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Un regard éditorial sur « comment les IA sont entrées dans leur vie sexuelle » pour mieux comprendre l'article.
Faits marquants
EmirMemedovski / Getty Images
« J’ai déjà une partenaire à qui je peux me confier, dans ces outils-là, je ne recherche que le côté fun et exploratoire », raconte Stéphane.
• Ils disent avoir recours à l’IA pour pimenter leur vie sexuelle, assouvir des fantasmes voire faciliter les échanges avec leur partenaire.
• Si l’IA offre de nouvelles possibilités, certains utilisateurs trouvent que les scénarios deviennent vite répétitifs et stéréotypés.
En voyages, au travail, pour arbitrer les disputes de couple… Et, désormais, dans le lit de certains. En quelques années, l’IA s’est fait une place jusque dans nos espaces les plus intimes. Simple, immédiate et pensée pour aller toujours dans notre sens, cette technologie qui a longtemps fait fantasmer la science-fiction est-elle aussi sur le aspect de bousculer nos sexualités ?
Une chose est sûre, son utilisation à but sexuel s’est déjà démocratisée. Pour les uns, elle sert à vivre des fantasmes inaccessibles ou mieux parler de sexe en couple, pour d’autres, à explorer des territoires inconnus : Le HuffPost a demandé à quatre personnes ce que l’IA avait apporté sous leurs draps. Comme souvent sur les sujets qui touchent à la sexualité ou à la masturbation, seuls des hommes nous ont répondu.
« J’étais curieux de voir ce que ça faisait », raconte Maxime*, qui a découvert qu’il pouvait avoir des conversations sexuelles avec l’IA par hasard, en voyant des témoignages sur Reddit. Depuis, il utilise Grok de temps en temps et voit l’IA générative développée par Elon Musk (et impliquée à plusieurs reprises dans des polémiques) comme « une alternative aux sites porno, pour les plaisirs solo ». Des textes générés par l’algorithme, que le trentenaire décrit comme « des scénarios style POV » : Grok prend le rôle d’une personne que Maxime « prompte », en déterminant ce qu’elle peut ou ne peut pas faire et le style de réponse qu’il attend.
« L’IA joue le rôle de la dominatrice »
Pour lui, c’est aussi un moyen de satisfaire des fantasmes. « Ma femme aime certaines choses, et d’autres non, ça permet d’explorer avec l’IA ce que ma femme n’aime pas », détaille Maxime. Principalement des jeux de soumission/domination. « Moi, j’aime bien les deux mais ma femme n’aime pas trop la domination, donc je fais de l’érotisme où l’IA joue le rôle de la dominatrice. Je peux aussi faire des scénarios un peu plus occasionnels, par exemple, une patronne qui veut que je la satisfasse pour être embauché, ce genre de choses. »
Pour Patrick* aussi, l’intelligence artificielle sert à explorer des fantasmes. Environ deux fois par semaine, il utilise un site qui génère du texte et des illustrations pour ce qu’il décrit comme de « l’écriture d’invention ». Cela lui permet de « se donner une idée » de ce à quoi ressembleraient des rapports dans des lieux auxquels il n’a pas accès, « du sexe en extérieur, dans un van en déplacement, ou une soirée sensuelle dans une villa avec piscine », par exemple.
Il souligne être particulièrement attentif à la légalité de ce que les algorithmes lui proposent. « L’IA ne connaît pas l’implicite, et peut partir sur des histoires scabreuses si on ne fait pas gaffe. Je précise toujours que les personnages ont plus de 18 ans, par exemple. » Une vigilance indispensable, à l’heure où l’intelligence artificielle générative est aussi utilisée à des fins pédocriminelles, comme le souligne un compte-rendu de la Fondation pour l’Enfance.
Des histoires seul ou à plusieurs
Stéphane*, bientôt quadra, a quant à lui découvert par hasard que le jeu à base d’IA qu’il utilisait « en mode donjons et dragons » déviait assez vite vers le sexe. « Cela peut être assez cocasse, ou éveiller des kinks [fétichismes, fantasmes, NDLR] », souligne celui qui fait très attention à éviter les chatbots et autres générateurs de textes qui peuvent créer de l’affect. Depuis, il s’en sert comme d’un « livre dont vous êtes le héros », version érotique. « J’ai déjà une partenaire à qui je peux me confier et je ne recherche dans ces outils-là que le côté fun et exploratoire », assure-t-il.
D’autres l’utilisent à deux, comme un moyen d’échanger. « Je ressentais le besoin de parler davantage de sexe dans mon couple. Nous avons deux enfants et cela fait 10 ans que nous sommes ensemble, cela permet de pimenter un peu le quotidien », témoigne Arthur*. Avec sa compagne, ils utilisent une application basée sur l’IA qui génère des histoires érotiques personnalisées. « On peut se mettre en scène dans un contexte particulier, pour explorer un fantasme seul ou à deux », explique-t-il.
Pour eux, c’est « une alternative à la pornographie, plus saine et plus interactive », qui leur permet d’être très explicites sur leurs envies. « On s’est rendu compte qu’on avait des fantasmes en commun, comme le cas de faire un plan à trois ou des petits jeux de domination/soumission soft. Ça aide à communiquer sur nos limites et même à surmonter des petits complexes ». Les effets n’ont pas tardé : l’homme de 37 ans explique que cette utilisation a augmenté la fréquence des rapports sexuels du couple.
« Avec le temps, c’est assez lassant »
Tous les interrogés, cependant, pointent des schémas répétitifs. « Au début, il y avait l’excitation du nouveau, mais avec le temps, c’est assez lassant », explique Maxime. Stéphane abonde en son sens, et trouve les scènes de sexe proposées par l’IA « redondantes ».
Patrick, quant à lui, mentionne « des gros clichés » dans les écrits qu’il demande au site qu’il utilise. Quand il veut une histoire sur la création d’un groupe libertin, il se retrouve avec une jeune femme dont les partenaires sont « des mecs musclés, avec un côté brut et des connexions avec la haute bourgeoisie de la ville », suivant les codes parfois sans nuances la dark romance. Un « appauvrissement du patrimoine érotique » que déplorait la contributeur Maïa Mazaurette dans une chronique pour Le Monde en novembre dernier. « [L’] inconvénient des IA est qu’elles agglomèrent les contenus majoritaires, écrivait-elle. En sexualité, c’est complètement contre-productif. Pour commencer, vous n’êtes pas un humain générique. Vous êtes bizarre, et moi aussi. »
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Les faits continueront d’être analysés pour informer nos lecteurs.

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