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9 mai 2026L’Autriche, « nid d’espions », veut en finir avec l’immunité diplomatique au service de l’espionnage
Analyse : Nos journalistes proposent quelques éléments à retenir de cette actualité.
Les journalistes partagent leur point de vue sur « L’Autriche, « nid d’espions », veut en finir avec l’immunité diplomatique au service de l’espionnage ».
Récap des faits principaux
L’Autriche vient d’expulser trois diplomates russes, accusés d’espionnage : ces diplomates ont utilisé une « forêt d’antennes » installées sur le toit de l’ambassade de Russie à Vienne ainsi que dans un complexe diplomatique russe, indiquent l’ORFOuverture dans un nouvel onglet, chaîne télévisée publique autrichienne qui avait déjà consacré une chronique sur ce sujet en mars dernierOuverture dans un nouvel onglet, et la BBCOuverture dans un nouvel onglet. Ce ne sont pas que des données concernant l’Autriche qui ont été interceptées : dans un pays qui abrite l’un des sièges des Nations Unies, de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, mais aussi de l’OPEP et de l’Agence internationale de l’énergie atomique, rappellent la Kronen ZeitungOuverture dans un nouvel onglet et le Financial Times.Ouverture dans un nouvel onglet « Depuis les étages supérieurs de l’ancienne école d’équitation impériale de Vienne, on peut apercevoir un ensemble d’antennes paraboliques derrière les dômes dorés de la cathédrale orthodoxe russe », décrit le quotidien économique.Ouverture dans un nouvel onglet
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Le gouvernement autrichien veut durcir la répression de l’espionnage contre les organisations internationales installées à Vienne : La coalition au pouvoir, formée l’an dernier entre les conservateurs, les sociaux-démocrates et les libéraux, promet d’agir plus fermement contre l’espionnage russe, note la Kleine ZeitungOuverture dans un nouvel onglet, sachant que jusqu’à présent, l’espionnage n’est puni que s’il nuit aux intérêts directs de l’Autriche. Le ministère de la Justice prend les choses en main, précise la Kronen ZeitungOuverture dans un nouvel onglet et le Kyiv PostOuverture dans un nouvel onglet : Vienne veut désormais protéger, également, les intérêts des organisations internationales, telles que l’Union européenne ou l’ONU, contre l’espionnage russe.
Entretien avec Étienne Girard, directeur adjoint de la rédaction de L’Express qui anime également le podcast « Nid d’espionsOuverture dans un nouvel onglet« .
Comment la Russie a-t-elle pu à ce point proliférer et espionner en Autriche, notamment à Vienne, siège de grandes organisations internationales ?
Il y a effectivement un sujet spécifique avec l’Autriche et avec Vienne. Historiquement, l’Autriche est un pays d’espionnage : depuis la Seconde Guerre mondiale et pendant la guerre froide, c’est un pays qui s’est voulu neutre. L’Autriche ne fait pas partie de l’OTAN, par exemple.
La Russie a toujours beaucoup activé ses réseaux en Autriche, parce que c’est une place facile d’accès, la plus proche de l’Europe occidentale, et vous l’avez dit, il y a aussi des organisations internationales. La plus importante, peut-être pour la Russie, c’est l’Agence internationale de l’énergie atomique, avec des informations extrêmement sensibles qui y transitent. Les grandes puissances, dont la Russie, ont souvent la tentation de disposer des antennes sur les toits de leurs ambassades pour espionner. Comme vous le savez, les ambassades sont inviolables : on n’a pas le droit d’y pénétrer. C’est un territoire étranger, et on peut donc y installer ce qu’on veut, en fait.
Le gouvernement autrichien a jugé anormal que l’immunité diplomatique puisse servir à couvrir des activités d’espionnage. Mais certains auditeurs se demandent s’il ne s’agit pas, au fond, d’une rhétorique anti-russe de la part de Vienne. D’autres s’interrogent sur la sécurité des communications des organisations internationales installées dans la capitale autrichienne, comme l’AIEA ou l’OSCE : sont-elles suffisamment protégées, suffisamment chiffrées ? Et quelles informations le Kremlin pourrait-il réellement intercepter ?
Sur la Russie, est-ce que c’est une rhétorique antirusse ? Non, pas du tout. Cette volonté russe d’espionner, d’intercepter des données, est vraiment recoupée par un certain nombre d’enquêtes internationales. Ce n’est pas qu’en Autriche, d’ailleurs, c’est un peu partout en Europe et dans les grands pays.
Sur les communications, sont-elles assez protégées ? En théorie, oui. Au sein des institutions internationales, il existe des systèmes de cryptage : on ne peut pas lire les conversations. Mais tous ces principes ne fonctionnent que si l’on respecte absolument toutes les consignes de sécurité. En particulier, aucune information sensible ne doit transiter, par exemple, sur votre téléphone personnel quand vous sortez du travail. Ce que la Russie espionne – et les grandes puissances -, c’est tout ce que vous avez sur votre téléphone dès que vous sortez d’un lieu protégé. Donc, dès que vous sortez de l’ONU, dès que vous sortez de l’agence sur l’énergie atomique ou l’OSCE, si vous êtes employé, tout ce qui figure sur votre téléphone portable peut potentiellement être accessible à la Russie. Et le problème, c’est que les salariés et les employés ne respectent pas toujours les consignes de sécurité. C’est ainsi que la Russie, mais aussi d’autres pays, peuvent accéder à ces interceptions et à ces données.
Jusqu’à présent, l’Autriche ne punissait l’espionnage que si cela nuisait à ses propres intérêts mais aujourd’hui, le gouvernement autrichien veut durcir la loi afin de mieux protéger les organisations internationales qui siègent dans le pays. Comment Vienne peut-elle agir très concrètement ? Et quelles sont les autres « grandes oreilles », en dehors de la Russie, qui pourraient être visées?
La première question, c’est : comment agir contre l’espionnage technique ? Ce n’est pas simple, puisque, vous l’avez rappelé, les pays qui le pratiquent utilisent leur immunité diplomatique. On ne peut pas pénétrer dans une ambassade, donc on ne peut pas retirer ce matériel technique. En revanche, on peut se protéger au maximum, notamment en respectant strictement les consignes de sécurité. Et puis on peut gêner, on peut surveiller très activement les espions, les humains qui vont utiliser ces données, c’est-à-dire que les services de renseignement essaient de repérer les personnes qui traitent ces informations issues de l’espionnage technique, puis ils les font suivre, voire, dans les cas les plus extrêmes, les expulsent du territoire.
Sur les « grandes oreilles », je pense qu’il est important de dire qu’il n’y a pas que la Russie qui fait ça. Au premier rang, il y a les Etats-Unis : en France, ils ont été accusés d’avoir espionné de hauts dirigeants français. Ce sont les révélations de Snowden, dont on se souvient, il y a une quinzaine d’années. Et le patron de la DGSE, Nicolas Lerner, rappelait encore il y a quelques mois que les dispositifs d’écoute installés sur le toit de l’ambassade américaine à Paris semblent toujours être là.
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Source : www.radiofrance.fr
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