ukraine : retrouver les corps des soldats, une mission presque impossible avec les drones » selon notre rédaction.
Points essentiels de l’article
L’Ukraine observe depuis hier un cessez-le-feu unilatéral, avant une trêve annoncée par Moscou à partir de demain, à l’occasion des commémorations de la victoire de 1945 contre l’Allemagne nazie.
Même fragiles, ces silences dans la guerre offrent aux soldats un bref répit. Ils ouvrent aussi de rares fenêtres pour récupérer les corps qui jonchent le champ de bataille.
Un travail essentiel pour les familles alors que plusieurs dizaines de milliers de soldats sont toujours portés disparus… mais un travail devenu presque impossible avec la prolifération des drones sur le front ukrainien.
C’est la mission de ces militaires ukrainiens, rencontrés par notre correspondant en Ukraine, Lucas Lazo, à l’aube, dans une ferme abandonnée du Donbass, à une vingtaine de kilomètres du front.
Russes et Ukrainiens traités avec les mêmes égards
Un à un, les sacs mortuaires sont déchargés du camion. Il faut s’y prendre à plusieurs pour hisser les corps sur une table sommaire, dressée dans une grange à l’abri des regards et des combats. Russes et Ukrainiens y sont traités avec les mêmes égards.
Le travail avec les morts est un labeur silencieux. Les visages sont fermés. Ce matin, une dizaine de corps sont auscultés par Oleksiy Yukov, treillis militaire, casque sur le crâne :
« Il s’agit du corps d’un soldat de la Fédération de Russie, c’est ce qu’indiquent son équipement et son matériel militaire. Malheureusement, aucun signe distinctif personnel ni document d’identité n’a été retrouvé. »
Oleksiy manipule avec précaution la dépouille dont les tissus se décomposent déjà :
« Ici, des brûlures, là, des tatouages »
Il identifie des brûlures sur la partie supérieure du corps, au niveau du thorax…Plusieurs tatouages, sur les mains, et sur le bras gauche… Ce soldat russe a été tué une semaine plus tôt selon lui :
« Il est possible que les organes internes aient été endommagés lors d’explosions : il pourrait s’agir de traumatismes dus au souffle, qui ont très probablement entraîné la mort. »
« Les gars font ça volontairement, sans être payés. Simplement par humanité »
Oleksiy Yukov et son équipe – une dizaine de militaires – parcourent le champ de bataille au péril de leur vie, pour en extraire les corps des soldats. Depuis quatre ans, plus de 3 000 dépouilles ont ainsi été exhumées du front ukrainien, « de nos propres mains », nous explique-t-il…certaines parfois portées à dos d’homme :
« Les gars font ça volontairement, sans être payés. Simplement par humanité. Ça dit beaucoup de leur rapport aux morts, de ce qu’ils ressentent pour ceux qui sont tombés… Chaque personne doit rentrer chez elle et être enterrée dignement, humainement… »
Une mission aujourd’hui mise en péril par la menace des drones FPV, ces engins kamikazes équipés d’une caméra, qui permettent à l’ennemi de traquer une cible à distance. Ils pullulent désormais à proximité de la ligne de front :
« L’épuisement émotionnel arrive quand tu n’as pas la possibilité de récupérer les corps.
Quand tu les vois, mais que tu ne peux rien faire.
Tu ne peux tout simplement pas sortir de ta position pour aller les chercher et les évacuer. Il y a des drones, le terrain est à découvert, et tu comprends que si tu sors, tu ne reviendras pas. »
Avec l’arrivée des drones, ces missions ont diminué de 90%
De sa voix douce, à peine audible, Arthur, 29 ans, le regard dissimulé derrière ses lunettes de combat, nous détaille son travail :
« Sur la ligne de contact, quand c’est possible, une voiture nous dépose. On travaille une heure, une heure et demie maximum. Très peu de temps. S’il y a des corps, on ne les met même pas dans des sacs : on les charge dans la voiture et on repart aussitôt, pour éviter les drones. »
Depuis l’invasion du pays, Arthur assiste Oleksiy dans sa funeste mission. Lui aussi est habité par le devoir mais l’émotion affleure chez le jeune homme entre déférence pour les défunts et vertige de côtoyer toute cette mort :
« Au début, quand on allait récupérer des Russes, tout le monde disait : “À quoi bon ?” Ensuite, les échanges de corps ont commencé. Un corps russe, c’est au moins un corps ukrainien rendu. Et puis, il y a cette question : que sommes-nous, si des corps restent sur notre terre, mangés par les chiens, sans que nous ne fassions rien ? »
Avec l’arrivée des drones, ces missions ont diminué de 90%, nous confie Dimitro, le chauffeur du camion. La matinée avance. Le soleil est maintenant levé. Les corps sont numérotés, avant d’être envoyés à la morgue, dans l’ouest du pays, les Ukrainiens seront rendus à leur famille, les Russes échangés contre des Ukrainiens.
Oleksiy se demande si ce n’est pas l’une des dernières fois qu’il pourra encore venir chercher les morts sur le front du Donbass.
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : L’analyse sera enrichie dès que de nouvelles données seront disponibles.

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