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8 mai 2026Analyse : Nos journalistes ont mis en avant les points essentiels à connaître.
Un résumé concis de « Ce que nous apprend la principale étude menée sur l’hantavirus des Andes » selon notre équipe.
Éléments essentiels
• Elle portait sur une épidémie survenue en Argentine qui avait fait une dizaine de morts parmi la trentaine de cas confirmés.
• Sans vaccin, l’isolement et la protection du personnel soignant sont cruciaux pour contenir le virus.
Une étude qui en dit beaucoup. Alors qu’un foyer d’hantavirus s’est développé sur un navire de croisière et a déjà fait trois morts, la course contre la montre pour comprendre cette maladie est lancée. Mode de contamination, dangerosité réelle, risque d’épidémie… De nombreuses zones d’ombre persistent.
Jusqu’à présent, la souche d’hantavirus des Andes a été confirmée pour deux patients, l’un hospitalisé à Johannesburg, l’autre à Zurich. Parmi les 38 souches d’hantavirus connues, il s’agit de la seule forme qui se transmet d’humain à humain. Ce n’est pas une grande nouveauté pour la communauté scientifique. « La possibilité de contamination interhumaine est connue depuis 30 ans », rappelle Anne-Claude Crémieux, infectiologue et professeure en maladies infectieuses auprès de BFMTV.
Cette souche « des Andes » si particulière avait été identifiée pour la première fois en 1996, à El Bolsón, en Argentine. Elle est à nouveau apparue 22 ans plus tard, également en Argentine. Ce foyer et son évolution ont été décrits en détail dans une étude parue dans The New England Journal of Medicine en 2020. Le HuffPost fait le paramètre sur les principaux enseignements que l’on peut en tirer.
• Le virus avait été transmis lors d’une fête d’anniversaire
Cette étude s’intéresse donc au foyer épidémique apparu en novembre 2018 à Epuyén, un village de 3000 habitants du sud-ouest de l’Argentine. Les chercheurs sont parvenus à retracer la chaîne de contamination et à identifier un « patient zéro », infecté à la suite d’une exposition environnementale au virus.
Alors qu’il présentait déjà des symptômes, notamment de la fièvre, ce patient s’est rendu à une fête d’anniversaire réunissant une centaine d’invités. Bien qu’il n’y soit resté qu’une heure et demie, ce laps de temps a suffi pour contaminer cinq personnes assises à ses côtés.
Ces dernières ont développé des symptômes entre 17 et 24 jours après la fête. Parmi les personnes infectées, un homme, décrit comme ayant « une vie sociale particulièrement active », a à son tour contaminé six autres individus avant de succomber à la maladie.
Lors de sa veillée funèbre, son épouse présentait elle aussi de la fièvre. « Dix autres personnes ayant assisté à la veillée et ayant été en contact étroit avec cette personne sont tombées malades entre 14 et 40 jours après la veillée », indique l’étude. Au total, 34 personnes ont été infectées, dont 11 sont décédées.
Chaine de transmission interhumaine de l’hantavirus ANDV à Epuyén, fin 2018.
• Contamination par « inhalation de gouttelettes »
Cette étude nous apporte également de précieux enseignements sur les mécanismes de transmission du virus. « Un patient a été suspecté d’être la source d’infection de plusieurs autres, suggérant qu’un cas de superpropagation précoce a initié les chaînes de transmission ultérieures, note l’étude. La voie d’infection des cas secondaires était probablement l’inhalation de gouttelettes ou de virions en suspension dans l’air. »
Les chercheurs ont également observé que certains patients étaient plus contagieux que d’autres. « Les investigations cliniques (…) ont révélé que ceux présentant une charge virale élevée et des lésions hépatiques étaient plus susceptibles de transmettre l’infection », conclut l’étude.
En revanche, aucun lien clair n’a été établi entre la contagiosité et d’autres facteurs, tels que la gravité de la maladie, la diversité génomique du virus, l’âge des patients ou encore la durée d’hospitalisation.
• La mise en quarantaine avait été efficace
À ce jour, il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique contre cet hantavirus. Pour autant, l’étude publiée en 2020 insiste sur l’efficacité d’une isolation des patients. En 2019, lorsque l’épidémie avait pris de l’ampleur, avec 18 cas recensés, les autorités sanitaires argentines avaient en effet imposé la mise en quarantaine des personnes infectées et incité les personnes ayant été en contact à s’isoler.
« Ces mesures ont très probablement permis de freiner la propagation du virus », notent les chercheurs. En effet, le taux de reproduction médian, c’est-à-dire le nombre de cas secondaires causés par une personne infectée pendant sa période de contagiosité, était de 2,12 avant la mise en place des mesures de contrôle. Il a été réduit à 0,96 après leur application.
« Les patients atteints doivent être isolés et leurs cas pris en charge avec soin », conclut donc l’étude publiée en 2020. Par ailleurs les chercheurs alertent sur les risques pour le personnel soignant de première ligne, « qui doit utiliser un équipement de protection individuelle approprié pour aider à prévenir la transmission ».
Le bateau de croisière où s’est développé le foyer est désormais en route vers Tenerife, aux Canaries. Une évacuation des 147 passagers restant à bord est prévue en début de semaine prochaine. Des avions les rapatrieront ensuite dans leurs pays, a indiqué le ministère espagnol de l’Intérieur.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Les faits continueront d’être analysés pour informer nos lecteurs.

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