
Cac 40 : Miné par les tensions sur le marché obligataire, le CAC 40 trébuche à la clôture
21 mai 2026Reuters.com
21 mai 2026Analyse : Voici quelques points à considérer selon notre équipe éditoriale.
Voici l'avis général de nos rédacteurs sur « L’IA sous les huées, les délits du “Prediction Market”, et PoopCheck dans le caca ».
Points saillants
Une pensée émue pour cette super entrepreneuse de Floride qui, dans son discours à la cérémonie de remise des diplômes de l’université du Centre de la Floride, a eu le malheur de décrire l’intelligence artificielle (IA) comme la “prochaine révolution industrielle”. Et s’est attirée des huées de milliers d’étudiants. Était-ce dû à son ton trop enjoué, à son sourire convenu et à côté de la plaque pour évoquer un sujet qui terrorise la nouvelle génération avant son entrée dans le monde du travail ?
En tout cas, Axios reproche à l’oratrice d’avoir manqué le dernier sondage Gallup qui confirme “la vague de haine contre l’IA” : seuls 18 % des Américains de 14 à 29 ans considèrent avec optimisme le recours à l’intelligence artificielle. Quant à l’enquête plus large de The Economist-YouGov, elle enfonce douloureusement le clou, révélant que 70 % des Américains jugent que cette technologie “avance trop vite”. un critère de vue qui, cas rarissime, dépasse les clivages politiques : il est partagé par 68 % des républicains, malgré la passion de Donald Trump, leur idole, pour l’IA, et par 77 % des démocrates.
Alors que le rejet s’accroît aux États-Unis, comme le prouve le nombre de projets de centres de données remballés pour cause de colère populaire, ce facteur politique commence à inquiéter sérieusement les investisseurs.
The Atlantic, pour sa part, observe ce nouveau mouvement populiste antitech par le prisme de l’histoire, et déconseille aux visionnaires de la Silicon Valley, pour leur sécurité personnelle, de trop célébrer une nouvelle “révolution industrielle”. Au XIXe siècle aussi, les ouvriers s’étaient soulevés contre les machines. Mais leur rage contre la technologie cristallisait un malaise plus ample et diffus contre la stagnation des salaires, la hausse des prix de l’alimentation, les inégalités de revenus sidérantes à l’avantage des châtelains de l’époque. Et il serait temps que le business américain en tienne compte.
D’ailleurs, j’apprends à l’instant par NBC qu’Eric Schmidt, le fondateur de Google, s’est à son tour fait conspuer dimanche 17 mai durant son discours à l’université d’Arizona. Il parlait, lui, de l’IA comme d’une “transformation technologique” comparable à l’aube de l’informatique…
Paris d’initiés
Il paraît que le démon des paris en ligne s’est emparé des États-Unis. Kalshi et Polymarket, les deux sites dominants des fameux marchés de prédiction, permettent à tout un chacun de miser sur tout et n’importe quoi, la température d’un lieu précis à telle date, les résultats sportifs, et de plus en plus sur les événements politiques ou les interventions militaires. Deux domaines qui offrent un avantage important, et représentent une véritable mine d’or, à une minorité informée ou carrément dans le secret des dieux et justifient, foi de Wall Street Journal, une recrudescence des enquêtes pour délits d’initiés.
Des benêts se font prendre, comme ces élus qui pariaient sous une fausse identité sur la date de lancement de leur propre campagne électorale, ou ce soldat des forces spéciales qui a empoché 400 000 dollars en gagnant le pari selon lequel le dictateur vénézuélien Eduardo Maduro serait capturé “avant février”. Le parieur allait lui-même participer au raid américain sur Caracas, ce qui n’est pas du jeu.
Mais des comptes aussi éphémères que suspects surgissent maintenant à la veille de décisions de politique ou de défense nationale totalement inattendues et absentes du débat public, d’où des doutes grandissants sur la probité d’ordinaire indubitable des représentants des plus hautes institutions du pays. Le Sénat vient d’interdire ces paris à ses membres. Quant aux proches du gouvernement actuel… Sans se mouiller, le Wall Street Journal rappelle que Donald Trump Jr., le très entreprenant fiston du président en place, est conseiller stratégique pour Kalshi et investit dans Polymarket. Ajoutons que le gouvernement du papa intente des procès fédéraux aux États qui tentent d’imposer des réglementations à ces sites de prédiction.
Enfin, puisque nous parlons de délits d’initiés, le contrôle sur les paris de ce genre n’est ni du ressort ni du niveau des inspecteurs de la SEC, l’autorité boursière américaine. Le “prediction market” est sous la coupe d’une agence spéciale, la CFTC, dont le budget et les effectifs insuffisants ne risquent pas de régler le problème.
Santé digestive
Forme, consistance, couleur… aucun détail n’indiffère PoopCheck, une appli d’IA qui lit l’avenir – je m’emballe –, prétend déduire bilan de “santé digestive” et propension à diverses maladies des photos de leur caca que lui expédient des dizaines de milliers d’internautes. Le site conserve, assorti de descriptifs parfois intrigants et même poétiques, quelque 150 000 images de ce type, témoin de la diversité des pathologies possibles, des versions insoupçonnées du narcissisme et de notre humanité bigarrée. Jusque-là, rien d’anormal, me direz-vous.
Mais tout de même : un observateur de 404 Media a découvert que nombre de ces photos anonymes étaient proposées, à l’insu des abonnés, à la vente en ligne, avec les résultats de leur observation, dans l’un des groupes du réseau Reddit comme matériel destiné à l’entraînement des algorithmes d’IA d’autres start-up. Galvanisé par ce scoop, l’auteur délivre un récit fébrile, outré, grave et passionné d’une possible atteinte à la protection des données personnelles. Les chatbots ne respectent rien, vraiment.
Source : www.courrierinternational.com
Conclusion : Notre rédaction suivra les développements à venir et partagera des analyses.

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