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Voici quelques observations de notre rédaction sur « Les rappeurs russes pris au piège de la censure en ligne ».
Récap des faits principaux
Difficile d’évaluer l’ampleur du phénomène, mais les fans de rap en Russie n’ont pu que le constater : depuis l’entrée en vigueur d’une nouvelle loi sur « la propagande des stupéfiants », de nombreux titres de hip hop russe ont disparu des plateformes. Un nouveau tour de vis qui vient s’ajouter à la bataille menée contre les artistes par les autorités depuis le début de la guerre en Ukraine : plus de 14 000 contenus auraient ainsi été retirés de la plateforme Yandex Music, leader du marché du streaming, depuis 2022.
Censure ou auto-censure ? Pour éviter les poursuites, beaucoup de musiciens et leurs labels ont semble-t-il préféré prendre les devants en retirant leurs propres chansons, ou en mettant en ligne de nouvelles versions expurgées, avec des paroles plus inoffensives. Il ne reste parfois qu’une simple piste instrumentale ! Bref, la pression mise sur la scène hip hop avec cette nouvelle loi semble bel et bien fonctionner.
Parmi les poids lourds du rap russe, beaucoup ont déjà eu maille à partir avec le Roskomnadzor, l’autorité de régulation de l’internet. En 2024, le groupe Kasta originaire de Rostov-sur-le-Don avait vu l’un de ses albums – jugé trop politique – retiré des plateformes. Désormais, c’est l’ensemble de son catalogue qui est menacé.
La volonté de bâillonner les rappeurs ne date pas d’hier. Le premier tour de vis remonte au début des années 2010. Parmi les premières victimes de la répression musicale figure le rappeur Noise MC, condamné en 2010 pour avoir dénoncé les violences policières sur ce titre :
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Autre cas emblématique, celui du chanteur Husky. Son style de rap brut et sans concession, la façon qu’il a de décrire la misère du quotidien des Russes vont faire de lui la cible des autorités. Interdit de concert en 2018, Husky décide de se mettre en scène en pleine rue, en se produisant sur le toit d’une voiture en signe de protestation. Arrêté à Krasnodar, emprisonné, il devient un symbole de la répression. Un concert de soutien sera même organisé à Moscou en présence de l’opposant Alexeï Navalny.
Mais tout cela n’était qu’un début. La situation va considérablement s’aggraver avec le déclenchement de la guerre en Ukraine. Il devient alors quasi impossible pour un rappeur d’oser prendre position contre la guerre sous prétexte d’être classé agent de l’étranger.
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Dans cette vidéo, postée le 24 février 2022, le rappeur Oxxymiron se filme dans les rues de St Petersbourg, clamant son opposition à la guerre lancée par Vladimir Poutine. C’est ce qui va pousser ce chanteur – parfois qualifié d’Eminem russe – à partir en exil. Oxxymiron fait désormais partie de la liste noire des artistes interdits (liste qui comptait 79 noms en 2024). Partager sa musique sur les réseaux est même passible de poursuites.
Du côté des jeunes russes fans de musique, c’est la débrouille qui permet encore de contourner la censure. A Moscou et dans les autres grandes villes du pays, les lecteurs MP3 reviennent à la mode. Plutôt que d’écouter de la musique en ligne, via les plateformes, ces baladeurs permettent encore, à l’abri de la surveillance, de stocker des fichiers son afin de garder une trace de centaines de morceaux en voie de disparition.
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : L'équipe suit cette actualité de près pour mieux vous informer.

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