
"Il était un militaire d'exception": le chef du régiment du soldat français tué au Liban annonce un hommage dans les prochains jours
18 avril 2026
La guerre en Iran et le prix du gaz à 4 dollars ont retiré tout le plaisir de l’économie américaine
18 avril 2026Pour faire baisser les prix du gazole et de l’essence, le gouvernement écarte cette mesure anti-écolo
Analyse : Voici l'avis général de notre rédaction sur les faits présentés.
Nos journalistes proposent un aperçu de l'article « Pour faire baisser les prix du gazole et de l’essence, le gouvernement écarte cette mesure anti-écolo ».
Analyse rapide
FREDERIC MOREAU / Hans Lucas via AFP
Photo d’illustraiton. Une personne fait le plein d’essence à La Charité-sur-Loire, en France, le 25 mars 2026.
• La grande distribution propose de suspendre les certificats d’économies d’énergie (CEE), Leclerc voyant une baisse possible des prix de 15 à 20 centimes par litre.
• Maud Bregeon écarte l’idée qui est « un non-sens pour sortir de la dépendance aux énergies fossiles ».
Une fin de non-recevoir adressée par la ministre chargée de l’idée. Maud Bregeon répond non à l’idée formulée en milieu de semaine par les dirigeants de Carrefour, Auchan, Intermarché, Leclerc et Coopérative U pour faire baisser le prix des carburants, monté en flèche en raison de la guerre au Moyen-Orient. Les cinq premiers distributeurs français ont proposé au Premier ministre de suspendre, temporairement, un dispositif dédié à la transition écologique : les certificats d’économies d’énergie (CEE ou C2E).
Cette suspension pourrait faire baisser le prix à la pompe de « 15 à 20 centimes par litre », indiquent-ils dans une lettre commune. L’idée a été défendue au journal de 20 heures de TF1, ce mardi 14 avril, par le patron des magasins Leclerc, Michel-Édouard Leclerc, qui a évoqué une possible baisse d’« entre 12 et 17 centimes par litre ». Ce mercredi sur franceinfo, Thierry Cotillard, président du groupement Mousquetaires, a de nouveau appelé à la suspension des CEE. « Il faut peut-être faire le choix que cette manne d’argent soit utilisée à très court terme pour être investie dans le prix de l’essence et soulager les Français », a-t-il déclaré.
Cette proposition intervient alors que le gouvernement envisage, lui, d’encadrer les marges des distributeurs. Vent debout contre cette potentielle mesure (« aucune publication de ce décret n’est actée à ce jour », répète Maud Bregeon ce samedi dans Ouest-France), les distributeurs dénoncent un texte « injuste, inapplicable et illégal », et tentent de proposer des alternatives, comme la suspension des CEE.
Une mesure aux contours incertains
La suspension des CEE proposée par les distributeurs permettrait une baisse de 15 centimes d’euros en moyenne par litre, ce qui ne compenserait que partiellement l’envolée des prix du carburant. Depuis le début du conflit en Iran, les prix ont fortement augmenté : environ + 20 centimes pour l’essence, qui atteint près de 2 euros le litre en moyenne, et + 60 centimes pour le diesel, désormais au-delà de 2,30 euros.
De plus, si les distributeurs appellent à une suspension « temporaire », aucune durée n’a pour le moment été clairement envisagée. De son côté, Michel-Édouard Leclerc a par exemple évoqué une suspension pour six mois et assuré que « ça ne veut pas dire que le paiement n’aura pas lieu », sans détailler les modalités. Sur franceinfo, le patron des Mousquetaires a fait des déclarations tout aussi alambiquées.
« Il faut sortir de notre dépendance aux énergies fossiles importées (…). Renoncer du jour au lendemain aux aides qui accompagnent les Français dans cette transition serait un non-sens ! », leur répond la ministre Maud Bregeon dans Ouest-France.
La suspension des CEE pose une question centrale : faut-il privilégier un soulagement, même faible, des prix à la pompe au détriment de la transition énergétique ? Car le mécanisme des certificats d’économies d’énergie, utilisé depuis 2005, est un élément clé de la politique climatique du pays.
Le CEE, dispositif clé de la transition écologique
Fondé sur le principe du pollueur-payeur, le dispositif oblige les fournisseurs d’énergie à financer des actions concrètes de réduction de la consommation d’énergie : rénovation thermique, changement d’équipements, électrification des usages… Ce système a permis de mobiliser des milliards d’euros d’investissements privés dans la transition énergétique, pour les entreprises comme pour les particuliers, sans peser directement sur le budget de l’État.
Concrètement, lorsqu’un fournisseur aide un ménage à isoler son logement ou à remplacer une chaudière au fioul, il obtient des certificats attestant des économies d’énergie réalisées. Ces certificats sont ensuite comptabilisés pour atteindre des objectifs fixés par l’État sur des périodes de quatre ans. À défaut, des pénalités financières sont appliquées.
Mais ce modèle n’est pas sans critiques. La Cour des comptes a pointé un manque de transparence et une efficacité difficile à mesurer. Surtout, le coût du dispositif est en partie répercuté sur les consommateurs. Selon l’institution, plus de 4 % des factures d’énergie financent indirectement ces aides, soit environ 7,3 centimes par litre de carburant. Dans un dossier publié en 2024, la Cour des comptes appelait à une « réforme d’ampleur », voire à « une suppression » du dispositif si son efficacité ne s’améliorait pas. Elle soulignait aussi que le Danemark avait abandonné un dispositif comparable en 2020, au profit d’un mix plus lisible de subventions et de taxes.
En France, le risque d’une suspension des CEE pour soulager les automobilistes serait double. À court terme, elle pourrait désorganiser les filières de la rénovation énergétique, très dépendantes de ces financements, alors que MaPrimeRénov’ croule sous les demandes. À plus long terme, le risque est de voir cette suspension temporaire s’installer dans la durée, voire déboucher sur un abandon du dispositif sans solution de remplacement, ce qui constituerait un véritable recul pour la politique climatique. « Ces dispositifs sont essentiels pour le pouvoir d’achat : pour moins dépendre du gaz pour le chauffage, pour faciliter le passage d’un véhicule thermique à une voiture électrique… », souligne Maud Bregeon.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Les prochaines informations compléteront notre analyse.

9999999
