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21 mai 2026Analyse : Cette nouvelle a été étudiée par nos journalistes pour une synthèse rapide.
Notre rédaction partage quelques remarques sur « Itamar Ben Gvir, le ministre provocateur qui sème la haine en Israël ».
Ce qu’il est utile de savoir
Les collègues d’Itamar Ben Gvir, le ministre israélien de la Sécurité nationale, n’ont rien dit quand il a ouvert le Champagne au Parlement pour célébrer l’adoption de la peine de mort uniquement pour les Palestiniens ; ils n’ont rien dit non plus lorsqu’il a promis de raser un village palestinien si la justice internationale lançait un mandat d’arrêt contre lui.
Mais hier, il est allé trop loin dans la provocation pour le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, qui lui a reproché d’avoir « abimé l’État d’Israël » en mettant en scène de manière humiliante, dans une vidéo, les passagers étrangers de la flotille propalestinienne arraisonnée cette semaine en Méditerranée. « Tu n’es pas le visage d’Israël », lui a-t-il lancé dans un tweet.
Le mal est fait. Hier, la France et l’Italie, qui comptent des ressortissants dans la flottille, ont convoqué l’ambassadeur d’Israël pour exprimer leur mécontentement. Plusieurs autres pays ont publiquement condamné l’action du ministre.
Le problème est qu’Itamar Ben Gvir n’en est pas à son coup d’essai, et qu’il se moque bien des réactions outragées, celles de ses collègues du gouvernement comme celles de pays étrangers qu’il méprise ouvertement.
Le ministre de la sécurité nationale est issu de la mouvance « kahaniste », en référence au rabbin Meir Kahane, jugé si extrémiste que son parti fut interdit il y a plus de 30 ans en Israël pour « terrorisme et racisme ». Kahane fut lui-même assassiné à New York. Mais les temps ont changé, et ce qui était extrémiste en 1990 est aujourd’hui accepté dans une coalition gouvernementale.
Depuis un peu plus de trois ans qu’il est au pouvoir, il s’est donné pour mission d’accélérer la réalisation du « grand Israël ». Le massacre du 7 octobre 2023 commis par les islamistes palestiniens du Hamas a créé une situation qui le permet.
Il y a certes eu la tragédie de Gaza, qui a fait plus de 70 000 morts et a rasé le territoire ; mais il y a aussi la guerre à bas bruit contre les Palestiniens de Cisjordanie. Le quotidien « Haaretz » citait cette semaine le chiffre de 5375 incidents violents commis par des civils israéliens, pour la plupart des colons, contre les habitants de la Cisjordanie, depuis début 2023.
Itamar Ben Gvir incarne certes une identité politique et un comportement extrémistes, qui risquent de lui valoir prochainement un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale, et en font un paria.
Mais il fait partie d’un gouvernement dirigé par Benyamin Netanyahou, qui ne l’a jamais sanctionné ou même désavoué. Les prochaines élections générales, prévues en octobre, peut-être avant, montreront si l’opinion israélienne, en guerre depuis deux ans et demi, accepte cette ligne dure.
Il n’y a pas que la haine dans ce contexte guerrier. Mardi soir à Paris, deux hommes venus de cette terre meurtrie ont présenté un livre. Ils s’appellent Aziz Abu Sarah et Moaz Inon : Aziz est Palestinien, son frère a été tué dans la seconde intifada au début des années 2000, Moaz est Israélien, ses parents ont été assassinés le 7 octobre 2023.
Le titre de leur livre est tout un programme : « la paix est notre avenir » (éditions L’arbre qui marche). Ils écrivent : « la douleur du deuil n’a pas fait de nous des ennemis. Au contraire, elle nous a rapprochés ». L’antithèse d’Itamar Ben Gvir.
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : L'équipe suit cette actualité de près pour mieux vous informer.

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