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20 mai 2026Donald Trump abime encore la séparation de l’Église et de l’État avec ce marathon de prière conservateur
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Résumé pour le lecteur
Quoi de mieux qu’un « marathon » de prière pour courir après l’électorat conservateur ? Un grand évènement religieux est organisé ce dimanche 17 mai à Washington, sous la houlette de l’administration Trump. L’initiative est intitulée « Rededicate 250 » – en référence au 250e anniversaire de la déclaration d’indépendance américaine – et elle est décrite comme un « Jubilé national de Prière, de Louange et d’Action de grâce ».
L’empreinte des trumpistes et de la politique pèse lourd sur l’évènement, organisé sur la pelouse du National Mall, juste à côté de la Maison Blanche, et financé en partie par l’argent public. Comme le rappelle la National Public Radio (NPR), des agences et des départements fédéraux prennent part à la mise en place de « Rededicate 250 » aux côtés d’organisations religieuses et d’entreprises privées comme ExxonMobil et Palantir.
Les trumpistes assurent que ce « marathon » de « prière nationale » est ouvert aux Américains de tous horizons et de toutes confessions, mais plusieurs médias et commentateurs y voient surtout une vitrine pour le nationalisme chrétien et l’occasion de mettre en avant des courants religieux favorables à l’administration Trump.
Un casting 100 % MAGA compatible
Il faut dire que le casting a de quoi interroger. Sur les quatorze leaders religieux qui doivent prendre la parole, onze sont des protestants évangéliques, relève le HuffPost américain, rappelant qu’ils ne composent qu’un quart de la population étasunienne et qu’ils sont surtout très représentés au sein de l’administration Trump – à travers des figures comme le ministre de la Défense Pete Hegseth notamment.
Plusieurs de ces représentants évangéliques qui seront présents à Washington se sont illustrés par des propos « dénigrants » envers les Musulmans et les Catholiques, en particulier le pape Léon XIV qui ne fait pas mystère de ses désaccords avec Donald Trump. Le HuffPost étasunien cite l’exemple d’Eric Metaxas, un auteur et présentateur radio conservateur MAGA affirmant que l’Islam est « malfaisant » et n’est « PAS une religion » et qui a décrit les propos du pape comme un « discours moralisateur » et des « sottises marxistes ».
Ce pedigree est à l’image de celui des autres intervenants, parmi lesquels on peut citer le pasteur Jack Graham, pour qui Léon XIV « ne lit clairement pas la Bible », ou encore l’évangéliste Franklin Graham, qui disait en 2017 que l’islam professait « le meurtre et le viol ». Sur les quatorze « speakers » annoncé, les trois qui ne sont pas chrétiens évangéliques ont en commun d’être conservateurs et d’être membres de la commission trumpiste sur les libertés religieuses.
L’un d’eux est un juif orthodoxe et les deux autres des catholiques, dont le cardinal Timothy Dolan, l’ex-archevêque de New York connu pour ses positions anti-immigration et anti-LGBTQ+. Donald Trump lui-même va s’adresser à la foule en vidéo, tout comme plusieurs membres de son administration : les ministres Pete Hegseth et Marco Rubio, ainsi que la cheffe du « Bureau de la foi » de la Maison Blanche Paula White.
Une version « idéologique » et « nationaliste » de la foi
Ce casting ultra conservateur et presque totalement chrétien nationaliste concentre les critiques contre l’évènement. C’est « une version idéologique très nationaliste chrétienne » de la religion qui est « privilégiée et mise en avant », a dénoncé le pasteur baptiste Adam Russell Taylor, cité par la NPR et qui est à la tête de l’organisation chrétienne progressiste Sojourners.
Ce dernier accuse l’administration Trump de braquer le projecteur sur la portion de chrétiens qui soutient le président américain, avec un évènement mené en majorité par des « leaders évangéliques blancs d’extrême droite ». Ces derniers sont « un des piliers électoraux » pour le locataire de la Maison Blanche, souligne la NPR dans son décryptage.
Le ton n’est pas plus amène du côté de CNN, qui voit dans ce marathon de prière « le dernier épisode en date » de la « remise en question de la séparation de l’Église et de l’État » par l’administration républicaine. La chaîne interroge par ailleurs la conformité de l’évènement avec la Constitution, cette dernière plaidant pour une neutralité de l’État vis-à-vis de la religion.
Les spécialistes cités par CNN étaient divisés sur la question. Le marathon de prière est « clairement anticonstitutionnel », tranche Douglas Laycock, spécialiste des questions religieuses à l’école de droit de l’Université du Texas. « C’est anticonstitutionnel parce que parce que le gouvernement promeut explicitement la religion, et pas seulement la religion en général, mais une vision assez spécifique d’une religion donnée », a-t-il affirmé auprès de la chaîne américaine.
54 % des Américains favorables à la séparation de l’Église et de l’État
Son homologue Andrew Koppelman, professeur à l’école de droit de la Northwestern University, a un avis plus nuancé. Il considère que « Rededicate 250 » est libre d’être organisé, justement au nom de la Constitution, mais que l’évènement en bafoue les « objectifs fondamentaux ». « Cette manière de diviser en prenant parti pour une religion en particulier et en essayant d’associer l’administration en place à cette religion est mauvaise pour la religion en général, pour le gouvernement et pour l’Amérique », déplore-t-il.
L’éditorialiste Chris Brennan va plus loin dans son éditorial pour USA Today, assurant que le marathon de prière prévu à Washington est « antiaméricain » et contraire à la Constitution puisqu’il « promet une version de la religion comme la seule confession soutenue par le gouvernement », le tout avec l’argent public.
Ces pratiques, appuie l’éditorialiste, sont également contraires au souhait d’une majorité de la population. « Une enquête du Pew Research Center » publiée le 14 mai « a révélé que seuls 17 % des Américains souhaitent que le christianisme soit déclaré religion officielle du pays », tandis que « 54 % sont favorables à la séparation de l’Église et de l’État », rappelle Chris Brennan.
Le sondage affirme en outre que 52 % des Américains considèrent même que « les chrétiens conservateurs sont allés trop loin en essayant de pousser leurs valeurs religieuses dans le gouvernement et les écoles publiques ». Loin de leur donner tort, les évènements comme « Rededicate 250 » risquent fort de polariser encore plus une société américaine déjà clivée sur les questions identitaires et religieuses.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : L'équipe continuera de suivre cette situation et partagera les développements.

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