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21 mai 2026Canal+ boycotte les signataires de la tribune anti-Bolloré et « confirme » les craintes de la gauche
Analyse : L’équipe éditoriale propose un résumé des informations principales.
Voici notre analyse rapide sur « Canal+ boycotte les signataires de la tribune anti-Bolloré et « confirme » les craintes de la gauche ».
Points clés à connaître
• Des personnalités politiques dénoncent une menace sur la « liberté d’expression » et la diversité culturelle.
• Droite et extrême droite restent largement silencieuses sur cette polémique.
Culture politique. En annonçant ne plus vouloir travailler avec les 600 professionnels du cinéma signataires de la tribune anti-Bolloré, le président du directoire de Canal+ Maxime Saada a crispé bien au-delà de la sphère culturelle. Ce lundi 18 mai, plusieurs personnalités politiques ont déploré la opinion du numéro 1 de la chaîne, l’ancien ministre de la Culture Franck Riester refusant de prendre parti et appelant « tout le monde » à « revenir à un calme nécessaire ».
« Oui il y a une question qui se pose : est-ce que ça pose un problème qu’il y ait un acteur du cinéma qui ait une grande partie de la verticalité de la filière, du financement à la diffusion jusqu’à la production ? C’est la question de la tribune qui mérite d’être étudiée », a déclaré l’ancien ministre de la Culture sur Public Sénat. Mais « on n’est pas obligé ensuite d’insulter les gens et de dire qu’ils sont fascistes pour autant », a-t-il ajouté, en référence à la dénonciation dans la tribune d’une position « réactionnaire d’extrême droite » de Vincent Bolloré. « Et de l’autre côté, quand on est responsable de Canal+ et qu’on est un acteur majeur du financement du cinéma, c’est bien de calmer le jeu plutôt que rajouter de l’huile sur le feu », poursuit l’ancien locataire de la rue de Valois, en direction cette fois de Maxime Saada.
Lors du brunch des producteurs organisé par Canal+ sur la Croisette dimanche 17 mai, le numéro 1 de la direction a annoncé ne plus vouloir travailler avec les signataires de la tribune, soit 600 professionnels du secteur, dont quelques stars telles qu’Adèle Haenel, Juliette Binoche ou encore Jean-Pascal Zadi et Blanche Gardin. Un boycott qui ne dit pas son nom et qui a été largement condamné par des responsables politiques de gauche.
Un boycott qui « confirme » la tribune
En réagissant de la sorte, Maxime Saada « confirme exactement le propos de la tribune en question, à savoir que Canal+ menace la liberté d’expression de toutes les personnes qui travaillent de près ou de loin avec le groupe », a fustigé la secrétaire nationale des Écologistes Marine Tondelier sur X. Soulignant le rôle crucial de Canal+ dans la chaîne de production et de diffusion de l’audiovisuel français, elle a mis en garde contre « une situation dangereuse, car l’idéologie de Vincent Bolloré pourrait menacer aussi directement la liberté de création, quand il le décidera ». Aurore Lalucq, eurodéputée Place Publique, a également estimé que le boycott annoncé donnait raison aux signataires qui « ont donc parfaitement raison d’être inquiets. Et nous aussi. »
« L’extrême droite n’a jamais aimé la liberté, ni la création, ni le service public », a souligné de son côté Olivier Faure, le premier secrétaire du PS rappelant au passage les ambitions de privatisation de certaines chaînes par le RN en cas d’arrivée au pouvoir. « Demain, cette terreur qu’il fait déjà régner insidieusement dans le cinéma français, en décourageant les prises de position comme celles exprimées dans la tribune, pourrait devenir la norme », abonde Marine Tondelier. Dénonçant « une répression inadmissible », les membres de la France insoumise ont eux mis en avant leur proposition d’une loi de « déconcentration des médias ». « Soutien total à celles et ceux qui résistent à la mainmise de l’extrême droite sur la culture et la création », a ajouté la présidente du groupe à l’Assemblée Mathilde Panot.
Si les principaux partis de gauche sont montés au créneau, le sujet a pour l’instant laissé de marbre l’autre partie du spectre politique. À l’extrême droite, la tribune comme la réponse de Maxime Saada n’ont guère provoqué d’émoi. À droite, seul le maire de Cannes, membre du conseil d’administration du Festival et candidat à la présidentielle a pris position… en soutien du président du directoire de Canal+. Il a dénoncé une « inversion accusatoire » et fustigé la position « infondée », « ingrate » et « un peu masochiste » des signataires car « tout le monde admet qu’il n’y a pas d’ingérence de Canal dans le contenu des films » et que « beaucoup (d’entre eux) ont été financés ou/et portés par le groupe qu’ils attaquent ».
Dans une prise de position transmise à l’AFP, le collectif Zappons Bolloré, à l’origine de la tribune, affirme que la « menace » brandie par Saada confirme leurs « craintes ». Sur la même ligne, le patron du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) Gaëtan Bruel a lui estimé que « sur le plan de la liberté d’expression, ça pose question. Parce que le droit à la critique, ça fait partie de ce principe fondamental », a-t-il déploré sur France Inter, rappelant que jusqu’ici, Canal+, dont l’actionnaire de référence est Vincent Bolloré, a toujours soutenu « tous les cinéastes ». Gaëtan Bruel a appelé au calme, estimant qu’il est « factuellement faux de dire que Canal aurait renoncé à soutenir toute la diversité du cinéma » et estimé qu’il fallait « faire attention aux prophéties autoréalisatrices. »
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : La rédaction reste attentive et continuera à observer les faits.

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