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20 mai 2026« On parle de 150 000 emplois » : en Italie, la guerre au Moyen-Orient accentue les difficultés du secteur de la mode déjà fragilisé
Analyse : Quelques éléments à retenir de cette information pour nos lecteurs.
Un regard éditorial sur « « On parle de 150 000 emplois » : en Italie, la guerre au Moyen-Orient accentue les difficultés du secteur de la mode déjà fragilisé » pour mieux comprendre l'article.
Résumé rapide
À Scandicci, aux portes de Florence en Toscane, au royaume de la maroquinerie de luxe, Andrea Calistri présente le dernier modèle de sac à main de sa maison, qui se vend 800 euros pièce. Les produits créés dans l’atelier, attenant aux bureaux, sont vendus principalement au Japon, aux États-Unis, ainsi qu’en Europe et au Moyen-Orient, mais la période est difficile. « Dans les premiers mois de l’année, notre chiffre d’affaires a baissé de 20% », constate-t-il, fin mai. La guerre au Moyen-Orient est une calamité de plus pour une activité qui souffreOuverture dans un nouvel onglet depuis plusieurs années. Les temps sont durs. Dix entreprises ferment chaque jour et la production était en baisse de 6% en 2025, selon la confédération des artisans. Mercredi 20 mai, fait rare, les syndicats italiens appellent à la grève chez Kering, qui emploie environ 6 000 personnes en Toscane.
« Notre chiffre d’affaires s’est écroulé de près de 60% depuis 2022 »
L’actualité internationale touche de plein fouet l’entreprise indépendante de maroquinerie d’Andrea Calistri et ses 20 salariés. « Le palladium pour les accessoires des sacs vient d’Ukraine, explique-t-il. Nous avons des peaux brutes qui doivent passer par le détroit d’Ormuz. Mais le problème numéro un, c’est l’insécurité globale. Les magasins qui revendent nos produits paient la marchandise six mois avant d’être livrés. Dans le monde actuel, s’engager six mois à l’avance, c’est difficile pour tout le monde. » Pendant que Rosi, 26 ans de maison, ajoute une bande de cuir à un autre modèle, Andrea tient à relever un petit frémissement des commandes ces dernières semaines.
**Il y a moins d’inquiétude chez Andrea Calistri que dans cette autre entreprise, Arpass. Bobines de fil, machine à tisser, ici on fabrique rubans, ceintures et autres accessoires, la patronne s’appelle Francesca Poggiali. « Ça, c’est un type de passementerie qu’on fait pour l’Église anglicane », dit-elle. Mais les principaux clients sont les grands groupes du luxe, ou plutôt étaient. « Notre chiffre d’affaires, raconte Francesca Poggiali, s’est écroulé de près de 60% depuis 2022. »
« La clientèle russe était très importante pour le monde du luxe. Maintenant, c’est celle des Émirats qui s’en va. »
« Nous faisons évoluer nos produits et nos clients, précise Francesca_. Nous visons des marques plus petites, des start-up, parce que les grands groupes de luxe ne nous commandent plus rien. »_ La trésorerie des années fastes et le départ de cinq salariés sur 16 ont permis à Francesca d’investir pour se relancer. L’entreprise est fragile, mais pas en péril.
Un secteur déjà fragilisé
À Scandicci et dans le district voisin, il y a 30 000 salariés et plus de 5 000 entreprises (en général, essentiellement de mode, ndlr). Mais dans le secteur de la mode, leur nombre a diminué de 22% ces quatre dernières années.
À Scandicci et dans le district voisin, le secteur de la mode regroupe 30 000 salariés et plus de 5 000 entreprises, mais leur nombre a diminué de 22% ces quatre dernières années. Le contexte international vient en plus d’une crise plus structurelle sur ce marché mondial. « Ça va très mal », reconnaît Simone Balducci, le président de CNA Moda, les artisans du secteur.
« Les goûts des nouvelles générations ont changé. On préfère s’offrir un voyage qu’un objet de luxe. La croissance chinoise n’est plus la même et il y a un phénomène de fond de relocalisation, comme celui du textile en Angleterre pour des raisons de coûts.
« Avec cette réorganisation, poursuit Simone Balducci, la filière italienne est presque entièrement dépendante des groupes français de luxe. Vraiment, ça va très mal. »
Entre réduction de commandes et fabrication accrue en interne, ces géants du luxe ne sont plus une garantie de business à toute épreuve pour les PME de Scandicci, loin de là. Kering, en particulier, qui emploie directement environ 6 000 personnes en Toscane, a présenté récemment un plan de relance visant à doubler son taux de marge. Pour Massimo Bollini du syndicat Flictem CGIL, cette évolution risque de passer par des suppressions d’emplois. Il estime que toute la filière dans la région est en danger. « Il y a deux ans encore, raconte-t-il, la mode représentait 17% de l’activité économique en Toscane. On parle de 150 000 emplois. Ici, à Scandicci, une écrasante majorité des habitants vit de la mode au sens large. Ce serait un bain de sang avec des milliers de personnes sans travail, on ne peut pas se le permettre. » Les suppressions de postes ont d’ailleurs commencé pour la marque Alexander McQueen.
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : La rédaction suivra cette actualité pour vous fournir un point de vue complet.

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