
Rapport sur l’emploi avril 2026
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8 mai 2026Crimes d’état », « massacres »… Pour les Algériens, Sétif représente « une date constitutive de l’histoire du mouvement national algérien
Analyse : Une analyse rapide pour comprendre cette actualité.
Voici l'avis général de nos rédacteurs sur « Crimes d’état », « massacres »… Pour les Algériens, Sétif représente « une date constitutive de l’histoire du mouvement national algérien ».
Faits marquants
La répression par les forces françaises des manifestations pro-indépendantistes à Sétif, Guelma et Kherrata, trois villes de l’est de l’Algérie, à partir du 8 mai 1945, faisant des milliers de morts, constitue une date fondatrice dans l’histoire du mouvement national algérien.
La ministre française déléguée aux Armées, Alice Rufo, se rend ce vendredi à Sétif pour y « commémorer » l’autre 8 mai 1945, a annoncé l’Élysée dans un communiqué.
« C’est la vérité de notre histoire et c’est l’honneur de la France de la regarder en face », est-il écrit dans le communiqué de l’Élysée. Ce jour-là, à Sétif mais aussi à Guelma et Kherrata, trois villes dans l’est de l’Algérie, l’armée française a orchestré le massacre de manifestants indépendantistes. Ces « événements tragiques », soit la répression sanglante des manifestations, ont duré plusieurs semaines et fait des milliers de victimes.
Le 8 mai 1945 à Sétif, berceau de Ferhat Abbas, fondateur de l’Union populaire algérienne (UPA) et des Amis du manifeste et de la liberté (AML) qui réclame un État algérien autonome associé à la France, une foule de 8.000 à 10.000 personnes se forme pour célébrer la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie.
« Vive l’Algérie indépendante »
Pour la première fois, à côté de l’étendard français, figure le drapeau algérien vert et blanc. Aux « Vive la victoire alliée » scandés par la foule succèdent les « Vive l’Algérie indépendante ».
Mais, à Sétif, le sous-préfet ordonne de retirer pancartes et banderoles. Un jeune homme, Bouzid Saâl, refuse de baisser le drapeau algérien. La police ouvre le feu, Bouzid Saâl est tué. La foule panique, c’est le début des émeutes. Les Algériens, qui fuient sous les coups de feu, agressent à leur tour des Européens. L’insurrection s’étend à Guelma, Kherrata, Bône et à la campagne. Pendant deux jours, pillages, viols et assassinats se multiplient.
Le gouvernement provisoire du général de Gaulle répond par une répression impitoyable, menée par le général Raymond Duval. Dans toute la région, la loi martiale est proclamée, les chefs nationalistes arrêtés, des villages incendiés et mitraillés par l’aviation.
Selon les Algériens, la répression a fait 45.000 victimes. Du côté français, les chiffres varient, selon les sources, entre 1.500 et 20.000 morts, dont 103 Européens. Quatre mille personnes sont arrêtées, 99 condamnées à mort.
Depuis, pour les Algériens, Sétif représente « un tournant », « une date constitutive de l’histoire du mouvement national algérien », selon l’historien spécialiste de l’Algérie Benjamin Stora. « C’est les espoirs déçus de promesses d’égalité de droits qui ont été refusés, notamment pour ceux qui ont combattu le nazisme aux côtés des Français. »
Dès lors, « c’est la volonté du passage à la lutte armée qui va être dominante, c’est-à-dire qu’on ne peut plus rester aux voies plus classiques de la politique, des manifestations pacifiques puisque la répression a été terrible », explique-t-il à l’AFP. Et deux ans plus tard sera créée l’Organisation spéciale (OS), une branche clandestine chargée de préparer la lutte armée algérienne qui débutera en 1954.
« Crimes d’État »
L’Algérie a instauré depuis 2020 une « journée de la Mémoire » en hommage aux victimes de la répression des manifestations du 8 mai 1945.
« Ce que les Algériens réclament, c’est la reconnaissance officielle de l’État français dans la responsabilité de ces massacres », rappelle Benjamin Stora.
En février 2005, la France, par la voix de son ambassadeur Hubert Colin de Verdière, avait reconnu « une tragédie inexcusable ». Dix ans plus tard, le secrétaire d’État français aux Anciens combattants, Jean-Marc Todeschini, participait en Algérie aux commémorations du massacre, déposant une gerbe au pied du mausolée de Bouzid Saâl à Sétif.
L’année dernière, une dizaine de députés français, dont Danielle Simonnet, avaient fait le déplacement et appelé à la reconnaissance par l’État des massacres. Le 9 septembre suivant, ces mêmes élus avaient déposé une proposition de résolution « visant à reconnaître les massacres du 8 mai 1945 à Sétif, Guelma et Kherrata, en Algérie, comme crimes d’État ». Le 8 mai 2025, lors de la cérémonie de commémoration de la fin de la Seconde Guerre mondiale, à Paris, Emmanuel Macron avait mentionné les massacres en Algérie et en Syrie.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : L’équipe continuera à observer la situation pour mieux informer nos lecteurs.

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