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21 mai 2026
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21 mai 2026Analyse : L'équipe examine cette actualité et partage son avis global.
Selon nos experts, « Nuuk, le retour… Les visées américaines sur le Groenland n’ont pas été abandonnées » mérite une attention particulière.
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Donald Trump n’en a pas fini avec ses ambitions impériales. En janvier dernier, on avait pu croire que le président américain avait renoncé à sa volonté d’avaler le Groenland, ce territoire arctique sous contrôle danois. Ce n’était qu’un recul tactique, il revient avec de nouvelles demandes.
L’émissaire nommé par la Maison Blanche pour le Groenland, le gouverneur de Louisiane, Jeff Landry, a débarqué cette semaine à Nuuk, la capitale du Groenland, avec dans ses bagages de belles casquettes rouges « Make America Great Again ». Les autorités démocratiquement élues de ce territoire autonome n’avaient même pas été prévenues de sa visite, mais ont quand même accepté de le rencontrer.
L’ambition américaine n’est certes plus l’annexion pure et simple du Groenland par les États-Unis, mais une mise sous tutelle éternelle du territoire arctique. Selon le « New York Times », Washington demande notamment que la présence militaire américaine n’ait plus de limites dans le temps, même en cas d’accession du Groenland à l’indépendance, et que les États-Unis disposent d’un droit de véto sur les investissements dans ce territoire riche en minerais. La souveraineté danoise et groenlandaise en prendrait un coup.
Jeff Landry est surtout venu inaugurer demain le nouveau consulat des États-Unis à Nuuk, la capitale, un bâtiment tellement grand et moderne, de verre et d’acier, que les Groenlandais ironisent que ça sera le futur siège de l’administration américaine après l’annexion ! Il remplace un consulat bien plus modeste, plus adapté à un territoire d’à peine 56 000 habitants.
Au même moment, l’armée américaine effectue des préparatifs pour agrandir ses installations au Groenland, comme l’y autorisent les accords de défense déjà anciens entre les États-Unis et le Danemark.
Tout ceci inquiète la grande majorité des Groenlandais qui ne veulent pas de la mainmise des États-Unis sur leurs affaires. Ils ont déjà eu du mal à gagner leur autonomie de la Couronne danoise, et certains espèrent un jour devenir indépendants ; mais rares sont ceux qui écoutent les sirènes trumpiennes et rêvent de devenir citoyens américains.
L’activisme américain dans le territoire a de quoi réveiller la mobilisation des Européens, dont la solidarité avec Copenhague avait fait reculer Donald Trump lors du forum économique de Davos en janvier. Le président avait prétexté d’un accord imminent sur l’avenir du Groenland pour enterrer le sujet devenu explosif. Quatre mois plus tard, on voit non seulement qu’il n’y avait pas d’accord imminent, mais que les États-Unis n’ont pas renoncé à leur ambition.
Elle passera d’autant plus mal en Europe que l’administration Trump vient d’annoncer le retrait de 5000 soldats américains d’Allemagne, et a renoncé au déploiement d’un contingent prévu en Pologne. Des « punitions » pour non-coopération dans la crise du détroit d’Ormuz, à un moment où les pays du flanc Est de l’OTAN sont confrontés à la menace russe.
Le prochain sommet de l’OTAN, en juin en Turquie, sera l’occasion d’un moment d’explication tendu : que vaut la garantie américaine aux pays de l’OTAN, et surtout que signifie retirer des troupes là où existent des tensions, pour en rajouter dans un territoire revendiqué par Washington ? Les visées impériales de Donald Trump n’en finissent pas de miner l’Alliance atlantique.
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Les prochaines informations compléteront notre analyse.

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